En marge de la fête nationale belge, le Chargé d’Affaires de Belgique

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En RDC : « Tenir le 23 décembre 2018 des élections libres, crédibles et transparentes… c’est aller dans le sens de l’histoire » Comme de tradition, la communauté belge de Kinshasa, à laquelle se sont joints des invités divers, dont des diplomates, a commémoré le
samedi 21 juillet 2018, sa fête nationale. A cette occasion, le Chargé d’Affaires de Belgique en République Démocratique du Congo, Philippe Bronchain, a fait un discours axé sur quatre points dominants : le déménagement de tous les services de l’ambassade de la Place du 27 octobre vers la concession Utexafrica, l’élection de la Belgique comme
membre non-permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU pour l’exercice
2019-2020, les relations bilatérales RDC/Belgique et les élections en
RDC et en Belgique.
Le sujet qui a plus retenu l’attention des Congolais est celui
relatif au processus électoral en cours. A ce sujet, Philippe
Bronchain a souligné que « tenir le 23 décembre 2018 des élections
libres, crédibles et transparentes… c’est aller dans le sens de
l’histoire ». Autrement dit, la Belgique réaffirme son vœu de voir les
hommes au pouvoir à Kinshasa respecter la Constitution ainsi que
l’Accord du 31 décembre 2016, de manière à offrir au peuple congolais,
comme en 2006 et 2011, l’opportunité de choisir, dans les urnes, les
futurs animateurs de ses institutions.
L’autre point sensible abordé par le chef de la mission diplomatique
belge en RDC concernait les relations bilatérales, et spécialement les
points « qui fâchent », à savoir la fermeture de la Maison Schengen à
Kinshasa, des Consulats généraux de Lubumbashi et d’Anvers, la
réduction des fréquences de vols de Bruxelles Airlines entre Kinshasa
et Bruxelles. A ce sujet, il a laissé entre que le dialogue était en
cours entre les autorités congolaises et belges en vue de dégager des
pistes de solution. A l’en croire, en dépit des querelles récurrentes
de ménage, le couple Belgique/RDC n’est pas prêt de se séparer.
DISCOURS DU 21 JUILLET 2018 A KINSHASA
Mesdames et Messieurs les Ministres
Honorables Députés et Sénateurs

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs du corps
diplomatique et consulaire,
Chers collègues des missions diplomatiques et consulaires,
Mesdames, Messieurs, en vos titres et qualités
Chers compatriotes,

