Matata Ponyo – FEC : une bataille de trop !

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023112012143839000000JA2706p016Le gouvernement, par la voix du Premier ministre Matata Ponyo, et la FEC (Fédération des Entreprises du Congo), par celle de son président national, Albert Yuma, semblent décidés à étaler tous les linges sales de la République sur la place publique. Les flèches empoisonnées décochées dans toutes les directions par l’un et l’autre risquent de faire plus mal au pays qu’aux deux personnalités précitées, surtout que l’une et l’autre se sont découvertes de chauds sympathisants dans les milieux politiques et économiques.

         L’on ne peut que s’inquiéter de cette bataille de trop, au moment où la République Démocratique du Congo n’a pas bonne cote dans le cercle des institutions financières internationales, notamment la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International et où les investisseurs n’ont pas fini de se méfier d’un pays post-conflit. A entendre des chiffres qui s’échappent de deux camps antagonistes au sujet de la situation socio-économique du pays et de la santé d’une institution aussi ultra-sensible comme la Banque Centrale du Congo, le vœu de vrais patriotes est qu’on arrête les dégâts, au risque de discréditer l’Etat-Nation même, vis-à-vis de la communauté internationale. Par ces temps où l’on parle de plus en plus démocratie, bonne gouvernance, redevabilité, transparence…, il n’est pas bon que la contre-publicité vienne de ceux là mêmes dont les institutions sont étroitement liées à ce qui est de plus en plus accepté, par le monde extérieur, comme l’heure du renouveau du Grand Congo, de son recollage économique.

« Alliés naturels », partenaires inséparables, le Gouvernement et la FEC sont condamnés à travailler ensemble, dans la recherche des voies et moyens requis pour engager le pays dans la voie de l’émergence. N’est-ce pas que, de tout temps, l’exécutif national a toujours pris l’engagement d’améliorer le climat des affaires et que, de son côté, le patronat s’est toujours engagé à lui rendre l’ascenseur en termes de création de nouveaux emplois, d’accroissement de richesses à travers le paiement des taxes et impôts divers ?

         La querelle actuelle entre le Premier ministre et le président de la FEC intervient au moment où leurs institutions paraissaient déterminées à capitaliser les acquis du passé, dans la droite ligne des innovations diverses introduites dans le paysage économique et social du pays en vue de l’amélioration du climat des affaires. A maintes reprises, les deux parties ont eu à se livrer à des évaluations périodiques de leur collaboration, dans le dessein bien arrêté de satisfaire aux exigences des bailleurs de fonds et investisseurs étrangers.

         Avec le temps, on a commencé à avoir l’impression que le Gouvernement et la FEC, en dépit des divergences inhérentes à la défense des intérêts de l’Etat d’une part et de ceux des opérateurs économiques d’autre part, étaient partis pour un partenariat sans nuages. Il n’est pas agréable d’entendre, ces derniers jours, des discours de nature à jeter le discrédit non seulement sur deux personnalités en conflit, mais aussi sur tout un pays. Nos partenaires extérieurs, en apprenant que les performances économiques affichées par le gouvernement ne refléteraient pas la réalité ou que la Banque Centrale du Congo ne travaillerait pas dans la transparence, pourraient être tenté de croire que le grand Congo n’est qu’un colosse aux pieds d’argile.

Qui pourrait croire que les choses bougent réellement, que le climat des affaires s’est amélioré, que les investisseurs sont en train de revenir progressivement, si ceux qui devraient les rassurer passent leur temps à se diaboliser et à mettre en doute des chiffres auxquels ils ont commencé à croire ? Un ancien Premier ministre ce pays avait coutume de soutenir que l’opérateur économique était comparable à un animal peureux ? Pourtant, un ancien chef du patronat ne s’était pas empêché de l’accuser de pratiquer le terrorisme fiscal. Qu’avait gagné l’ex-Zaïre ?  Par conséquent, une rupture éventuelle entre le Gouvernement et la FEC serait lourde de conséquences pour l’avenir du pays, car les détenteurs des capitaux, encore sur le doute, seraient alors convaincus que le patronat n’est pas écouté.

  Au bout du compte, c’est le pauvre peuple congolais qui serait contraint de payer les pots cassés, notamment à travers la dégradation de ses conditions de vie, suite à l’assèchement des moyens du trésor public.

 En somme, la RDC est perdante, sur toute la ligne, de la mauvaise publicité que lui font deux institutions internes qui ont pourtant bataillé dur, dans le passé, pour refaire son image de marque dans le concert des nations. S’il existe, au pays, de bonnes volontés capables de contribuer à l’apaisement entre « frères ennemis », il est grand temps qu’elles puissent s’investir dans des missions de bons offices. Le pays est encore si fragile politiquement, militairement et économiquement qu’il n’a pas les moyens de se permettre le luxe d’un long bras de fer entre des personnalités intimement liées au processus de sa refondation comme Etat et de sa reconstruction.

                            Kimp

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