Matadi : place forte en connexion avec des réseaux des braqueurs de Kinshasa

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L’un des énigmes des véhicules volés dans la ville de Kinshasa et qui disparaissent sans laisser des traces, a été découverte depuis deux semaines, par le Groupement de recherche et intervention, une unité spécialisée dans la lutte contre le banditisme urbain.

S’il est vrai que certains engins finissaient leurs jours dans les garages clandestins où on les cannibalisait pour y tirer des pièces d’occasion, avant de livrer la carcasse aux fabricants de brasero, d’autres prenaient la route de Bandundu avec pour point de chute Kikwit ou Tshikapa. Et toutes les recherches entreprises à Kinshasa étaient ainsi vouées à l’échec.

Il y a deux semaines, une information était parvenue au Groupement de recherche et intervention. A l’en croire, on venait d’apercevoir une Toyota IST de couleur grise immatriculée 5826 AR/ 01, sillonnant les artères de Matadi. Mise en vente, elle cherchait un preneur. Le temps de préparer des ordres de mission, la semaine passée, une équipe est descendue à Matadi pour aller vérifier cette information.

Dans la ville portuaire, dame chance a souri aux limiers qui ont sollicité et obtenu le concours des éléments du commissariat provincial du Kongo central. Les équipes mixtes se sont déployées dans la commune de Nzanza, l’une des communes les plus animées de Matadi. C’est aussi un grand centre d’affaires où s’écoulent des appareils électro-ménagers, des groupes électrogènes, des postes à souder de seconde main. On y trouve aussi des moteurs de véhicules et des pièces de rechange d’occasion.

Et devant une terrasse, la Toyota IST de couleur grise est garée au parking. Les plaques minéralogiques ne trompent pas, 5826 AR/01. C’est l’engin volé à Kinshasa le 30 juin 2015, devant le restaurant O Poeta, sur avenue du Cercle, à quelques centaines de mètres du cimetière de la Gombe.

         Après plusieurs tournées de bière, ils regagnent grisés leur voiturette. Les policiers les ont alors cueillis sans tirer un seul coup de feu. Le coup de filet est salué avec liesse. Trois gaillards, membres du réseau de vols de voitures, appréhendés, sont immédiatement identifiés.

         Il s’agit de Kasongo Djuma Mike, habitant sur avenue Tango n°20, quartier GB, commune de Ngaliema, Kasongo Fabrice alias Mundele, demeurant sur avenue Ngiri-Ngiri n°22, dans la commune de Ngiri-Ngiri, et Nawej Wusa alias Chriso, domicilié sur avenue Tumbumani n°30, quartier Yolo-Nord, commune de Kalamu.

         A Matadi, les voleurs sont soumis à un interrogatoire serré pour tirer d’eux le maximum d’informations sur les vols de véhicules à Kinshasa et l’écoulement de ces butins dans la ville de Matadi. De cette audition, les limiers apprendront qu’il est possible de retrouver les traces de deux autres véhicules volés à Kinshasa.

         Dans une autre commune de la ville portuaire, les enquêteurs de GRI ont pu retrouver une autre voiture de marque Toyota IST, portant plaques 4891 AR/01, de couleur blanche.

         Les aveux des malfaiteurs constituent une mine d’informations pour les limiers. La Toyota IST, ont révélé les bandits, avait été volée le 24 juin 2015 entre les mains d’un chauffeur de taxi. La victime n’est autre que l’employé de Mme Kangongo Ntumusi Babette, résidant sur avenue Mpika n°38/B, quartier Lubudi, commune de Bandalungwa.

         Les policiers n’étaient pas encore au bout de leur surprise. Avant de boucler l’opération de recherche de véhicules volés, une voiture Toyota Noah immatriculée 3245 AQ/01 est passée devant l’équipe. Elle sera suivie et récupérée.

         Selon des informations vérifiables et vérifiées, elle appartiendrait à Mme Pendeki Cathérine, habitant sur 4 ème rue n°21/bis, quartier Cité verte, commune de Selembao, qui ne pensait plus pouvoir la retrouver.

         La semaine passée, alors qu’elle était désespérée, des policiers l’ont invitée à venir à l’état-major de cette unité pour vérifier si le véhicule ramené de Matadi, était bel et bien le sien. A la vue de la Noah, la dame a éclaté en sanglots avant d’arborer un petit sourire de satisfaction.

Lors de la restitution de cet engin, Mme Pendeki a félicité la police provinciale pour ce travail de recherche des véhicules volés, mais aussi pour celui de la capture des malfaiteurs.

         L’on croit savoir que ces trois engins ne sont qu’un petit échantillon des butins réalisés depuis que le réseau de vols de voitures s’est constitué et a démarré ses activités. Des enquêtes pourraient nous dévoiler d’autres surprises qui regorgeraient de nombreux coups.

                       J.R.T.