En marge du dépôt de sa candidature à la présidentielle : F. Tshisekedi et le « blanc » : symbole de virginité politique

3
642

Félix Tshisekedi, président national de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), a déposé hier mardi 08 août 2018, comme prévu, sa candidature à l’élection présidentielle du 23 décembre. C’était dans une ambiance électrisée qui a paralysé le
centre-ville durant toute la journée. Contrairement aux journées précédentes, où les piétons étaient tolérés dans le périmètre compris entre la Gare Centrale et les Galeries présidentielles, la circulation de toute personne à pieds était interdite dès les premières heures de la matinée jusqu’en fin d’après-midi. Conformément à la consigne donnée de longue date et mille fois
répétée, des milliers de cadres et combattants de l’UDPS (Union pour
la Démocratie et le Progrès), tout de blanc vêtus (chemises, polos,
pantalons, culottes, pagnes, blouses, jupes, robes, képis, pantoufles,
chaussures, babouches, foulards, mouchoirs, calicots, gants), ont
accompagné, hier mardi 07 août 2018, de Limete à Gombe, leur président
national, Félix Tshisekedi, lui aussi entièrement « griffé en blanc »,
pour le dépôt de sa candidature à la présidentielle, au siège de la
CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). Au départ de sa
résidence privée, sise 11è rue Limete, petit boulevard, non loin de la
célèbre permanence du parti, accompagné de son épouse, le leader a
trouvé, à la porte de sortie, une marée humaine semblable à une nuée
blanche.

Selon son entourage, le choix du « blanc » se veut le symbole de sa
virginité politique. Le candidat de l’UDPS à la magistrature suprême
se considère comme l’homme aux « mains propres » n’ayant jamais été
mêlé aux crimes de sang, au pillage des ressources nationales, aux
détournements des deniers publics, aux cas de corruption ou de
concussion, aux violations des droits de l’homme, aux abus des biens
sociaux. Bref, Félix Tshisekedi n’a jamais été dans la culture des
antivaleurs à la base de la descente aux enfers de l’Etat congolais.
Le « blanc », c’est aussi le symbole de la bonne gouvernance, de la
redevabilité, de l’Etat de droit, de la justice sociale, de la
démocratie intégrale, de la paix, de l’unité et de la cohésion qu’il
ambitionne d’incarner une fois aux affaires.

Une ambiance de carnaval

Dans une ambiance de carnaval, assaisonnée de chansons, cris,
vuvuzela, sifflets, tambours…son cortègé, sous haute surveillance
d’une jeep de la police et plusieurs policiers essaimés le long du
parcours, a pris le petit boulevard, puis la 10me rue. Mais, avant de
s’engager sur le boulevard Lumumba, la colonne a dû s’arrêter net pour
laisser passer le convoi funéraire de feu le gouverneur du Kongo
Central, Jacques Mbadu, en route pour la Nécropole Entre Terre et
Ciel.
Une fois fini « l’hommage au mort », le couple Tshisekedi, à bord
d’une Jeep escortée par plusieurs dizaines de voitures et motos ainsi
que des milliers de combattants, dont le nombre s’est démesurément
accru au fur et à mesure de l’évolution de la caravane motorisée et
pédestre, il y a eu un « bouchon » infranchissable au niveau de la
1ère rue Limete. La police n’avait d’autre choix que de lâcher des gaz
lacrymogènes pour dégager la voie et permettre au convoi de prendre de
la vitesse, au risque de ne jamais arriver au centre-ville. C’est
ainsi que les piétons ont été « plantés ».
Le cortège de Félix a ainsi pu prendre la bretelle de la Funa, pour
déboucher au passage à niveau de la Force Navale et prendre la route
des poids Lourds. Entre-temps, des combattants se sont rapidement
organisés pour louer des voitures-taxi et des motos, et à se lancer à
la poursuite, comme un peloton du tour de France, de Félix Tshisekedi
et le staff de l’UDPS qu’ils ont rattrapé au niveau de l’arrêt Apollo,
à la hauteur de la concession de la RVF (Régie des Voies Fluviales).
Ici, pêcheurs, vendeuses et vendeurs de poissons ainsi que leurs
clients se sont tout simplement déversés sur la route, contraignant le
cortège de Félix Tshisekedi à avancer à la vitesse de la tortue. Parti
de Limete vers 14 heures 30, le président de l’UDPS n’a pu atteindre
la Gare Centrale que vers 17 heures. Ici aussi, une foule compacte, de
blanc immaculé, l’attendait de pieds fermes. Dans le but d’éviter un
nouveau blocage de l’escorte, la police a décidé de neutraliser toutes
les voitures et motos de la suite, ainsi que les combattants, pour  ne
laisser passer que deux véhicules, celui du couple Tshisekedi et
l’autre à bord duquel se trouvaient des membres du staff de l’UDPS,
dont Jean-Marc Kabund et Jacquemain Shabani.

Accueil par Corneille
Nangaa
C’est donc un groupe restreint qui s’est présenté au siège de la
CENI. Accueilli par Corneille Nangaa, Félix Tshisekedi a été conduit
au cabinet du précité pour un échange d’environ une heure. C’est vers
18 heures que le président de l’UDPS a été reçu par le Bureau de
Réception et Traitement de Candidature à la présidentielle. Après une
trentaine de minutes de formalités, il est repassé par la Gare
Centrale pour saluer des milliers de combattants venus le soutenir
pour ses ambitions politiques.
Kimp

3 COMMENTS

Comments are closed.