Marche du 21 janvier 2018 : plainte de la famille Kapangala contre le général Kasongo

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Après une fin de non-recevoir réservée à la plainte contre inconnue déposée par leur avocat conseil, Maitre Kabengele, la famille de Decahade Thérèse Kapangala vient de porter plainte contre le général Sylvano Kasongo, commandant de la police/ville de Kinshasa, et des éléments sous commandement.

Pour la famille de l’aspirante religieuse catholique fauchée dans la concession de la paroisse Saint François de Sales, dans la commune de Kitambo lors de la marche du 21 janvier 2018 organisée par les laïcs catholiques, leur fille a été tuée par balle par des policiers
obéissant aux ordres de leur hiérarchie, représentée par le Commissaire Provincial de la police/ville de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo.

En attendant la suite judiciaire du dossier, le père de Dechade Kapangala, officier de police de son état, continue de vivre dans la clandestinité, de même que plusieurs membres de la famille. L’abbé curé de la paroisse Saint François des Sales, qui se trouve être aussi
un des oncles de l’illustre disparue, dénonce les menaces dont ils sont l’objet de la part des personnes non identifiées.

On rappelle que la famille de l’aspirante avait éprouvé beaucoup de peine pour retirer sa dépouille mortelle bloquée à la morgue de l’ex-hôpital Mama Yemo, à Kinshasa. Il avait fallu du temps pour obtenir la levée de la mesure.                                                                                                                          EW
Famille Thérèse Kapangala Déchade, Avenue Matadi-Mayo, Quartier Itimbiri
Commune de Kintambo, Ville de Kinshasa
Tél + 243 814244949, 815147074, 820230500

Kinshasa, le 13 février 2018

A :
– Monsieur le Procureur Général de la République
– Monsieur l’Auditeur Général des FARDC;
Tous à Kinshasa/Gombe

