Mbuji-Mayi : à qui profite ce foyer de tension ?

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ville_morteActivités perturbées dans la ville de Mbuji-Mayi, ce lundi 13 janvier 2013, suite à l’appel à la journée ville morte lancé par l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ; panique dans le territoire de Beni à la suite de l’assassinat des chefs coutumiers dont le tout dernier, MPIGWA NGEYISILIA, abattu  vendredi 10 janvier 2014 vers 20h locale ; psychose dans la capitale, Kinshasa, à cause des fictives agressions armées ; etc. Dans plusieurs coins du pays, la tension est montée durant toute la semaine écoulée et se poursuit, pour certains, jusqu’en début de celle-ci. Ces situations, différentes les unes des autres par leurs causes, nécessitent cependant une unique réponse rapide des gouvernants afin de rétablir l’accalmie dans les esprits des populations congolaises.

 Contrairement aux cas d’assassinats de Beni dont les auteurs sont tapis dans l’ombre ou encore ceux de Kinshasa qui manipulent, toujours dans l’ombre, des messages incendiaires, les observateurs n’arrivent pas à s’expliquer l’escalade de violence qui gagne la capitale diamantifère du pays.

En effet, pour cause de revendication de libération du secrétaire fédéral de l’UDPS arrêté par l’Agence nationale des renseignements (ANR) depuis deux semaines, cette partie du pays vit au rythme de crises cycliques. lundi 13 janvier, tout s’est passé au ralenti, autant dans les grands marchés de la ville de Mbuji-Mayi, Simis dans la commune de la Muya, et Bakwadianga à Dibindi, que dans des petits milieux de transaction. Il n’y a presque pas eu d’activités, a-t-on appris. Par ailleurs, à Bakwadianga, l’on a signalé tôt le matin des pneus brûlés sur les voies donnant accès au marché et l’érection des barricades.

Des sources locales parlent aussi d’interpellation de quelques jeunes gens, et de coups de feu dans la commune de Dibindi, alors que écoles, universités, parkings, etc. sont restés fermés et vides toute la journée.

Devant ce tableau apocalyptique, la question que l’opinion se pose est celle de savoir : à qui profite cette situation, au moment où on devrait consacrer le temps et les moyens à gérer des questions majeures de la République ? Doit-on être là à créer des foyers de tension au moment où tous les bras et toutes les têtes sont sollicités pour raffermir la cohésion nationale appelée de tous les vœux par le Chef de l’Etat ?

Il convient de souligner, par ailleurs, que le développement de ce feuilleton « Ville morte à Mbuji-Mayi » pose un autre sérieux problème au niveau des médias : la liberté d’expression.

            A ce sujet, les professionnels des médias craignent désormais de tendre le micro aux partisans de l’opposition, tel que l’exige le principe d’équilibre des sources et tendances. Faut-il réinventer une autre éthique pour les Congolais appelés à croitre dans la vie démocratique ?

            Bruno Kabangu Kabatshi, secrétaire fédéral de l’UDPS, avait été arrêté par l’ANR jeudi 2 janvier, rappelons-le, après avoir participé à un débat organisé par une radio de la ville de Mbuji-Mayi sur les attaques armées du 30 décembre dernier à Kinshasa, Lubumbashi et Kindu. Il avait été, depuis lors, transféré à Kinshasa, selon les députés du parti d’Etienne Tshisekedi.

Tshieke Bukasa

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