Manifestations contre la Loi électorale : la liste de la Monusco déjà au Conseil de sécurité

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conseil de securiteLe représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, Martin Köbler, a indiqué, hier mercredi 28 janvier 2015 au cours d’une conférence de presse, que la Monusco a suivi de près les manifestations contre la Loi électorale, observées tant dans la capitale qu’à l’intérieur de la RD Congo, du 19 au 21 janvier 2015. « Notre section Droits de l’homme est engagée pour vérifier le bilan de ces événements et demander aux autorités de favoriser les conditions d’un État de droit… » a-t-il d’emblée répondu à une question liée à une série d’enlèvements des activistes des droits de l’homme et des opposants politiques.

Prenant particulièrement le cas de Christopher Ngoy Mutambo, le patron de la Monusco a déclaré que la Monusco a bel et bien des informations sur lui ainsi que d’autres personnalités de l’opposition dont la liste a été présentée aux membres du Conseil de sécurité qui sont par ailleurs au parfum de la situation des droits de l’homme à Kinshasa et ailleurs. Il recommande, enfin, au gouvernement congolais et à la justice de ne rien faire qui puissent compromettre la paix sociale. « On va suivre cette situation… » a promis Köbler.

Concernant toujours la situation de Christopher Ngoy, il convient de noter que l’organisation internationale de protection des droits de l’homme, Human Rights Watch, s’est inquiété, de son interpellation il y a plus d’une semaine, en pleine rue par des éléments de la police militaire, alors qu’il se trouvait en terrasse avec des amis.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a estimé que tout est normal dans cette affaire, car Christopher Ngoy Mutambo est entre les mains de la justice à Kinshasa. « Nous avons été informés par les services de la police et non, par les services de renseignements. Il a été arrêté par ces services et il est à la disposition du parquet de Kinshasa. A ma connaissance, l’instruction préjuridictionnelle en RDC est secrète. Il n’y a donc que ses avocats qui sont en droit d’interroger la justice. Je ne pense pas qu’il y ait un problème. La justice n’est pas sous le contrôle de Human Rigths Watch, la justice n’a pas à lui rendre compte, et même pas au gouvernement, alors il faut un peu de modestie pour les ONG qui sont nos partenaires en RDC. » a-t-il expliqué

Il convient de noter que depuis 48 heures, l’opposition politique, toutes tendances confondues, a lancé une opération solennelle d’identification des morts et blessés des manifestations du 19 au 21 janvier 2015.  Ainsi, elle a demandé à la population de signaler toutes les victimes aux fins de faciliter le travail de la commission d’enquête pour connaitre et sanctionner les auteurs.

Tshieke Bukasa