Massacre de Beni : 80 suspects aux arrêts !

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Lambert-MendeLe  deuil de trois jours décrété par le gouvernement en vue de garder une pensée pieuse en mémoire des compatriotes assassinés à Beni le samedi 13 août dernier, vient d’être levé. L’annonce a été faite hier par son porte-parole, Lambert Mende Omalanga, au cours du point de presse qu’il a animé au studio de la Rtnc2.

Tout en réitérant les condoléances du gouvernement aux familles éplorées, Lambert Mende a réaffirmé la détermination de l’exécutif national à remonter en puissance les forces de défense et de sécurité en vue d’éradiquer les groupes terroristes qui opèrent à travers le
territoire de Beni.

Analysant le mode d’opération et les méthodes utilisées pour commettre ces massacres d’une extrême barbarie, le gouvernement congolais se dit convaincu que les auteurs font partie de groupes terroristes.

«D’une opposition armée traditionnelle au régime ougandais du président Museveni expatriée en République du Zaïre qu’ils étaient en 1995, c’est-à-dire deux ans avant l’anéantissement de la deuxième République du défunt président Mobutu (1997), l’ADF-NALU s’est substantiellement transformée et est devenue à ce jour une véritable internationale terroriste à caractère islamiste radical. Ce constat se dégage de la composition multinationale de ses unités combattantes où ont été trouvés non seulement des sujets ougandais des premiers jours, mais aussi des Somaliens, des Tanzaniens, des Kenyans, des Rwandais, des Ethiopiens et aussi des Congolais de RDC. C’est manifestement en pleine mission de recrutement en Tanzanie que Jamil Mukulu, le leader du mouvement, a été arrêté en Tanzanie avant d’être extradé vers l’Ouganda, son pays d’origine où il va bientôt passer en jugement. Le processus de radicalisation des éléments des recrues a, selon les renseignements recueillis, bénéficié de l’appui des Shebab somaliens », a-t-il révélé.

A l’instar de tous les autres pays de la planète victimes du terrorisme international, la République démocratique du Congo en appelle à la solidarité internationale.

Le ministre de la Communication et Médias  a indiqué que 80 éléments ADF ont été capturés, et qu’un imam a été surpris en plein recrutement de jeunes pour le compte d’un groupe terroriste.

« En tout état de cause, et malgré ces tentatives de sabotage dont on
connaitra bientôt le fin mot, les forces de défense et de sécurité
continuent la traque des terroristes et au moment où nous parlons, 80
éléments ADF ont déjà été capturés et sont gardés dans la prison
centrale de Kangwanyi à Beni. Parmi eux, beaucoup de sujets ougandais,
mais aussi des Tanzaniens et quelques Rwandais et Congolais. A
Butembo, un imam a été pris en flagrant délit de recrutement de jeunes
pour le groupe terroriste et a été arrêté », a-t-il averti.
Par ailleurs, Lambert Mende a dénoncé certaines déclarations dans la
presse et sur les réseaux sociaux appelant à la démission de plus
hautes autorités du pays assimilées on ne sait sur quelle base,
souligne-t-il, aux terroristes auteurs des massacres à Beni.
De la même manière, il a condamné les propos d’un activiste des
droits de l’homme au Kasaï Central sur les affrontements qui ont eu
lieu entre la police et les éléments du chef coutumier Kamuena Nsapu,
fustigeant l’usage disproportionné de la force par le gouvernement
pour réprimer les insurgés. Idem en ce qui concerne l’opération
«Likofi» qui fut menée contre les Kuluna.

Dialogue : Mende dénonce un projet de pourrissement de la situation

A l’occasion, le porte-parole du gouvernement a aussi fait le point
sur le dialogue politique. Il s’est dit satisfait de voir que ce forum
suggéré par le chef de l’Etat comme un lieu de rupture avec tout ce
qui compromet la fiabilité et le caractère pacifique des cycles
électoraux, a fini par arracher l’assentiment de tous les Congolais de
bonne foi.
Pour lui, ceux qui s’opposent à la tenue du dialogue auraient un
projet diabolique visant à laisser pourrir la situation jusqu’à ce que
des clans adverses s’affrontent dans un bain de sang. « Ce projet
diabolique vise à laisser pourrir la situation jusqu’à ce que les
clans adverses, n’ayant pas su arrondir à temps les ongles, puissent
s’affronter dans un bain de sang que des forces politiques dépourvues
de scrupules rêvent de ramasser le pouvoir suprême dans les décombres
du chaos ainsi occasionné. Si l’on considère les gigantesques
manifestations de l’opposition et de la majorité à la fin du mois de
juillet passé, on peut aisément se faire une idée du carnage qui
pourrait survenir si les partisans des deux camps venaient à en
découdre », a-t-il fait savoir.

Questions – réponses

Comme d’habitude, la communication introductive finie, Lambert Mende
s’est prêté au jeu des questions et réponses des journalistes. Quel
est l’objectif ou la revendication des ADF qui massacrent à Beni ?
Réponse du ministre : les objectifs seront donnés à l’issue de
l’enquête en cours.
Kasaï Central : quel le bilan des affrontements entre les forces
gouvernementales et les éléments du chef Kamuena Nsapu ? Quelle
quantité d’armes la police ou l’armée a récupérée sur les insurgés ?
Pourquoi n’a-t-on pas privilégié la voie d’un règlement pacifique de
la situation ? Réponse : bilan : 19 morts dont 11 policiers et 8
miliciens ; quantité d’armes : pas en mesure de donner un chiffre
précis. Toutefois, des armes trouvées à Tshimbulu ont été récupérées
par la police.
D’autres questions ont été également adressées au porte-parole,
notamment : celle concernant Matata copieusement hué à Beni par la
population, est-ce la décadence du régime ? 80 éléments ADF capturés :
à quelle date ont-ils été capturés ? Combien parmi eux ont participé
aux derniers massacres ? En déclarant l’appui de la Monusco aux forces
congolaises en vue de défaire les milices opérant à Beni, n’est-ce pas
un aveu d’impuissance, une fuite de responsabilité?
Dom