Marches croisées ce dimanche 25 février : laïcs catholiques face aux Kabilistes

1
457

Annoncée de longue date pour ce dimanche 25 février 2018, la marche initiée par le Comité Laïc de Coordination, avec la bénédiction de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo), risque d’être perturbée, à Kinshasa notamment, à la fois par les forces de l’ordre et des structures proches de la famille politique du Chef de l’Etat. En effet, des jeunes qui se réclament du PPRD (Parti du Peuple pour la Démocratie et le Développement) ainsi que des Musulmans qui revendiquent le statut de « Kabilistes.

            Les uns et les autres prétendent avoir résolu de « marcher » pour soutenir le calendrier électoral et la tenue des élections à la date du 23 décembre 2018.

            Si des jeunes du PPRD, qui clament haut et fort leur appartenance à l’Eglise catholique, ont promis de prendre part aux messes et à la marche du CLC par respect pour le mot d’ordre des laïcs catholiques, des musulmans qui se disent Kabilistes ont juré de faire autant. Et, pour imprimer un cachet officiel à leur démarche, ils ont saisi, par lettre, le gouverneur de la ville de Kinshasa.

            Le décor des dérapages semble solidement planté car les « musulmans kabilistes » ont retenu des itinéraires bizarres, dont les points de départ se trouvent être leurs mosquées et, les points de chute, des paroisses catholiques. A titre d’exemple, les marcheurs ayant pour point de ralliement la mosquée de la 7me Rue Limete devraient faire mouvement vers la paroisse Saint Joseph à Matonge ; ceux d’Isiki au rond-point Huileries à Lingwala devraient cibler la Cathédrale Notre Dame du Congo ; ceux de la mosquée Okapi à Delvaux devraient converger vers la paroisse Saint Sacrement ;  ceux de la mosquée Taqwa à Masina (Sans fil) devraient se diriger vers la paroisse Sainte Thérèse de Ndjili tandis que ceux de la mosquée Citas à Barumbu devraient viser la paroisse Saint Anne à Gombe.

            Lorsque l’on observe le modus operandi de ces Kabilistes musulmans, l’on constate qu’ils prennent pratiquement en tenaille les fidèles catholiques, en allant dans le sens inverse, pour leur barrer manifestement le passage.

            Il est évident qu’il y a de la provocation en l’air. Car, d’une part, les jeunes du PPRD auraient pour mission d’infiltrer les rangs des chrétiens catholiques ainsi que des membres des forces politiques et sociales solidaires de leur cause visant l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre et, d’autre part, les musulmans kabilistes se chargeraient de la sale besogne de faire écran à leur progression sur les artères de Kinshasa.

            Bien qu’ instruits de ne se munir que de bibles, de crucifix, de rameaux et de chapelets, de ne pas répondre aux provocations et de ne se livrer à aucun acte de violence, les participants à la marche du Comité Laïc de Coordination risquent de ne pas passer un dimanche tranquille sous la triple pression des jeunes du PPRD, des Musulmans kabilistes et des forces de l’ordre. Par conséquent, la marche du 25 février 2018 risque de s’écrire en lettres de sang, à l’image de celles du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018. Il serait fort malheureux qu’une marche voulue pacifique connaisse des dérapages par la faute de tous ceux qui perçoivent désormais l’Eglise catholique comme l’appendice de l’Opposition radicale, alors que l’adhésion des masses aux activités du Comité Laïc de Coordination se veut l’expression de leur désaveu des gouvernants qui n’ont pas pu, depuis la chute de Mobutu il y a plus de 20 ans, leur procurer un travail décent qui leur permette de manger à leur faim, de se loger décemment, de se payer des soins de qualité, d’envoyer leurs enfants à l’école, de voyager confortablement dans des bus, trains, avions et bateaux, de s’offrir des loisirs sains, bref de construire leur avenir. On l’a déjà dit et répété : tant que la misère va continuer de frapper le grand nombre, elle fera forcément le lit de l’Opposition.

            Kimp

1 COMMENT

Comments are closed.