Massacres du Kasaï : l’avis  du Conseil des DH très attendu

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Les questions liées à la demande renouvelée du Haut Commissaire des Nations Unies au Droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, mardi dernier à Genève, pour une enquête internationale sur les graves violations des droits humains perpétrés ces derniers mois dans le Kasai, ont dominé la conférence de presse des Nations Unies d’hier mercredi 22 juin 2017, au quartier général de la Monusco, dans la commune de Gombe. Interrogés au sujet de ce dossier après la réaction du gouvernement congolais, qui rejette l’option d’un déploiement sur son territoire d’une commission d’enquête internationale parallèle aux
instances judiciaires nationales et se déclare plutôt ouvert à une équipe d’enquêteurs des Nations Unies venant en appui à la justice congolaise, Théophane Kinda, porte-parole par intérim de la Monusco, et Aurélie Fuchs, chargée par intérim de l’Union des rapports et des
enquêtes spéciales au BCNUDH, ont indiqué que c’est aux Etats membres du Conseil d’en décider au cours du vote qui pourrait intervenir ce jeudi ou ce vendredi.

La seconde citée a indiqué qu’il n’était pas possible, à leur niveau, de donner une date exacte à ce sujet, étant donné que cette requête a été formulée par le  Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme le 9 juin 2017 au Conseil, dans le souci de faire
éclater la vérité sur les massacres commis dans le Grand Kasaï depuis le mois d’août 2016.

Quant à la situation sécuritaire, la province du Kasaï, selon le
capitaine Adil Esserhr, porte-parole militaire par intérim de la
Monusco, est marquée par des activités négatives liées à l’activisme
des miliciens Kamuina Nsapu, ayant provoqué le déplacement de
populations civiles dans les localités de Kakala Diboko, à 80 km à
l’Est de Luiza.
Les troupes de la Monusco déployées dans cette province, a-t-il
soutenu, poursuivent avec détermination leurs actions visant à
dissuader les exactions contre les civils et les violations des droits
de l’homme, faciliter l’accès humanitaire et protéger les populations
locales.
C’est dans ce cadre que le 14 juin 2017, Jean-Pierre Lacroix,
Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a
effectué une visite de travail à Kananga, à la tête d’une forte
délégation au sein de laquelle on a noté la présence du général
Bernard Commins, commandant adjoint de la Force de la Monusco.
Il faut rappeler qu’Adama Dieng, Conseiller spécial du Secrétaire
général des Nations Unies pour la prévention du génocide, séjourne
depuis le 19 juin 2017 en RDC, pour une visite de 6 jours. Le but
principal de sa mission est de mieux comprendre l’évolution de la
situation sécuritaire dans les provinces du Kasaï et autres. Il va
voir aussi dans quelle mesure il est possible de soutenir les efforts
visant à mettre fin à la violence dans les régions affectées par
celle-ci et prévenir de nouvelles atrocités contre les populations
civiles congolaises.
On signale qu’il est arrivé le mardi 20 juin à Kananga et Tshikapa.
Son calendrier de travail prévoit des échanges avec les autorités
gouvernementales, des délégués de la société civile, des autorités
religieuses, l’Equipe-pays des NU et la Monusco à Kinshasa. A Kananga,
le Conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies a pris
langue avec les autorités provinciales, la société civile et des
activistes des droits de l’homme de la Monusco.  Adama Dieng va
conclure sa visite en RDC par une conférence de presse le samedi 25
juin 2017 au quartier général de la Monusco, a indiqué Théophane
Kinda.
Myriam Iragi