Matata Ponyo consulte mais…

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Nommé le mercredi 18 avril 2011, le Premier ministre Augustin Matata vient de s’engager dans un round de consultations, qui n’est pas sans rappeler celui, piloté à la mi-mars par Charles Mwando Nsimba, sous la casquette d’Informateur. Ce sont pratiquement les mêmes interlocuteurs qui se sont remis à défiler au cabinet de travail de l’intéressé, qui n’a toujours pas résolu de se positionner à la Primature.

On sait que le scénario n’est pas nouveau. Chaque fois que le pays se dote d’un Premier ministre, celui-ci passe un bout de temps à recevoir les candidatures des ministrables que se chargent d’endosser les chefs de leurs partis. Pour le cas d’espèce, les dossiers proviennent essentiellement des affiliés de la Majorité Présidentielle. Selon une règle d’application depuis 2006, le partage des postes devrait, en principe, tenir compte du poids politique de chaque parti, avec comme principal tableau référentiel, les résultats des dernières élections législatives nationales.

Dans une famille politique où le dernier mot revient à l’ « Autorité Morale », il arrive que des partis mal représentés à l’Assemblée Nationale soient logés à une enseigne fort enviable au moment de la formation du Gouvernement. Dans cette fièvre de mise en place de la nouvelle équipe ministérielle, les Congolais espèrent que la gestion future des affaires du pays ne va pas donner lieu à la naissance d’un club d’amis, comme c’était le cas sous Mobutu.

Même si aucun audit n’a été mené sur la gestion des ministres sortants, nombre de compatriotes sont restés avec l’impression que la bonne gouvernance n’était le fort de la majorité. Quelques contrôles parlementaires ont effet laissé apparaître beaucoup de faiblesse dans la direction des ministères. Contrats léonins, non respect des normes dans la passation des marchés publics, détournements de deniers publics, corruption, clientélisme, politisation des nominations des mandataires publics, tribalisation des cabinets ministériels…sont autant d’antivaleurs qui ont éloigné les gouvernants du petit peuple.

Il y a lieu de se demander s’il existe une éthique politique en RDC, tant on a l’impression que la charge ministérielle est convoitée non pas comme une occasion de se rendre utile à la Nation, mais plutôt d’enrichissement personnel. Nous avons fait état, dans une de nos récentes livraisons, de l’hydre de la prédation. Si la bousculade que l’on remarque du côté du bureau de travail de Matata est fondée sur le souci des ministrables d’installer et de s’installer, la RDC va demeurer, pour longtemps encore, un îlot de richesse dans un océan de pauvreté.

Kimp

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