Matungulu est rentré au pays pour poursuivre le débat contre le glissement

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Freddy-Matungulu-1140x641Le siège de Congo na Biso (CNB) était en effervescence le samedi 3 octobre 2015. Sur les banderoles  déployées au siège dudit parti et  sur le boulevard Lumumba, on pouvait lire : «Papa Matungulu, les militants de CNB vous souhaitent bon retour au pays».

C’est aux environs de 12 heures que l’avion amenant à son bord Freddy Matungulu a atterri à la plaine de Ndjili. Le ministre honoraire des  Finances, Economie et Budget a été accueilli par des  cadres et militants du CNB qui ont été autorisés à se trouver en face de leur leader à sa descente d’avion. D’autres militants sont restés du côté du boulevard de Ndjili. Répondant à chaud aux questions des journalistes, Matungulu Mbuyamu a déclaré qu’il était contre le glissement et la révision de la Constitution.

Questions clés

C’est à 14 heures que Matungulu et ceux qui sont partis l’accueillir  sont arrivés au siège national du CNB. Cadres, invités de marque et visiteurs ont été installés dans la cour du siège du parti.

 Après avoir salué les chefs coutumiers, des cadres du parti restés à Limete et des invités,  Matungulu s’est assis à côté de son épouse.

Prenant pris le premier la parole, le Secrétaire général du parti, Lambert Kasula, a rappelé que la RDC est appelée à relever de nombreux défis, à savoir le renforcement de l’Etat de droit et de la démocratie, l’avènement d’une politique économique judicieuse….

Il a déclaré que les cadres du  CNB sont convaincus que notre pays va tirer profit des capacités morales et professionnelles de Freddy Matungulu.

            Le délégué de l’Interfédéral du CNB/ Katanga a, de son côté, affirmé que le moment tant attendu  est venu, dans la mesure où il est vital de dire au chef certaines vérités. Il est revenu sur la situation particulière qui règne au  Katanga où  plusieurs ténors de la Majorité présidentielle ont quitté cette barque.

Il a  demandé  au numéro un du CNB de dire clairement  s’il est candidat aux présidentielles de 2016 ou non. Ou s’il ne va pas jouer un jeu ambigu et contribuer au glissement.

Suspense

            Matungulu Mbuyamu qui a pris la parole peu avant la fin de l’activité, a souligné avoir suivi attentivement  ceux qui ont parlé avant lui. Il a rappelé à l’assistance les raisons qui l’ont poussé à abandonner son emploi au FMI. Revenant sur les difficultés endurées par la jeunesse  et relevées par un des intervenants, il a précisé avoir vécu à une certaine période au quartier 12 à Ndjili  et que jadis, les enfants dont les parents n’étaient pas ministres ou PDG étudiaient sans problème.

            Il a martelé qu’ayant travaillé  ici en RDC et ailleurs, il va   faire voir comment travailler pour redorer l’image du pays si les Congolais lui donnaient cette opportunité.

            Il a fait remarquer que les Congolais ont démontré qu’ils ne peuvent plus être considérés comme de petits enfants et sont  contre le glissement.

Il y a de cela quelques mois, on a voulu conditionner la tenue des élections à l’organisation d’un recensement et la population s’y est farouchement opposée.

            Il a fait savoir  que par respect pour les  Congolais, il trouve indécent de parler clairement de ses ambitions politiques  en dehors du pays.  La journée du 3 octobre 2015 n’est pas indiquée pour faire de grands discours, a-t-il déclaré. Dans  la foulée, il a promis au public de se prononcer de manière détaillée sur les questions de l’heure dans un cadre beaucoup plus vaste comme le Stade des Martyrs, la place Sainte Thérèse ou encore le Stade Tata Raphaël. Il  a félicité chaleureusement ses fidèles lieutenants pour avoir travaillé d’arrache- pied pendant son absence au pays.

 Il a révélé que ses collaborateurs s’attèlent à élaborer son agenda qui va inclure des descentes dans les universités, des rencontres avec des paysans,  d’autres opérateurs politiques avec lesquels le CNB peut cheminer.

            Jacques Chalupa  a, dans son mot de circonstance, souhaité bonne chance à son hôte de marque. Il fait remarquer que les problèmes auxquels sont confrontés la population datent de plusieurs décennies. Il a rappelé  son passage au CPRK et précisé qu’il est effectivement Congolais, originaire du Sud Kivu. La couleur de sa peau ne veut pas dire qu’il n’est pas Congolais.

            La représentante de la ligue des femmes du CNB a  extrait  de son sachet une demi- boîte de purée de tomates, une petite quantité d’huile d’arachide pouvant coûter 150 francs pour expliquer comment vivent des Congolais.

Jean-Pierre Nkutu