En marge du message de Kabila à l’ONU : Elections, encore et toujours le brouillard !

0
249

Dès l’annonce de la prestation du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, à la tribune des Nations Unies, à la date du 23 septembre 2017, des millions de Congolaises et Congolais étaient curieux de savoir si sa position, fondée sur le statu quo d’avant l’Accord du 31 décembre
2016, allait changer. Comme c’est le cas depuis que la fin de son second et dernier mandat fait problème, tous ceux qui attendaient des signaux clairs au sujet de l’échéance de la tenue probable des élections et de son avenir politique sont déçus.

Nos compatriotes étaient d’autant en droit d’espérer un signal fort de la part de l’illustre orateur qu’en date du mercredi 20 septembre 2017, les Nations Unies ont rendu publique, au terme d’une séance à huis clos sur la situation politique, sécuritaire et socio-économique
de la RDC, une déclaration appelant à la tenue des élections présidentielle et législatives dans un délai très court ainsi qu’à la publication urgente, par la Commission Electorale Nationale
Indépendante, d’un calendrier électoral et du budget relatif à leur
coût.
D’aucuns ont même cru à un « ultimatum » lancé au pouvoir en place à
Kinshasa, étant donné que cette position commune était partagée par
les Nations Unies, l’Union Européenne, les 5 membres permanents du
Conseil de Sécurité (USA, France, Grande –Bretagne, Russie et Chine),
l’Union Africaine, l’Organisation Internationale de la Francophonie,
la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), la
Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) et la
Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL).
L’unanimité semblait acquise sur l’alternance démocratique au sommet
de l’Etat congolais dans un proche avenir. Certains commentateurs
politiques sont allés même jusqu’à parler du délai-butoir du 31
décembre 2017, comme consigné dans l’Accord du 31 décembre 2017, dont
la mise en œuvre intégrale était du reste exigée.
Apparemment, Joseph Kabila paraissait contraint de lâcher du lest.
Mais, à l’entendre parler du processus électoral en cours en RDC,
l’homme n’a pas donné l’impression de vouloir rendre le tablier dans
l’immédiat, même par la voie des urnes. Car, tout en se réjouissant de
l’enrôlement d’au moins 42 millions d’électeurs sur un échantillon
supposé de 45 millions, il a renvoyé la question du chronogramme des
élections à l’évaluation de la tripartite Gouvernement-CNSA-CENI, tout
en sachant que la légitimité du Premier ministre et du président du
Conseil National de Suivi de l’Accord de la Saint Sylvestre est
toujours sujette à controverse.
Le brouillard s’est davantage épaissi autour des élections lorsqu’il
a fait état des contraintes politiques, logistiques, financières et
sécuritaires qui interdisent le moindre pronostic autour de leur
tenue, de même quand il a demandé aux vrais « amis » du Congo
d’apporter au pays, le moment venu, leur concours financier, sous
réserve du respect strict de sa souveraineté nationale. Pour un
président fin mandat et censé expédier les affaires courantes dans
l’attente de l’élection de son successeur, la demande de réduction des
effectifs de la Monusco, pourtant censée aider le pays à retrouver une
paix durable et sécuriser le processus électoral, a paru comme une
invitation explicite aux Casques Bleus à se hâter de quitter le
territoire congolais.
L’après-Kabila est certes abondamment évoqué dans les chancelleries
occidentales et les états-majors politiques de l’Opposition, mais
l’intéressé lui-même semble se complaire du flou, ce qui pousse nombre
de compatriotes à la soupçonner de demeurer dans la dynamique deu
«glissement» et accroît l’incertitude du lendemain.
Kimp.