Manifestations publiques : «Ensemble» accuse le pouvoir de favoriser la MP

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Réunis hier jeudi 12 avril 2018 au siège du G7, le bureau politique de l’Ensemble, sous la direction de son vice président, Pierre Lumbi assisté de Delly Sesanga , secrétaire général de la plateforme, a fustigé la discrimination  du pouvoir sur les manifestations publiques, autorisant celles des partis de la Majorité comme le PPRD qui est déjà en précampagne électorale, et interdisant systématiquement les manifestation des partis de l’opposition.

Les sociétaires de l’Ensemble, qui n’entendent pas reculer face aux dérives du pouvoir, ont annoncé par la bouche de leur porte-parole, Jean Bertrand Ewanga,  des actions des grande envergure sur l’ensemble du territoire national dans les tout prochains jours.

Tout en invitant la population à la mobilisation pour gagner la bataille de l’alternance, les «Katumbistes» ont promis de ne ménager aucun effort pour user de leur droit  de manifester reconnu dans la Constitution.

La méga plateforme pro Katumbi, qui souscrit  à la déclaration de toute l’opposition  contre l’usage de la machine à voter aux élections du 23 décembre 2018,  accuser le pouvoir de torpiller le processus électoral, avec la complicité de la Commission Electorale Nationale
indépendante.

Déclaration du Bureau politique d’Ensemble pour le Changement
1. Le Bureau politique d’ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT’, s’est réuni ce
jeudi 12 avril 2018, sous la présidence de son Vice-Président,
Monsieur Pierre LUMBI OKONGO.
2. Au cours de cette réunion, les membres du Bureau politique ont
procédé notamment à l’évaluation de la situation politique de la
République Démocratique du Congo, en général, et de l’état du
processus électoral, en particulier.

I. SITUATION POLITIQUE DE LA RDC
3. Le Bureau politique relève que la situation politique de la RDC
reste préoccupante et de mauvais augure.
4. En effet, l’insécurité persiste à l’Est, plus précisément à Béni et
Butembo, dans la province du Nord-Kivu et en lturi où des conflits,
jadis résolus, ressurgissent, entrainant mort d’hommes au sein de la
population civile, déplacement interne des millions des Congolais et
exil des centaines des milliers d’autres dans les pays voisins, vivant
dans la plus grande précarité et dans un dénuement total.
5. ENSEMBLE stigmatise l’incapacité et le manque de volonté politique
du gouvernement du Président Joseph Kabila de mettre fin à la crise
sécuritaire qui détruit notre pays depuis plus de 10 ans.
6. ENSEMBLE désapprouve la banalisation de la détresse du Peuple
congolais par ce gouvernement et condamne fermement
l’irresponsabilité, l’inconscience et le cynisme criminels des
autorités gouvernementales de la RDC qui, en refusant pour des raisons
fallacieuses de participer à la conférence des donateurs humanitaires
prévue à Genève le 13 avril courant, entravent l’action de la
communauté internationale pour secourir des compatriotes qu’elles ont
abandonnés délibérément dans leur stratégie d’instrumentalisation de
l’insécurité et des conflits locaux pour se maintenir au pouvoir.
7. Au lieu de considérer cette conférence des donateurs comme une
opportunité,  le gouvernement congolais a fait le choix d’un plaidoyer
pour priver  la population congolaise de la solidarité internationale.
8. ENSEMBLE lance un appel à la communauté internationale des nations
à ne pas abandonner le Peuple congolais à la merci du pouvoir actuel
et à entreprendre toutes actions nécessaires pour soulager la misère
des 4.000.000 des Congolais déplacés internes et des 300,000 d’entre
eux réfugiés en Angola, , au Burundi, en Ouganda, au Rwanda et en
Tanzanie.

II. LA DECRISPATION POLITIQUE

9. ENSEMBLE fustige le manque de volonté politique du régime en place
d’assurer la mise oeuvre effective, complète et intégrale de l’Accord
politique global et inclusif du 31 décembre 2016, unique feuille de
route consensuelle pour la sortie du pays de la crise par la tenue des
élections crédibles, inclusives, libres, transparentes et apaisées,
10. L’espace politique reste fermé. Les manifestations et réunions
publiques sont toujours interdites aux partis politiques de
l’opposition et aux mouvements citoyens, ce qui ne contribue nullement
à la restauration de la confiance nécessaire entre les acteurs
politiques pour des élections apaisées.