Messieurs les plus hauts  magistrats civil et militaire,

Concerne : Plainte contre le général Sylvano Kasongo, Commissaire
Provincial ville de Kinshasa et les éléments sous son commandement en
date du 21 janvier 2018 pour assassinat de Mme Thérèse-Dechade
Kapangala Mwanza.
Après une plainte contre inconnue vous déposée par notre Avocat
Conseil, Maître Kabengele Ilunga, usant des régies de sa profession
d’Avocat, mais restée sans suite, même pas accusé de réception. Nous,
membres de la famille Thérèse Dechade Kapangala Mwanza, au vu des
éléments de preuve en notre possession, vous saisissons à nouveau de
la plainte contre le Général Sylvano Kasongo, Commissaire Provincial
de la ville de Kinshasa et les éléments de la Police Nationale
Congolaise sous son commandement pour l’assassinat de notre fille et
soeur prénommée en date du 21 janvier 2018.
En effet, en date du dimanche 21 janvier 2018, feu Thérèse-Dechade
Kapangala Mwanza, Aspirante à la vie religieuse chez les Soeurs de la
Sainte Famille de Bengame, née le 09 septembre 1993, donc âgée de 24
ans, résidant sur l’avenue Matadi-Mayo n°301 dans la commune de
Kintambo, s’est rendue à la Paroisse saint François de Sales pour
participer à la messe comme dans ses habitudes chrétiennes, son
engagement à l’Eglise et aux activités paroissiales étant témoigné par
les différents fidèles.
En cette date, à la sortie de la messe, aux environs de 9 heures, les
éléments de la police nationale congolaise sous les ordres du général
Sylvano Kasongo, avait commencé à lancer des gaz lacrymogènes pour
réprimer les chrétiens qui voulaient répondre à l’appel à la marche
lancé par le Comité Laïc de Coordination. Ces chrétiens, accompagnés
de leurs pasteurs, n’avaient pas pu faire 20 mètres de marche à cause
des rafales des gaz lacrymogènes, et s’étaient repliés dans l’enceinte
de la susdite église pour leur sécurité. ils n’avaient en mains que
les crucifix, les chapelets et les rameaux, tout en exécutant des
chants en l’honneur de la Vierge Marie.
Se trouvant dans l’enseigne de la paroisse saint François de Sales où
ils se croyaient à l’abri des poursuites des éléments de la Police
après que la grille d’entrée a été fermée, les éléments sous le
commandement du Général Sylvano Kasongo avaient parqué leur véhicule
juste devant la grille et un élément de la police était monté sur
ledit véhicule pour avoir accès à la vue de l’intérieur de la
concession de la paroisse. Y ayant eu accès, une voix semblable à
celle d’une femme avait ordonné : «Tirez», et l’élément de la Police
armé qui était monté sur le véhicule avait commencé à tirer à balles
réelles sur les chrétiens repliés dans l’enceinte de la paroisse et
ce, en rafale, atteignant mortellement notre fille et soeur
Thérèse-Dechade Kapangala Mwanza.
C’est en effet, dans ces circonstances de temps et de lieu qu’une
balle ciblée avait touché la victime, l’aspirante Thérèse -Dechade
Kapangala, la transperçant la c$ote droits touchant le coeur et
sortant par le bras gauche. La victime était tombée sur place, et
avait rendu l’âme, pendant que les autres chrétiens, en vain,
tentaient de la sauver, notamment le Docteur Sondji qui était sur
place. Il est d’un intérêt d’insister sur le fait que la balle avait
atteint la victime dans l’enceinte de la concession paroissiale,
devant la porte d’entrée de l’Eglise. L’activité criminelle à laquelle
s’était adonnée la bande à Suylvano Kasongo a laissé des impacts de
balles réelles encore visibles sur le mur de la paroisse.
Constatant le fait, car étant encore dans l’enceinte de la Paroisse,
un de nous, l’Abbé Joseph Musubao, l’oncle de la victime et qui était
aussi célébrant principal de la messe du 21 janvier 2018, avait
rapidement téléphoné à la Croix-Rouge et à la Monusco afin qu’ils
l’aidassent à acheminer le corps de Thérèse à la morgue. il avait pu,
peut-être miraculeusement, arriver à la morgue centrale de Kinshasa,
où le corps a été enregistré le même dimanche, avec un badge
d’identification remis au déposant du corps, contrairement au mensonge
soutenu par un certain officiel selon lequel, ceux qui avaient déposé
le corps avaient pris fuite et que le corps n’était pas identifié en
même temps qu’il soulevait que la victime était amenée blessée.
Après cet assassinat, nous avons eu à souffrir pour parvenir à
embaumer et retirer le corps de notre fille et soeur. C’est donc grâce
aux diligences de notre Avocat Conseil que l’Auditorat Supérieur de la
Gombe fera une réquisition d’information à l’adresse du médecin
légiste au constat sur le corps de l’embaument et de la livraison
dudit corps à la famille.
C’est à la suite de cette réquisition que le corps de notre fille et
soeur nous a été remis en date du 08 février et il a été mis en terre
en date du 09 février 2018 au cimetière Nécropole.
Le jour de l’enterrement, au retour du cimetière, entre 16 et 17
heures, au moment où les gens passaient en file pour consoler la
famille représentée pour la circonstance par l’Abbé Joseph Musubao,
celui-ci a eu entendre de la bouche de trois personnes inconnues de
lui, chacune à son passage, un même message de menace : «Monsieur
l’Abbé, vous avez commencé à compter les martyrs, vous en compterez
davantage».
Au vu des circonstances de l’assassinat de notre fille et des menaces
qui continuent à peser sur la famille, nous demandons à votre office
de mener une enquête pour élucider les raisons qui ont poussé le
Général Sylvano Kasongo à envoyer ses éléments tuer notre fille et
soeur, identifier le donneur d’ordre et l’exécutant de cet assassinat
aux apparences de crime contre l’humanité parce que perpétré dans un
lieu protégé par les conventions de Genève, à savoir dans l’espèce,
l’église.
Le faisant, vous aurez contribué à la bonne administration de la justice.
Ne doutant pas un seul instant des soins d’urgences que chacun de
vous accordera à la présente plainte, les plaignants vous prient de
croire à l’expression de leur haute considération.

Fait à Kinshasa, le 13 février 2018

Les plaignants :

1. Mme Mado NLongo
2. Abbé Joseph Musubao
3. Jean-René Mabwilo