En marge de la défense du projet de Budget 2017 : Tshibala promet d’organiser 3 scrutins en 2017

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Le nouveau Premier ministre Bruno Tshibala reçu pour la première fois depuis sa nomination par le président de la République Joseph Kabila le 10 avril 2017. ©Présidence de la République.
Bruno Tshibala, le 17/03/2017 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le Premier ministre Bruno Tshibala Nzenzhe a pris l’engagement, hier mercredi 31 mai devant la Représentation nationale, d’organiser d’ici
la fin de l’année 2017 trois scrutins sur ressources propres, conformément à l’Accord de la saint Sylvestre. C’était en marge de la présentation de l’économie générale du projet de la loi de finances de l’exercice 2017 devant les députés nationaux réunis en plénière.

Un montant de 1.169 milliards de Francs congolais, sur les 11.000 milliards du total de l’enveloppe budgétaire, est prévu dans le budget 2017 pour l’organisation de ces élections (la présidentielle, les législatives nationales et provinciales). Car, selon le Premier ministre, les élections occupent une place de choix dans le budget sous examen.

Un autre engagement pris par le chef du gouvernement est d’assurer la
régularité de la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat. Il a également promis d’opérer une augmentation de 9% de l’enveloppe
salariale de chaque fonctionnaire. Il importe de rappeler, à ce sujet,
que du patriarche Antoine Gizenga à Samy Badibanga, en passant par
Adoplhe Muzito et Augustin Matata, aucune augmentation des salaires
n’a été faite. Si Bruno Tshibala pourra le faire, ça ferait
l’actualité !
Bruno Tshibala s’est aussi engagé à combattre le chômage des
jeunes, relever le niveau de vie des Congolais, redresser l’économie
nationale par la relance de la production, combattre l’insécurité,
etc.
Tout en reconnaissant la rétrocession économique que traverse le pays
avec à l’affiche la chute continue de la monnaie nationale face aux
principales devises étrangères, il jure de travailler pour le
redressement du cadre macroéconomique avec un taux de croissance à
3,5%, taux de change de 1450 Fc le dollar, taux d’inflation 4,4% et à
plus de 6% fin exercice, PIB 4,5% …sont là les principales
articulations du Budget 2017 dont le Premier ministre sollicite
l’adoption par l’Assemblée nationale.

Promesses irréalistes, budget non crédible

Comme le veut la tradition, une fois la présentation de l’économie
générale faite par le Premier ministre terminée, un débat général
s’est ouvert. Tous les 14 groupes parlementaires, dont 10 de la
majorité et 4 de l’opposition, plus les indépendants, se sont succédé
à la tribune pour émettre des critiques sur le projet du budget du
gouvernement.
Le premier intervenant a exprimé son regret du fait que le premier
ministre n’ait pas inscrit les infrastructures parmi les priorités ;
alors que la capitale Kinshasa n’a plus de routes. Ce qui provoque des
embouteillages monstres matin et soir, perturbant ainsi la
circulation.
Pour le député Christian Mwando, le budget présenté manque de
crédibilité. Par quel miracle Bruno Tshibala prétend-il mobiliser plus
de 11.000 milliards (soit environ 8 milliards de dollars) dans les
mois qui restent, alors que cela fait trois exercices où l’enveloppe
budgétaire est revue à la baisse ? D’où il s’agit tout simplement d’un
chapelet de bonnes intentions.
Le PPRD, qui a d’abord salué les prévisions surtout celles relatives
à l’organisation des élections qui ont presque doublé, estime
toutefois que le budget tel que présenté risque de poser de sérieux
problèmes au gouvernement pour la réalisation de certains programmes
de son action. Il en veut pour preuve : la baisse du pourcentage
réservé à l’EPSP (Enseignement primaire, secondaire et professionnel)
de 15 à 12%. C’est-à-dire que l’enveloppe allouée à l’EPSP a baissé de
730 millions de dollars à quelque 500 millions USD. Quant à
l’Enseignement professionnel, il n’a fonctionné l’exercice passé sans
budget, rien qu’avec les frais de fonctionnement.
Pour sa part, Michel Lokola du groupe PALU et Alliés a conseillé à
Bruno Tshibala en tant que premier ministre issu de l’opposition qui
est une école du changement, de laisser des empruntes dans la gestion
des affaires publiques. Pour ce faire, il lui recommande d’asseoir une
fiscalité conséquente en matière de mines.
Pour le groupe UDPS et Alliés qui a exprimé son scepticisme face au
budget présenté, doute de la capacité de Bruno Tshibala de mobiliser
les recettes continues dans les prévisions et tenir les promesses
faites. Avant de fustiger l’égoïsme ou mieux la mauvaise foi dont le
gouvernement fait montre vis-à-vis de la population. Ce groupe
parlementaire s’étonne du fait que le gouvernement n’a pas revu le
taux budgétaire pour toutes les autres catégories
socioprofessionnelles qu’il entend continuer à payer au taux de 930 Fc
le dollar, pendant qu’il prévoit la révision pour les institutions et
d’autres rubriques à l’instar de l’investissement.
Le groupe MSR et Alliés est revenu sur l’insécurité, l’impunité, le
pillage des ressources… qui ont élu domicile en République
Démocratique du Congo, avant d’exprimer le doute de voir le Premier
ministre tenir ses promesses avec un budget qu’il a qualifié de non
adapté aux réalités nationales.
Plusieurs critiques ont été également émises par d’autres
intervenants. Dans la foulée, on peut épingler la configuration d’un
budget destiné à couvrir toute la législature alors qu’en réalité il
ne pourra servir que la moitié de l’année 2017 ; la révision à la
hausse des prix des denrées de base ; pas de ligne budgétaire
clairement tracée pour la gestion de la question d’insécurité ; le
manque de vision pour diversifier l’économie nationale plutôt que se
cantonner sur le seul secteur minier ; etc.

Dom