11.     Le Bureau politique souligne, en outre, qu’aucun cas emblématique
n’a été résolu. Ainsi, Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala et
Frank Diongo croupissent encore injustement en prison. Les poursuites
judiciaires à motivation politique contre les opposants se multiplient
comme stratégie du pouvoir pour bloquer certaines candidatures et
empêcher l’alternance. Rien n’est entrepris pour faciliter le retour
au pays, en sécurité, des compatriotes contraints à l’exil politique
dont Antipas Mbusa Nyamwisi.
12. A ce sujet, ENSEMBLE condamne avec la dernière énergie
l’acharnement du pouvoir contre son Président, Monsieur Moïse Katumbi
Chapwe, candidat à la prochaine élection présidentielle. En dépit de
son innocence prouvée par la Commission de décrispation politique de
la Conférence Episcopale Nationale ‘ du Congo, CENCO, Monsieur Moïse
Katumbi est toujours victime de l’arbitraire et du harcèlement
judiciaire par le pouvoir. Procès après procès, le pouvoir ne cesse
d’inventer grossièrement des affaires à sa charge afin d’obtenir sa
condamnation par une justice instrumentalisée et expéditive à des
peines privatives de l’exercice des droits politiques, dans le seul
but de l’empêcher de participer à la prochaine élection
présidentielle.
13. Le Bureau politique demande au Procureur Général de la République
d’exercer son ministère en toute indépendance et impartialité et
d’arrêter toutes poursuites fantaisistes et injustes contre Moïse
Katumbi et de lui garantir une égale protection des lois comme tout
Congolais afin de contribuer à l’organisation des élections apaisées
en RDC et de participer positivement à la décrispation politique.
14. Dans le but et constatant, en plus, le traitement discriminatoire
des Congolais par le gouvernement qui r connait à la Majorité
présidentielle seule la liberté cl ‘organiser ses manifestations dans
les lieux publics et l’interdit en même temps à l’opposition, ENSEMBLE
exige la levée de toutes les entraves à l’exercice des libertés
publiques, notamment à l’organisation des manifestations et réunions
publiques pacifiques par les formations politiques, les associations
de la société civile et les mouvements citoyens au même titre que le
PPRD et ses alliés.
15. Quoiqu’il en soit, ENSEMBLE avertit qu’il entend faire usage de sa
liberté constitutionnelle de manifester dans les prochains jours à
travers la RDC.
16. ENSEMBLE exige le retour immédiat au pays de la dépouille mortelle
d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire et la remise du
corps de Rossy Mukendi à sa famille pour son inhumation en toute
dignité.

III. PROCESSUS ELECTORAL
17. Le Bureau politique stigmatise l’irresponsabilité et le
machiavélisme du gouvernement du Président joseph Kabila qui s’évertue
à torpiller le processus électoral notamment en rejetant tout
financement extérieur sans pour autant décaisser suffisamment des
fonds pour sécuriser la tenue effective des élections à l’échéance du
23 décembre 2018.
I8.Le Bureau politique dénonce l’obstination de la Commission
Electorale Nationale Indépendant, CENI, d’imposer au Peuple congolais
la machine à voter sans base légale ni consensus national sur cette
machine critiquée, du  reste, par le pays du fabricant, la Corée du
Sud et plusieurs partenaires  extérieurs de la RDC.
19. Le Bureau politique souscrit à la déclaration commune de
l’opposition  du 11 avril 2018 à ce sujet.
20. Le Bureau politique réaffirme sa détermination à participer à des
élections crédibles, inclusives, libres, transparentes et
démocratiques, le 23 décembre 2018 et ce, sans machine à voter.
21. Il appelle la classe politique et toute la population congolaises
à rejeter la machine à voter conçue par la Majorité présidentielle et
la CENI pour tricher les élections et créer le chaos électoral en RDC.
22.Le Bureau politique appelle la population congolaise à demeurer
vigilante et constamment mobilisée pour défendre la démocratie et
exiger l’application intégrale de l’Accord du 31 décembre afin de
garantir la tenue des élections inclusives, libres, transparentes et
apaisées le 23 décembre 2018.
23. Le Bureau politique lance à la Majorité présidentielle le défi de
présenter au peuple congolais son candidat Président de la République
ainsi que son programme au lieu de s’appliquer à monter des stratégies
diaboliques de destruction du pays et des institutions républicaines
instrumentalisées à souhait.
24. Il demande à la CENI de renoncer à la machine à voter et de
s’abstenir de tout ce qui peut exacerber les tensions politiques et
compromettre la tenue des élections pacifiques en RDC;
25. Le Bureau politique d’ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT salue le vote
par le Conseil de sécurité des Nations Unies de la Résolution 2409
reconduisant le mandat de la MONUSCO et le renforçant dans la
protection de la population civile et la gestion du processus
électoral.
26. Le Bureau politique d’ENSEMBLE demande à l’UA, la CIRGL, la SADC,
l’OIF et à toute la communauté internationale de continuer à
accompagner, sans désemparer, le processus électoral sur base des
recommandations de la Résolution 2409.
27. A cet effet, il appelle notamment à la mise en place effective et
rapide d’un plan de contingence pour la neutralisation des groupes
armés et la protection des populations civiles pour prévenir tout
dérapage à venir.
28.Le Bureau politique invite le Peuple à la mobilisation et à exercer
sans relâche les pressions internes notamment par les manifestations
pacifiques pour contraindre le Président Kabila et ses partisans à
respecter la Constitution et à ne pas restaurer, en RDC, la dictature
de triste mémoire.

Fait à Kinshasa,
le 12 avril 2018