Masina : des bandits installent leur fief aux quartiers 13, 14 et 15

0
102

Le nouveau terrain de prédilection du banditisme à Masina se situe désormais dans trois quartiers :  13, 14 et 15. Des attaques en cascade, des victimes qui s’en sortent avec des blessures, toutes dépouillées de leurs billets de banque et traumatisées. Voilà le tableau de la criminalité dans cette partie de la ville de Kinshasa où les habitants ne vivent plus qu’au rythme des agressions quotidiennes ou hebdomadaires.

Cédric Mputu, opérateur économique du secteur informel, attaqué la semaine dernière en traversant une nuit, le quartier 13, pour joindre le quartier 14, a croisé une bande des malfaiteurs qui lui avait arraché trois téléphones, 150 dollars et 38.000 FC. Il révèle qu’il n’a eu la vie sauve que pour avoir tout remis aux bandits. Ces drogués de la pire espèce, comme a indiqué Cédric Mputu, n’hésitent pas au moindre cas de résistance, de taillader leurs victimes à l’aide des machettes ou des couteaux.

Il a vu ces mécréants s’acharner sur un jeune homme qui a eu pour malheur d’appeler au secours. Au loin, les riverains incapables de réagir, suivaient la scène d’agression sans intervenir. Il apprendra plus tard que la victime abandonnée dans un état déplorable, a été admise dans un centre médical proche où elle luttait entre la vie et la mort.

            Mme Georgette Bomongo Getou, 35 ans, regagnait un soir son domicile au quartier 15 à Masina, quand elle a été happée dans l’obscurité par un groupe de malfaiteurs d’environ quinze membres. Pendant qu’une partie de la bande détroussait le propriétaire d’une cabine téléphonique, les autres s’en prenaient à elle. Ce qui les intéressait cette nuit-là, c’était le sac contenant des produits cosmétiques retiré dans une agence de transfert des fonds et de frêt. Il y avait des chemises, des pantalons, quelques chaussures, et un lot des produits de beauté dont des parfums. Dans une poche de ce sac, une enveloppe où était logé le montant de 500 Euros.

            Un jeune homme dont l’identité ne nous a pas été communiquée, accompagnait son épouse attendant famille, dans une maternité. Avant d’atteindre le boulevard Lumumba, afin d’attraper un taxi, ils ont été dérangés par un groupe de délinquants qui réclamait de les fouiller. Malgré l’état de la dame, les malfrats ont soumis le jeune homme à une fouille systématique et lui ont arraché un peu d’argent qu’il avait sur lui, pour faire face aux premières factures médicales prénatales.

            Quartiers 13, 14 et 15, le poste de police de « proximité » avec ses effectifs insignifiants, n’ose pas intervenir, laisse t-on entendre à Masina. Les policiers, semble t-il, redoutent des affrontements avec des marginaux qui ont prouvé depuis des années, qu’ils jouissaient d’une impunité notoire. Car, chaque fois qu’ils étaient arrêtés et même placés en détention à la Prison centrale de Makala, ils recouvraient leur liberté en moins d’une semaine.

            Quelques habitants de ces trois quartiers, ont fait savoir que le choix de cette partie de Masina, par des bandits, est justifié par plusieurs raisons. L’une d’elles, c’est que ces trois quartiers offrent de nombreuses voies de fuite et convergent vers une rivière. C’est dans la broussaille bordant ce cours d’eau que sont cachées les armes blanches.

            A la tombée de la nuit, ils s’y retrouvent pour suivre le briefing du chef de bande, fumer du chanvre, s’armer et se déployer dans les rues sombres. Malheureusement, on a beau circonscrire ce fief des malfaiteurs, donner toute la cartographie de ce «  territoire » et localiser les points de passage souvent empruntés par ces délinquants, ainsi que leurs principaux repaires, qu’aucune opération policière n’est menée dans ce fief.

            Une fois de plus, la population a les regards tournés vers les autorités urbaines, afin que soit éradiquée ce banditisme urbain qui a la peau dure.

 

J.R.T.