Matadi : les amoureux de la culture interrogent les décideurs

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Le secteur  culturel, considéré comme prometteur pour le développement à travers le monde, fait figure de parent pauvre en RD Congo.  Aucune politique culturelle à la dimension d’une grande nation au cœur de l’Afrique. En attendant une réponse claire au niveau national, les opérateurs culturels du Bas-Congo se sont engagés à contribuer à l’effort de construction de leur province au cours d’un Forum culturel tenu du 23 au 24 juillet en la salle Malila du Centre culturel « Liak Likumbi » de Matadi. Au menu de ces échanges, l’élaboration du cadre juridique et des politiques culturelles dans la Province du Bas-Congo. Le rapport de ce Forum est fourni par LWEMBA WAWANGU Jean-José, Opérateur Culturel et Directeur du Festival International des Arts (JOURCAS), Journées Congolaises des Arts et Spectacles.

 

Ainsi, parmi les objectifs à atteindre, le Forum a visé, entre autres, à informer le secteur culturel sur les concepts qui accompagnent les métiers artistiques ; renforcer leurs capacités de participation au dialogue politique sur toutes les questions qui concernent leurs métiers, en particulier l’élaboration d’un cadre juridique et des politiques culturelles adaptés et l’intégration de la culture dans les stratégies de développement provincial ; leur procurer quelques outils qui facilitent la formulation, la gestion et l’évaluation des projets de développement des métiers et entreprises culturelles.
 En outre, les participants se sont posé un certain nombre de questions essentielles comme pistes devant conduire aux résultats sur terrain. Il s’agit, notamment. L’essentiel de la richesse produite sur la base des patrimoines et de la créativité locaux profitent-ils aux artistes du Bas-Congo ? Les conditions de travail des artistes et des opérateurs culturels à travers leurs projets actuels leur permettent-elles à passer le cap afin de devenir de véritables entreprises culturelles avec des assises plus solides et des capacités de projection ? L’environnement politique et institutionnel facilite-t-il des avancées notables, la culture est-elle prise en compte dans les domaines liés à l’éducation,  le commerce… Quelle solution aux problèmes des droits d’auteurs et de la piraterie. Existe-t-il le statut des artistes, opérateurs culturels et entrepreneurs culturels pour les sortir du secteur de l’informel. Les cadres réglementaires et  fiscaux sont-ils favorables et prêts aux financements. Enfin, la participation du secteur à l’analyse et au dialogue sur les politiques et stratégies provinciales et transfrontalières de développement culturel.
 En guise de recommandations soumises à ce forum, les participants ont souhaité l’implication de tous les acteurs de développement à la redynamisation du secteur culturel. Aux artistes et opérateurs culturels de veiller à  la pratique de leurs métiers et leur participation au dialogue politique ; à l’Assemblée Provinciale et à l’Exécutif provincial du Bas-Congo et des provinces frontalières de faire diligence pour l’élaboration, l’adoption et la mise en route des politiques publiques volontaristes, adaptées aux enjeux du développement culturel dans le cadre de la globalisation. Aux organisations régionales (CEMAC, CEEAC et SADC) d’encourager la prise de conscience de la richesse et le rapprochement et la pacification des peuples que produit la culture. Enfin, aux partenaires (tous) pour des programmes d’appui du secteur.

Eddy Kabeya

 

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