Matata Ponyo lance un appel pathétique à l’esprit de recherche

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matata« Vulnérabilité économique et résilience» : tel est le thème principal de la toute première revue congolaise de politique économique produite par les services de la Primature. Pour marquer sa sortie d’un sceau solennel, c’est le Premier Ministre en personne qui a présidé hier la cérémonie de vernissage dans les jardins de la Primature. A ses côtés, on a noté de nombreux invités de marque triés sur le volet et provenant de la société civile, du monde politique, scientifique, diplomatique, universitaire et des milieux d’affaires, qui ont tenu à vivre de leurs yeux ce qui a poussé le Professeur Tshiunza Mbiye à s’interroger s’il ne s’agissait pas d’un esprit de recherche jusque-là battu par l’esprit de mort qui est de retour dans ce pays.

Dans son mot de clôture, Le Premier Ministre a fait savoir que ce premier numéro était encore l’œuvre de certains membres de son cabinet. Mais la revue congolaise de politique économique est appelée à devenir une émanation d’une frange de l’élite congolaise pour contribuer à l’émergence intellectuelle. Avec comme particularité de demeurer un trait d’union entre la science économique et la mise en œuvre  de la politique du développement. Il va s’agir d’examiner en profondeur la mise en œuvre des réformes et surtout comment concilier la résilience économique avec les multiples et incessantes perturbations dans le monde. A ce titre, la résilience aura quatre aspects, à savoir la latitude pour mesurer l’ampleur du changement d’un système avant qu’il ne soit irrécupérable, la résistance aux changements, la précarité d’un système à un seuil au-delà duquel il ne peut être récupéré et la surveillance du niveau de la contagion des autres trois aspects. D’où son appel pathétique à l’esprit de recherche sans lequel aucun développement n’est possible dans le monde.

Matata Ponyo doté d’un esprit de recherche depuis la BCC

Toujours dans son intervention, le Professeur Tshiunza Mbiye a révélé à l’assistance avoir vécu l’expérience de recherche déjà à l’Université de Kinshasa auprès de certains anciens jeunes étudiants de l’époque dont, entre autre, l’actuel Premier Ministre qui, alors jeune cadre à la Banque Centrale du Congo, avait déposé une étude sur l’espace monétaire Kasaïen. Cela, à l’époque où il était interdit aux jeunes cadres et agents de la Banque Centrale de signer des articles sur l’économie, les finances et autres sujets à caractère économique. En rappelant qu’il s’agissait d’une étude sur les effets de la mesure de démonétisation du billet de 50 Zaïres dénommé Dona Béja et qui ne circulait que dans l’espace monétaire Kasaïen.

Le petit ouvrage présenté par le jeune cadre Matata avait connu un tel succès jusqu’à se transformer en un magazine économique avant d’être baptisé par le Gouverneur Jean-Claude Masangu. Nommé Directeur Général de la BCECO, Matata Ponyo va financer  un autre ouvrage édité par l’Institut de Recherche Scientifique animé par des professeurs et étudiants de la faculté des Sciences économiques de l’Université de Kinshasa. Cette revue congolaise de politique économique arrive à point nommé car elle tombe dans un désert des recherches scientifiques, à l’exception de la revue Congo-Afrique et d’une autre éditée par la faculté des sciences économiques. Sans recherche scientifique, pas de développement possible dans un pays aux dimensions continentales comme le Congo, a plaidé le professeur Tshiunza Mbiye.

La présentation de l’économie de cette revue congolaise de politique économique a échu à José Sele Yalaghuli, ci-devant directeur de cabinet du Premier Ministre. Aux yeux duquel cette revue ne constitue rien d’autre qu’une approche non partisane qui se place au-dessus des considérations d’ordre doctrinal, politique et idéologique. Ces réflexions contenues dans ce premier numéro de cette revue ont été orientées vers notre pays « à la suite de trois caractéristiques qui émergent de sa situation économique récente, à savoir la résilience de sa croissance économique, la baisse sensible de la variabilité de son inflation, la poursuite ininterrompue de sa croissance et de la stabilisation de ses prix intérieurs combinée avec les gains en points de croissance ».

Ainsi donc, l’analyse qui a été consacrée au thème principal de la vulnérabilité et de la résilience de l’économie du Congo porte successivement sur la revue théorique, les expériences à travers le monde et l’application au cas de l’économie congolaise, a signalé José Sele Yalaghuli. En ajoutant que cette revue offre aux chercheurs, aux observateurs avertis « un plateau d’échanges d’idées et de diffusion des connaissances, des chocs d’idées d’où devrait jaillir « non pas la chaleur mais la lumière» venue du feu de Prométhée ».

Pour sa part, le directeur de cabinet adjoint s’est appesanti sur les deux concepts, notamment la vulnérabilité économique et la résilience. La résilience constitue une mesure de la persistance des systèmes et leur habilité à absorber le changement et la perturbation tout en maintenant les mêmes relations fondamentales entre populations, agents ou variables clés. Ce concept est fondé sur deux conditions, à savoir la stabilisation macroéconomique et la transformation économique.

                                                        F.M.