Mapping Report : «Face aux intérêts étrangers contraires» à ceux de la RDC, le gouvernement a capitulé, dénonce le MLC

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Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) n’est pas du tout tendre à l’égard du gouvernement, dans les conclusions de la session ordinaire de son Bureau Politique tenue le week-end dernier à Kinshasa. L’un des points qui a le plus révolté les cadres de ce parti, c’est le mémo du gouvernement produit en guise de réplique au « Mapping Report » du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies. A cet effet, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « capitulation de notre gouvernement face à des intérêts étrangers qui sont contraires à ceux de la national congolaise tout entière ».
 
            Le MLC se place dans le camp de ceux qui pensent que la mémoire de plus de 5 millions de Congolais morts entre 1996 et 2003 de suite des conflits armés à répétition instrumentalisés par des Etats étrangers exige des réparations morales au niveau de la justice internationale. Les observateurs saluent une telle option, de même que l’honnêteté des dirigeants de ce parti qui, tout en ignorant par l’implication de leurs propres troupes, du temps de la belligérance, dans les violations des droits de l’homme épinglées par l’ONU, s’inclinent d’avance devant son contenu.
         Le parti de Jean-Pierre Bemba souhaiterait même que les enquêteurs onusiens ouvrent les pages de leur document aux violations des droits humains commises durant la période allant de 2003 à 2010. Beaucoup voient dans le rapport de l’ONU de nouveaux préalables à la réconciliation nationale, dans ce sens que ceux qui ont tué, violé, torturé à mort, mangé de la chair humaine ou entretenu des fosses communes, et qui n’ont jamais eu le courage de se confessent publiquement, accepter enfin de se présenter devant la justice internationale pour justifier leurs actes, faire amende honorable et subir, le cas échéant, la rigueur de la loi. En d’autres termes, le pays ne peut pas progresser dans la voie de la justice si l’impunité continue d’envelopper des faits gravissimes comparables au génocide.
         S’agissant de l’Etat de la Nation, le MLC redoute une démocratie à double vitesse, à travers le calendrier électoral illégal de la CEI et une campagne électorale déclenchée avant terme par le pouvoir en place. Aussi en appelle-t-il à la mise en place urgente de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), dès l’ouverture de la session du Parlement, dans le respect strict de sa neutralité, de son indépendance et de son inclusivité.
         Le social et l’économie vont très mal, selon François Muamba et ses pairs, au point que les 5 chantiers de la République et l’Atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE prennent la configuration de slogans creux. Quant à la sécurité, elle demeure le ventre mou de la période post-conflit.
         A l’heure où les partis et regroupements politiques congolais rivalisent en « Universités », « Conclaves », « Congrès », « Sessions Extraordinaires » et où les vacances parlementaires donnent lieu à des pré-bilans controversés de la première législature de la 3me République, l’on peut considérer la sortie du MLC comme un sévère avertissement à l’ensemble de notre classe politique. Les animateurs des institutions de la République, aussi bien que ceux de l’opposition parlementaire et extra-parlementaire devraient se remettre en question pour réfléchir chacun sur sa part de responsabilité dans ce qui nous est arrivé entre 1996 et 2010 et sur les pistes à explorer pour apporter le sourire à nos compatriotes aux plans politiques, économique et social.
 
KIMP
 
 
 

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