Mbandaka : de nouveau la panique !

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* Des tirs nourris sèment la confusion et plongent la population dans la peur

* Les généraux Etumba et Babacar hier sur le terrain

La population de Mbandaka a capté cinq sur cinq le message du gouverneur Jean-Claude Baende, lui adressé lundi peu après son retour de Kinshasa le même jour, selon lequel la ville était totalement sous le contrôle des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) et qu’elle pouvait vaquer librement à ses occupations. C’est ainsi que tôt le matin d’hier mardi 06 avril 2010, on a enregistré une timide reprise des activités commerciales. A dire vrai, dans une ville presque rurale, où la pauvreté frappe un grand nombre de résidents, les deux jours d’inactivité avaient provoqué l’épuisement des provisions alimentaires chez les gagne-petit. Il fallait coûte que coûte sortir pour trouver de quoi se nourrir.

Mais la peur se lisait sur de nombreux visages, à tel point qu’on a assisté à l’émergence des marchés pirates à proximité des habitations des vendeurs et vendeuses de poissons, de chikwangues, de pains, de sucre, de sel, de riz, de bananes, de haricots, d’huile de palme, de savon, etc. Visiblement, personne ne voulait prendre le risque de s’éloigner de son quartier.

Et, vers 10 heures, au moment où la ville commençait à s’animer et que beaucoup de gens, rassurés que le calme était revenu, étaient sortis de leurs habitations, les armes se sont mises subitement à crépiter. Ces tirs nourris, dont l’origine était inconnue, ont semé la confusion dans les esprits et plongé la population dans la peur pendant environ 2 heures et demi, avant de s’arrêter en début d’après-midi.  Aucune source n’était hier en mesure de préciser s’il s’agissait d’un nouvel affrontement entre les Enyele et les FARDC, ou d’une opération de nettoyage des dernières poches de résistance des insurgés par l’armée régulière, ou encore d’un dérapage dû à l’indiscipline de quelques éléments égarés des FARDC.

En tous les cas, le résultat a été une panique généralisée, et le retour précipité de la population civile dans les lieux où elle se cachait depuis le dimanche 04 avril 2010, jour de l’invasion et de l’occupation momentanée des points névralgiques de Mbandaka (port, aéroport, résidence du gouverneur, siège de l’Assemblée provinciale) par les Enyele.

Pillage étouffé

Profitant sans doute de la confusion ambiante, des inciviques en uniforme et en civil ont cru que l’heure était venue de « se servir ». Ils ont ainsi déclenché un mouvement de pillage des magasins, boutiques, petits marchés, et même des résidences désertées par leurs occupants. Dieu merci, cette action maléfique a été rapidement étouffée dans l’œuf par l’armée et la police, qui tiennent bel et bien en mains la sécurité de Mbandaka.

Ce qui est bizarre est que malgré la nombreuse présence des militaires et des policiers chargés de leur protection et de celle de leurs biens, les « Bana Ekanga » continuent d’avoir peur de l’inconnue. Les nouvelles faisant état du repli ou de la fuite des Enyele vers Bamanya et Iyonda troublent la quiétude de plus d’un. La rumeur de la présence de nombreux « rebelles » infiltrés n’est pas pour ramener la sérénité dans les esprits.

Comme décidé lors de la réunion de sécurité présidée lundi par le Premier ministre, Adolphe Muzito, les généraux Didier Etumba (FARDC) et Babacar Gaye (Monuc), sont arrivés mardi à Mbandaka pour une meilleure évaluation de la situation sécuritaire. Alors que le commandant des troupes de la Monuc est rentré à Kinshasa en fin d’après-midi, le chef d’état-major général des FARDC pour sa part est resté à Mbandaka pour un meilleur suivi des opérations de rétablissement de l’ordre et de la sécurité troublés par les Enyele. On le présume porteur d’un message spécial pour la troupe.

                                                                                                                                  Jacques Kimpozo

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