Mariages sur  internet : une jeune fille roulée dans la farine à Kingabwa

0
307
Mira pour les intimes, une beauté d’ébène à inscrire dans les registres du riche patrimoine esthétique de l’Afrique noire, Mlle Belanga non autrement identifiée, 26 ans, étudiante dans un institut supérieur de la place, a frôlé le week-end dernier une crise de tension. A la base de la brusque détérioration de son état de santé, on évoque une curieuse affaire d’escroquerie dont elle vient d’être victime sur internet.
Son rêve de trouver rapidement son prince charmant, comme il faudrait le rappeler, a pris forme un beau matin, à la lecture de quelques pages du site web d’une organisation de relations matrimoniales. Sur l’une d’elles, un jeune garçon de belle taille, au gabarit d’athlète, de nationalité congolaise, s’affichant comme le chauffeur d’un ambassadeur de la RDC dans un pays de l’Afrique subsaharienne, cherchait une âme-sœur pour bâtir un foyer.
 
Voilà qui a donné des idées à Mireille, célibataire de son état, et déçue par quelques petites aventures amoureuses. De ces idylles sans issue, un enfant est né, alors que le géniteur âgé de moins de 28 ans, a décliné la responsabilité de la grossesse. Devenue malheureuse, une fille-mère rejetée par les siens, elle a repris non seulement espoir en elle-même, mais ses études supérieures, sûre d’être plus vigilante et plus réservée dans ses nouvelles relations amoureuses avec des garçons.
A partir de l’adresse e-mail, Belanga va tenter de joindre l’illustre inconnu et attendre ce que pourra être la réaction de ce dernier. L’avenir semblait dessiner un bonheur radieux à la jeune fille. Elle a au moins pris la précaution d’envoyer sa meilleure photo dévoilant ses mensurations et sa beauté de profil, ainsi que ses numéros de contact.
            En novembre dernier, convaincu par les quelques  éléments lui transmis, le fameux correspondant a réagi en signalant qu’il avait fixé le choix de sa future épouse sur Mira. Et que coincé par les exigences de son patron, il tenait coûte-que-coûte à organiser son mariage avant la fin du mois de février 2017. Pour Mira, dame chance lui a souri, grâce au miracle de l’internet. La voilà branchée à son futur mari. Les contacts seront plus fréquents et plus suivis au point que la jeune fille et le jeune garçon ont mis ces premières correspondances à profit, pour se connaitre davantage.
            Dans son entourage, personne n’ignorait plus que Mlle Belanga allait se marier avant l’élection présidentielle du successeur de Joseph Kabila, tellement les nouvelles circulaient à la vitesse grand V. A en croire le programme établi par les deux fiancés sur internet, le mariage coutumier devrait être célébré à Kinshasa entre leurs deux familles, tandis que le mariage officiel était prévu dans le pays africain, grâce aux soins de l’ambassadeur. Au mois de janvier, le prince charmant de Mireille signale son arrivée à Kinshasa. Auparavant, il avait obtenu de Mireille, le transfert dans son compte, de la somme de 500 dollars à compléter pour l’établissement des passeports et autres titres de voyage.
            Dans la capitale congolaise, le mariage coutumier fixé au samedi 28 janvier, était dès le matin, la parcelle familiale de Belanga affichait un décor de fête pour accueillir la belle-famille, une chaîne musicale déployait ses tonnerres de musique moderne avec à la grille, des chansons congolaises et des nouveautés de la musique nigériane et ivoirienne. A la cuisine, s’affairaient les dames de la grande famille. Le soir, aucun membre de la belle-famille ne se signalait. Les appels émis pour joindre le prince charmant étaient tous rejetés au motif que le téléphone était soit éteint, soit hors du périmètre.  Vers minuit, alors que tout devait démarrer à 19 heures, la famille de Mireille s’est enfin rendue à l’évidence. Jusqu’au matin, l’escroquerie était patente. Même à l’hôtel où il prétendait loger, curieusement son identité n’était pas signalée à la réception. Cette mésaventure vient d’être durement vécue à Kingabwa où Belanga est inconsolable.
            Rare à l’époque, cette forme d’escroquerie se succède à Kinshasa. Et mises au courant de cette nouvelle forme d’escroquerie, les jeunes filles plus éveillées préfèrent se rabattre aujourd’hui sur les garçons dont les contacts physiques et les adresses familiales sont connues.
                                                                                                                 J.R.T.