Mamadou : un procès public pour évacuer les doutes

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1558558_771667046180142_1347535623_nAssassiné le 02 janvier 2014 dans la périphérie de la ville de Beni, au Nord-Kivu, le colonel Mamadou Ndala n’en finit pas de hanter le quotidien des Congolais en général et des autochtones de l’Est du pays en particulier. Après avoir vainement réclamé l’organisation de ses funérailles à Goma ou Beni, les populations de cette partie de la République en sont aujourd’hui à exiger un procès public, à organiser de préférence par l’auditorat militaire supérieur du Nord-Kivu.

A dire vrai, cette préoccupation est largement partagée tant au sein des populations civiles que des troupes des FARDC basées dans cette province. Car, dans l’imagerie populaire, le colonel Mamadou a été victime d’un complot ourdi contre lui par ses propres compagnons d’armes, pour des raisons non encore élucidées. L’annonce de l’arrestation de plusieurs suspects, parmi lesquels des soldats et officiers de l’armée nationale opérant au Nord-Kivu, n’a fait que renforcer la thèse du complot.

Il y a lieu de retenir que dans les instants qui avaient suivi la froide exécution de l’homme que toute la République continue de pleurer, plusieurs langues s’étaient déliées. Le témoignage qui avait le plus intrigué nos compatriotes, c’est celui de l’un de ses gardes du corps, qui avait affirmé avoir vu des éléments porteurs de l’uniforme des FARDC dépasser leur jeep et lancer une roquette en direction de son chef. C’est par miracle qu’il avait lui-même échappé à la mort, les exécuteurs du colonel Mamadou l’ayant pourchassé, sur une longue distance, à travers la forêt de la périphérie de Beni. Manifestement, l’intention d’éliminer ce témoin gênant ne fait l’ombre d’aucun doute. Et l’on croit savoir que si le procès des assassins du défunt est organisé dans des délais raisonnables, plusieurs témoins à charge pourraient défiler devant la barre pour éclairer la lanterne de tous.

En ce moment où le monde cherche absolument à connaître la vérité sur les tenants et aboutissants de l’assassinat de celui qui passait pour l’un des héros de la guerre du Kivu, marquée par la défaite historique du M23 en octobre 2013, la justice militaire devrait faire diligence dans la collecte des données pouvant permettre l’ouverture rapide du procès des présumés criminels et commanditaires.

Il y a nécessité urgente d’évacuer les doutes qui tourmentent de nombreux esprits, tant chez les compatriotes civils que militaires. On veut connaître les véritables exécuteurs du plan d’élimination physique du colonel Ndala Mamadou, leurs complices civils et militaires, ainsi que la main noire ayant conçu et éventuellement financé l’opération. Compte tenu du niveau évoluait le défunt dans la chaîne de commandement militaire au Nord-Kivu et surtout de l’aura dont il jouissait depuis qu’il avait largement participé, au sein des unités de réaction rapide des FARDC, au démantèlement de la rébellion du M23, cet officier supérieur ne pouvait pas trouver la mort à la suite d’un bête accident.

Ceux qui avaient décidé de lui donner gratuitement la mort devraient avoir longuement mûri leur funeste projet avant de le mettre à exécution. Mais qui en voulait au Colonel Ndala, un digne combattant totalement engagé dans la défense de la cause de la patrie ? C’est cette énigme là que l’on voudrait voir la justice militaire tirer au clair, afin d’apaiser des millions de compatriotes révoltés par son assassinat, lequel a tout l’air d’un complot contre la République.

 

Course contre

la montre

         Tous ceux qui, au sein de la hiérarchie et de la justice militaire, qui sont en contact avec le dossier de l’assassinat du colonel Ndala devraient se considérer comme des compétiteurs engagés dans une course contre la montre. Le temps leur est vraiment compté par des millions de Congolais du Nord-Kivu et d’ailleurs, en vue de leur apporter des réponses édifiantes au sujet de ce qui s’était réellement passé le 02 janvier 2014 dans la périphérie de Beni. Plus le temps passe, et davantage l’opinion publique risque d’avoir le sentiment qu’on voudrait lui cacher des choses.

Comme le fer en fusion, le dossier des présumés assassins du colonel Mamadou a besoin d’être poli sans délai. Plus vite les criminels et leurs parrains seraient identifiés et passés en jugement, mieux cela vaudrait pour l’éclatement de la vérité. Par contre, une trop longue attente risque d’émousser les esprits et de cristalliser le sentiment que l’on voudrait maintenir le flou à l’infini.        KIMP

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