Manifestation du 19 septembre : un malade mental écope de 2 ans de prison et 200.000 FC d’amendes

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En audience foraine, le procès des manifestants du 19 au 20 septembre, pour la convocation de l’électorat par la CENI en vue de la présidentielle, a débuté le vendredi 23 septembre 2016 au Tribunal de grande instance de la Gombe, puis s’est poursuivi le samedi 24
septembre à la Prison centrale de Makala. Dans la quasi-totalité de chambres, le jugement a été sans appel : condamnation à des peines d’emprisonnement ferme.

En effet, pleurs, colères, grogne et grincements des dents étaient au rendez-vous dans toutes les familles venues accompagner et soutenir les leurs aux arrêts, depuis les lundi et mardi 19 et 20 septembre, et déférés devant la justice. Chaque chambre, notons-le, prenait en charge jusqu’à près de dix affaires. Dans le lot, des dossiers liés aux mineurs constatés sur le lieu, ont été suspendus pour être transférés devant les Tribunaux pour enfants.

Presque toutes les catégories sociales ont défilé devant les juges : jeunes filles, adultes cinquantenaires, militants des partis politiques, fonctionnaires de l’Etat, vagabonds, étudiants, «shégués», etc. Quelques cas cocasses ont attiré l’attention de l’assistance.

A titre exemplatif, un fonctionnaire déféré devant le juge a
affirmé avoir été pris par des forces de sécurité au moment où il
portait secours à un blessé. Sur fond du rapport de la Police
judiciaire et de l’audition du parquet, le juge l’a condamné à deux
ans d’emprisonnement ferme et au paiement d’une amende de 200.000 FC.
Presque toutes les affaires traitées le samedi 24 septembre 2016
n’ont eu qu’une seule sentence : peine d’emprisonnement et amende.
Appelé devant le tribunal, un jeune homme d’une trentaine
d’années, répondnt au nom de Nono Lweso, signalé comme malade mental
et asthmatique par ses avocats, a lui écopé d’une peine de deux ans
d’emprisonnement ferme avec arrestation immédiate et d’une amende de
200.000 FC. Ses avocats ont d’un revers de la main balayé cette
sentence, la jugeant « illégale et inconstitutionnelle », dans la
mesure où ils ont présenté au juge une attestation médicale signée en
bonne et due forme par un neuropsychiatre, en sus d’autres moyens de
droit. « En condamnant une personne déclarée malade mentale, le
tribunal a violé ses propres principes. Nous sommes convaincus que le
juge a violé la loi qu’il est censé faire respecter. Nous pensons que
des pesanteurs politiques ont pris le dessus sur le droit. La main
noire se trouvant dans l’incapacité et dans l’impossibilité
d’atteindre sa principale cible, s’acharne sur le menu fretin comme
mon client… », a indiqué un des avocats de ce condamné.
C’est ce lundi 26 septembre 2016 que reprennent les audiences
foraines à la prison centrale de Makala.
Tshieke Bukasa