Me Kisumbule abattu dans sa résidence

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Le quartier Adoula, commune de Bandalungwa, affiche depuis le week-end dernier, un visage de deuil. Un rameau planté au coin de l’avenue Kilima attire l’attention des passants. Un deuil est en effet, observé au n° 15 de cette rue, en mémoire d’un jeune avocat, Me Kisumbule Matsimba, abattu dans sa résidence, dans la nuit du samedi 20 février 2016. Dans tout le quartier Adoula, c’est la consternation générale.

Le crime odieux que toute la corporation des avocats de Kinshasa déplore aujourd’hui, raconte un membre de sa famille, a été perpétré par quatre malfaiteurs, dont l’un habillé en tenue. Il était 20 H 30’, le samedi 20 février 2016, quand le jeune juriste avait regagné son domicile, sur avenue Kilima. A quelques coups de klaxon, son épouse assise au salon, réalise que c’est lui qui est rentré. Lentement, elle se lève et va ouvrir le portail métallique de la parcelle. La jeep Toyota Hilux Surf de couleur grise, portant plaques minéralogiques 0383 AT/01, s’engouffre dans la parcelle. Pendant que Me Kisumbule exécute quelques manœuvres pour garer son engin dans un coin de la parcelle, la dame regagne le salon. Dotée d’un flair particulier, elle sent qu’elle est suivie derrière par un inconnu armé qui aussitôt lui demande où se trouve le conducteur de la jeep. Pourquoi tu le cherches, interroge la dame qui ne comprenait pas les raisons de son insistance et surtout l’usage d’une arme. Menaces de mort. Le bandit tient toujours en mains son revolver de calibre 9 millimètres et devient plus intimidant.

A peine, Me Kisumbule sort de son véhicule qu’il entend au loin, une chaude discussion dans sa maison. Réaction immédiate : il se dirige au salon et surprend sa femme en pleine altercation avec un inconnu qui exige de voir le propriétaire de la Toyota Hilux Surf. Il l’empoigne, tentant de maîtriser la main droite qui tient l’arme. La femme crie à l’aide des voisins. Les choses se précipitent, elle ressort furtivement du salon, et constate la présence dans la parcelle, d’un autre gars, probablement membre de la bande des malfaiteurs. Les murs de la parcelle surélevés et ceinturés par des fils barbelés, elle ne peut escalader cette barrière. Irruption du troisième bandit qui rejoint son comparse. Au même moment, le fils de Me Kisumbule de retour d’une répétition de la chorale, panique en voyant des bandits dans leur parcelle. Il pense aux «kuluna» avec des machettes, capables de tuer sans pitié, et va se réfugier dans un coin de la parcelle. Enfin, devant leur comparse neutralisé, les deux brigands décident de le sauver de la prise qui l’a maintenu au sol. Un des bandits tire une balle dans la nuque de l’avocat. La balle meurtrière n’épargne pas la victime qui meurt peu après.

De peur d’être pourchassés par les voisins, les assassins ressortent de Kilima n° 15 en courant et s’évanouissent dans la nature. Ils n’ont rien emporté, indique un voisin de la parcelle. Ce qui laisse penser qu’il s’agirait vraisemblablement d’un règlement de comptes. Après le coup de feu,  les voisins alertés viennent enfin aux nouvelles et déplorent le crime. Tous vont éclater en sanglots en voyant le jeune avocat étendu par terre, inanimé, baignant dans son sang, sa femme et ses enfants en pleurs à ses côtés.

Une enquête ouverte au niveau de la Police provinciale

Ce samedi, quelques membres de famille saisissent les responsables de son barreau. La police alertée par la suite, le Parquet de grande instance de Kalamu dépêche un magistrat qui va ordonner la levée du corps pour la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa.

          Aujourd’hui, une équipe des limiers du Groupement de recherche et investigations chargés de cette affaire criminelle, recherchent des pistes conduisant aux tueurs dont on pense qu’ils auraient agi sous les ordres d’une main noire tapie dans l’ombre.

          Pourquoi a-t-on exécuté Me Kisumbule ? Qui sont les membres de l’industrie du crime ? Et comment avaient-ils planifié cet assassinat ? Telles sont les principales questions qui constituent autant des défis auxquels les investigateurs de la police criminelle sont placés dans cette affaire ?