Martin Köbler, le nouveau patron de la Monusco, se dévoile

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Special Representative of the Secretary-Hier mercredi 28 août 2013 au Quartier général de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation de la RD Congo (Monusco) à Kinshasa, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en RDC, l’Allemand Martin Köbler, a affronté, pour la première fois depuis son arrivée en RD Congo il y a près de deux semaines, la presse locale et internationale. Au menu principalement: la situation de crise que connait l’Est de la RDC.

 En liminaire, le nouveau patron de la Monusco a informé l’assistance des raisons de sa récente présence à Goma. D’abord palper du doigt la complexité des problèmes du Nord-Kivu et, ensuite, démontrer sa solidarité aux Gomatraciens face aux derniers événements qui ont secoué la ville.

A cet effet, il a déclaré avoir condamné fortement les attaques sur la population et les tirs ciblés des obus sur la ville, provoquant des morts. Cela constitue un crime de guerre ! « Je comprends très, très bien l’impatience et la frustration de la population de Goma. Et je leur dis que nous sommes là pour les aider, qu’on va réagir fermement. Et j’ai donné l’ordre au commandant de la force de réagir fermement. Nous avons combattu ensemble, avec les forces armées de la République démocratique du Congo, d’une manière très, très décidée. On a utilisé tous les moyens qu’on a», a-t-il souligné. Puis d’ajouter que la Monusco continue de soutenir les FARDC, avec qui elle coordonne les actions sur terrain.

Brigade d’intervention : pas de solution magique

Se refusant à commenter l’origine des tirs qui ont endeuillé Goma, Martin Köbler a néanmoins informé les journalistes de la mise sur pied d’une commission d’enquête  qui va rendre ses conclusions dans les prochains jours.

Cependant, en ce qui concerne les espoirs fondés sur la Brigade internationale d’intervention, il a simplement dit qu’elle ne peut résoudre les problèmes ni militaire, ni politique. « Mais avec les FARDC, nous visons l’amélioration de la situation et la réduction des menaces qui pèsent sur les populations et les déplacés. La Brigade n’est pas une solution magique pour tous les problèmes. Ce sont des problèmes congolais, ce sont aussi des solutions congolaises ! »

Rappelant que sa structure n’est pas responsable de tout ce qui se passe au Congo, Martin Köbler a souligné que la Monusco soutient le gouvernement congolais à combattre les groupes armés. Son but, a-t-il martelé, est d’aider la RDC à restaurer l’autorité de l’Etat sur l’étendue de son territoire.

Pour atteindre ce but, ce responsable onusien propose un triple partenariat entre le peuple congolais, le gouvernement de la RDC et la Communauté internationale.

Pour ce qui est du peuple, il a affirmé comprendre que les attentes vis-à-vis de la Monusco sont trop lourdes, mais les Casques bleus seront plus forts s’ils ont l’appui de la population. Ayant déjà rencontré, le mardi 27 août 2013, le président Joseph Kabila, il l’a informé de sa vision qu’il compte imprimer à la Monusco, ainsi que la coopération qu’elle va entretenir avec les autorités congolaises. Avec la Communauté internationale, enfin, Martin Köbler a fait noter qu’il consulte très étroitement Mme Robinson, l’Envoyée spéciale du SG de l’Onu dans la région des Grands-Lacs. «On se téléphone plusieurs fois par jour et je suis tout à fait d’accord avec elle pour avoir une solution à long terme, il faut avoir une solution politique. Les autres actions diplomatiques et militaires ne sont pas à exclure. Par exemple, les entretiens de Kampala sont en cours. Mais comme je l’ai dit, ce n’est pas acceptable d’attaquer la population civile. Et nous avons notre mandat, donné par le Conseil de sécurité, de défendre la population civile », a-t-il lâché.

Violences sexuelles et enfants soldats : tolérance zéro !

Révélant par ailleurs deux sujets qui lui tiennent à cœur particulièrement, Martin Köbler a souligné qu’il sera intransigeant contre les responsables des violences sexuelles et ceux qui entretiennent des enfants-soldats. Pour lui, un cas de viol est un cas de trop et les enfants doivent être à l’école et non au champ de combat.

En guise de conclusion, le diplomate allemand a dévoilé aux journalistes sa volonté de travailler ouvertement et honnêtement avec eux. «J’ai dit OUI lorsqu’on m’a proposé de venir en RDC, sans demander à ma femme. Je veux travailler avec tout le monde (les droits de l’homme, la protection de l’enfance, les journalistes, etc.). D’où ma proposition du triple partenariat Peuple-Gouvernement-Communauté internationale… »

Tshieke Bukasa

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