Matungulu et CNB face à 3 versions troublantes du Journal Officiel

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Trois versions du Journal Officiel contenant les listes des partis et regroupements politiques autorisés à fonctionner en République Démocratique du Congo et, par ricochet, à concourir aux élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, viennent de jeter un grand trouble dans l’esprit de Freddy Matungulu, président national de Congo na Biso, et des cadres et militants. En effet, dans l’édition du Journal Officiel rendue publique le 30 avril 2018, Congo na Biso était signalé au numéro 158, sur la liste de 599 partis
politiques agréés, et sa plate politique, Syenco/Congo na Biso, au numéro 72 en ce qui concerne les regroupements politiques. Jusque-là, il n’y avait rien d’anormal à signaler.

C’est lors de la publication, le 20 juin 2018, de la liste actualisée des partis et regroupements politiques que Congo na Biso était classé sans raison plausible, au numéro 159 au lieu de 158 sur la liste des partis politiques et Syenco/Congo na Biso au numéro 67 au lieu de 72.

Ce qui choque dans cette version du Journal Officiel, c’est l’intégration automatique de Syenco/Congo na Biso sur la liste du Front Commun pour le Congo, la nouvelle plate-forme électorale créée par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, avec comme circonstance
aggravante, son association à deux regroupements politiques de la Majorité au pouvoir, à savoir le MCC et le PLDC.

Cet amalgame tombe très mal car le pays est secoué par une terrible
vague de défections des opposants en faveur de la famille politique du
Chef de l’Etat. Par conséquent, de nombreux Congolaises et Congolais
croient au départ de Freddy Matungulu et Congo na Biso de
l’Opposition, avec dans ses bagages son regroupement politique, Syenco
Congo na Biso. Des commentaires fusent dans tous les sens, avec comme
thème central la « haute trahison » de celui qui se fait passer pour
le tout premier opposant à Joseph Kabila, pour avoir eu le courage de
démissionner de son gouvernement en 2003, après deux années de
collaboration, alors qu’il était à la tête du méga-ministère de
l’Economie, des Finances et du Budget.
Coté comme l’homme le plus écouté, à l’époque, dans le pré-carré du
tout jeune Chef de l’Etat qui venait de succéder à son père,
Laurent-Désiré Kabila, assassiné le 16 janvier 2001, personne ne
pouvait envisager, à l’époque, l’abandon par l’ancien haut
fonctionnaire international des privilèges liés à son enviable
position au sein de l’équipe ministérielle.
Interpellé par la grogne populaire, l’homme fort de Congo na Biso
s’est empressé de remettre les pendules à l’heure en envoyant une
lettre de protestation au Vice-Premier ministre et ministre de
l’Intérieur, Henri Mova Sakanyi, en de termes sans équivoque : « Je
vous informe qu’il y a une tentative de dédoublement du parti Congo na
Biso pour m’exclure de la course pour la présidentielle. En effet,
Congo na Biso est repris en deux endroits au Journal Officiel, édition
du 20 juin 2018. D’abord, avec les partis de la Majorité
Présidentielle, ce qui est absurde. Ensuite, sur la liste de notre
propre regroupement politique, Syenco, ce qui est normal. Congo na
Biso et son leader, Freddy Matungulu Mbuyamu Ilankir, protestent de la
manière la plus solennelle contre cet alignement politique
tendancieux, faux et malveillants. Ils demandant le retrait sans délai
de Congo na Biso de la liste des partis du regroupement Majorité
Présidentielle dont il ne fait manifestement pas partie, et de faire
apporter un correctif conséquent au Journal Officiel en veillant bien
d’en informer la Ceni qui nous lie en copie ».
Curieusement, cette lettre est restée sans suite. Comme les auteurs
de la tentative manquée de dédoublement de Congo na Biso voulaient que
les choses s’arrangent en catimini, une nouvelle version du Journal
Officiel est sortie des presses en date du 07 juillet 2018. On
constate, à sa lecture, que Congo na Biso replacé au numéro 159 et
Syenco/Congo na Biso au numéro 63, mais cette fois en dehors du Front
Commun pour le Congo, la plate-forme présidentielle où Matungulu et
les siens étaient frauduleusement versés.
Bien que satisfait du retour des choses à la normale, Matungulu n’en
continue pas moins d’attendre, du Vice-Premier ministre et ministre de
l’Intérieur la suite à sa lettre exigeant son rétablissement dans ses
droits. De même, il voudrait savoir pourquoi ce membre du gouvernement
avait donné sa caution à la liste de la Majorité Présidentielle
reprenant Congo na Biso alors que ce parti était réputé sociétaire de
l’Opposition.
En tous les cas, Matungulu et les cadres de sa famille politique
voient dans la main noire ayant tenté de déstabiliser leur parti et
regroupement politique une intention voilée de torpiller sa
candidature à la présidentielle. L’homme ferait-il si peur aux «
Kabilistes » qu’ils voudraient le faire disqualifier avant le dépôt
des candidatures à la magistrature suprême ? Chez Congo na Biso, on
est tenté d’y croire.
Kimp

1 COMMENT

  1. Si de tels cas se multipliaient dans les 3 versions du journal officiel sans pour autant les dénoncer, cela voudrait dire qu’il y a volonté de nuire intentionnellement à tout candidat autre que celui du FCC à la présidentielle de 2018. Et c’est fort dommageable pour les partis et regroupements politiques piègés de la sorte!!!

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