Avant même de commencer mon discours, permettez-moi de vous
souhaiter à tous au nom de toute l’ambassade la bienvenue à cette
réception du 21 juillet dont la formule diffère quelque peu de celles
que vous avez pu connaître par le passé mais dont nous espérons
qu’elle sera propice à un bon moment de détente et d’échange.
Je voudrais ensuite remercier vivement tous les membres de
l’ambassade qui se sont investis pour organiser ce magnifique
événement ainsi que nos sponsors, la BCDC, Bracongo, BricoKin,
Brussels Airlines, Comexas Afrique, Devos Lemmens, l’Hôtel Memlimg, La
Clé des Châteaux, Lutosa et Texaf.
L’année qui vient de s’écouler depuis la tenue de la dernière
réception du 21 juillet a été à de maints égards riche en événements
et je voudrais revenir plus particulièrement sur quatre d’entre eux
qui auront de notre point de vue marqué cette année : le déménagement
de l’ambassade, l’élection de la Belgique comme Membre non-Permanent
au conseil de Sécurité des Nations-Unies pour 2019 et 2020, les
relations bilatérales et la situation électorale dans laquelle se
trouvent la RDC comme la Belgique d’ailleurs.
Mais avant de développer ces quatre points, je voudrais revenir sur
cette coupe du monde de football en Russie qui a tant fait vibrer le
coeur des Belges mais aussi celui de très nombreux Congolais qui se
sont retrouvés dans l’équipe des Diables rouges. Cette troisième place
est le résultat d’un travail remarquable mais aussi de valeurs aussi
importantes que le sens du collectif et la volonté de gagner. Cette
campagne de Russie aura été l’occasion de moments d’union et
d’émotion, y compris à Kinshasa où des retransmissions des matchs ont
été organisées. Je saisis cette occasion pour formuler le voeu de voir
l’équipe des Léopards se qualifier pour la
prochaine coupe du monde en 2022.
J’en viens maintenant aux quatre points que j’évoquais plus haut.
Premièrement, le déménagement de l’ambassade. Fin 2017, l’ambassade
de Belgique a quitté un bâtiment datant des années 50 qui se trouvait
sur la Place du 27 octobre, autrefois Place Braconnier, pour un nouvel
immeuble flambant neuf de 4 étages le long du prestigieux Boulevard du
30 juin et qui se trouve derrière moi. Cette nouvelle ambassade,
projet de grande envergure qui a nécessité une grande mobilisation des
services de l’ambassade mais aussi du Service Public Fédéral des
Affaires étrangères, est à la fois classique et innovante. Classique
car elle regroupe l’ensemble des services du poste à l’exception du
traitement des visas de courte durée Schengen géré depuis de très
nombreuses années dans un immeuble séparé. Innovante ensuite car elle
incorpore de nombreuses nouveautés et se veut passive.
Son inauguration le 27 novembre 2017 a été rehaussée de la présence
de notre Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères,
Didier Reynders. Elle accueille non seulement l’ambassade de Belgique
mais aussi l’ambassade des Pays-Bas, ENABEL, notre agence de
coopération, qui a succédé à la CTB, l’Attaché économique et
commercial de la Région bruxelloise et la Chambre de Commerce
Belgo-Luxembourgo-Congolaise.
Je m’en voudrais enfin de clore ce point sans évoquer la rénovation
de plusieurs bâtiments permettant d’accueillir dans les meilleures
conditions possibles les agents expatriés ainsi que leurs familles
mais aussi celle de la Résidence dont la réception provisoire aura
bientôt lieu.
Deuxièmement, l’élection de la Belgique le 8 juin dernier en tant que
Membre non-Permanent au Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour
2019 et 2020. Depuis 1947, c’est la sixième fois que la Belgique
siègera au Conseil de Sécurité. La campagne menée par la Belgique l’a
été sous la devise « Bâtir le consensus. Agir pour la paix ». Cette
élection survient à un moment clé pour deux raisons. D’une part, parce
que certains remettent en cause le multilatéralisme sur lequel se sont
développées les relations internationales au cours des dernières
décennies et sont tentés par le repli sur soi.
D’autre part, nous sommes de plus en plus confrontés à des défis
globaux parmi lesquels le changement climatique, la migration
irrégulière, le terrorisme et les objectifs du développement. La
Belgique est convaincue que, sans concertation et réponse globale,
nous risquons de ne pas pouvoir apporter de solutions satisfaisantes à
ces défis. La question de l’Afrique centrale au sujet de laquelle son
expertise est largement reconnue constituera un des points d’attention
de la Belgique dans l’exercice de son mandat.
Troisièmement, les relations bilatérales entre la Belgique et la
République Démocratique du Congo qui, avec ses hauts et ses bas, sont
souvent comparées à des scènes de vieux couple. Cette comparaison me
laisse un peu sur ma faim. Etre un vieux couple ne signifie pas
forcément connaître des hauts et des bas. Et certains couples ne
vieillissent parfois pas ensemble, ce qui n’est pas le cas de la
Belgique et de la RDC. En fait, je préfère porter mon regard sur la
solidité réelle de nos relations bilatérales qu’on aurait bien tort de
limiter au seul champ diplomatique et je la comparerais volontiers au
roseau de la fable de Jean de la Fontaine. En effet, s’il arrive que
les vents les obligent à baisser la tête, ces mêmes vents, lorsqu’ils
redoublent d’efforts, peuvent lui être moins redoutables qu’au chêne.
Et si nos relations bilatérales parfois plient, elles ne se rompent
pas. Elles sont en effet le reflet de la qualité, de la diversité et
de l’intensité des liens qui unissent les peuples belge et congolais,
qu’ils soient économiques, culturels, sportifs, académiques, familiaux
ou simplement amicaux. Dans ce cadre, je me réjouis de la réouverture
au public, le 8 décembre prochain, après cinq ans de travaux, du Musée
Royal de l’Afrique Centrale à Tervuren sous un nouveau nom, «
Africamuseum », et une nouvelle identité.
Au plan des relations diplomatiques maintenant, les canaux de
communication entre la Belgique et le RDC restent grand ouverts et un
dialogue est en cours. La Belgique espère qu’il permettra d’aboutir à
des pistes de solution aux problèmes posés par la cessation des
activités de la Maison Schengen, par la fermeture des consulats
généraux de Lubumbashi et d’Anvers, la réduction des fréquences de
Brussels Airlines.
Les modalités de fonctionnement d’ENABEL en RDC pourront aussi être
abordées.
Quatrièmement, j’en viens enfin au contexte électoral dans lequel se
trouve la République Démocratique du Congo. Tout comme 2016 puis 2017,
2018 est consacrée à l’organisation et la tenue d’élections attendues
le 23 décembre. Il est devenu commun de répéter qu’en cette année
électorale la RDC est à un tournant de son histoire ou encore que le
moment est historique. C’est en effet le cas. Les élections de 2006
ont impulsé une dynamique nouvelle dans la vie politique de la
République Démocratique du Congo et ont répondu à une aspiration
profonde de la population congolaise. Tenir le 23 décembre 2018 des
élections libres, crédibles et transparentes, et qui soient
respectueuses de la Constitution et de l’Accord de la Saint-Sylvestre,
c’est aller dans le sens de l’histoire.
C’est répondre à cette aspiration profonde.
L’année qui vient sera aussi une année d’élections en Belgique
puisque le 14 octobre 2018 se dérouleront les élections provinciales
et communales et le 26 mai 2019 les élections européennes,
législatives, régionales et communautaires.
Je voudrais terminer mon discours en levant mon verre à l’amitié
entre le Belgique et la RDC. Que vive la Belgique et le Roi. Que vive
la République Démocratique du Congo.