Massacre des Congolais : la Monuc d’accord avec HRW

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La polémique autour du dernier rapport de l’Ong international Human Right Watch(HRW), faisant état du massacre de 321 Congolais par les rebelles ougandais de l’Armée de Résistance du Seigneur(LRA) en décembre 2009, n’a pas encore cessé de faire couler encre et salive. Au moment où le gouvernement de la RDC, par l’entremise de son ministre de Justice, Luzolo Bambi Lessa, conteste le chiffre avancé par l’organisation, la Mission des Nations Unies en RDC (Monuc) a rappelé hier aux journalistes qu’au cours de son point de presse hebdomadaire du 27 janvier 2010 des informations ont été données sur cet événement. « Pourquoi en faire beaucoup de spéculations maintenant, car nous avions dit qu’une série d’équipes, essentiellement 4, a été envoyée dans la région afin de faire des investigations sur ce dossier… Il est difficile de vérifier le chiffre exact car les Ong ont leur façon de travailler, alors que notre division de droits de l’homme a sa manière de faire son travail systématique d’identification… » a indiqué Madnodje Mounoubai, porte-parole de la Monuc. Pour lui, il y a effectivement eu tuerie, voire massacre, mais le chiffre exact n’est pas encore connu. « Mardi 30 mars 2010), Alan Doss a rencontré le Vice-premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité, Adolphe Lumanu. Il l’a informé que la Monuc poursuivait ses investigations sur les massacres de la LRA dans les Uélés et que les conclusions seront transmises au gouvernement une fois déterminées » a déclaré le représentant de la Mission.

Notons que face à la poursuite des attaques des éléments de la LRA, notamment celle du 24 mars menée par 7 rebelles à Bamokandi au Nord de Dungu, un sentiment général de peur et d’insécurité s’est installée dans la région. En réaction à cette situation, la Force de la Monuc et les FARDC ont organisé du 23 au 25 mars 2010 une opération spéciale conjointe dans le triangle Bangadi-Ngilima-Kapili. « Les Casques bleus des Forces spéciales guatémaltèques de la Force de la Monuc ont soutenu les soldats des FARDC engagées dans cette opération de recherche et d’élimination » a indiqué Mounoubai.

La réponse des acteurs humanitaires

Concernant la situation humanitaire en RDC, le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires de l’Onu en RDC(Ocha) a indiqué hier que dans le district de l’Ituri,  depuis l’ouverture du corridor humanitaire le 20 mars dans le sud du Territoire d’Irumu, 1 630 personnes déplacées sont sorties de la forêt de Mokato Ngazi. Ces personnes sont actuellement installées sur les sites d’Ozoba, à 92 km au sud de Bunia, et d’Aveba, à environ 70 km au sud de Bunia. Selon les estimations, quelque 5 000 personnes étaient restées bloquées dans la forêt à la suite des affrontements entre les FARDC et des groupes armés. « Les populations déplacées accusent une malnutrition avancée, ont besoin de vivres, d’articles non alimentaires et d’eau potable. Les acteurs humanitaires organisent une réponse » renseigne-t-on dans la note d’information de Ocha.

Quant à « Médecins sans Frontières » (MSF), il a construit un site de transit à Aveba pour la vaccination des enfants de 6 mois à 15 ans, avec supplémentation en vitamine A et déparasitage. MSF fait aussi le dépistage nutritionnel et réfère les cas au Centre nutritionnel thérapeutique (CNT) de l’Hôpital général de Geti. Des consultations prénatales et des cas graves ainsi que la prise en charge médicale des victimes de violences sexuelles sont également assurées. Pour sa part, l’Unicef a mis à la disposition du Programme national de nutrition (PRONANUT) des plumpy nut dans les centres de santé d’Aveba et de Gety. MEDAIR offre une prise en charge médicale gratuite aux déplacés alors que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a envoyé une équipe de monitoring de la protection à Aveba/Ozoba pour évaluer les besoins en matière de protection des personnes déplacées concernées par cette crise. Le (HCR) va également déployer deux camions pour le transport des personnes qui sortent de la forêt. L’ONG Solidarités envisage la construction des latrines et l’installation d’une citerne pour compenser la carence en eau potable. Le PAM apporte, à travers l’ONG Lutheran World Federation (LWF), depuis le vendredi 26 mars 2010, une assistance alimentaire d’urgence à 2 000 nouveaux déplacés à Aveba et Ozoba. Ces nouveaux déplacés s’ajoutent à plus de 15 200 anciens déplacés qui reçoivent l’assistance alimentaire du PAM depuis février 2010 dans ces localités.

Tshieke Bukasa

 

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