Malumalu au pied du mur

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Les jours de l’abbé Apollinaire Malumalu et de la CEI (Commission Electorale Indépendante, sont désormais comptés. Comme on s’y attendait, le président de l’Assemblée Nationale, Evariste Boshab, a répondu aux craintes des millions de Congolais dès l’ouverture de la session ordinaire en cours, le mercredi 15 septembre 2010. Le numéro un de la Chambre basse du Parlement a en effet fixé au 25 septembre 2010 le délai butoir pour le dépôt, par l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) comme par l’Opposition parlementaire, des listes de leurs représentants au sein du Bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). 

            On rappelle que l’AMP bénéficie d’un quota de 4 délégués et l’opposition de 3, soit au total 7. Il convient de signaler aussi l’absence de la Société Civile et de l’Opposition extraparlementaire.

            Evariste Boshab a sans doute saisi l’état d’esprit qui prévaut au sein de la communauté nationale, où Malumalu et la CEI sont perçus comme des freins à notre jeune démocratie. Et ne pas mettre rapidement fin au mandat à durée indéterminée de cette institution, dans sa configuration de Sun City, risquait de faire croire à une complicité des députés nationaux dans sa survie anarchique.

            Très critiqué à cause de ses initiatives de nature à semer la confusion dans les esprits et à créer une tension inutile au sein de la classe politique et de l’électorat, l’abbé Malumalu devrait logiquement cesser ses incursions dans des matières exclusivement réservées à la CENI, telle la fixation du calendrier électoral. Le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo a eu le mérite de calmer la tempête en soulignant que le chronogramme affiché par Maluluma était perfectible. Pour ceux qui ont compris à demi mot, cela sous-entend que plus personne n’est prisonnier du calendrier électoral diffusé par la CEI. Tous ceux qui exigeaient des négociations politiques autour de ce document sont servis.

            Le prélat soulèverait sûrement moins de passions s’il s’était mis résolument, depuis la signature de l’Ordonnance présidentielle portant organisations et fonctionnement de la CENI, dans la peau d’un responsable chargé de l’expédition des affaires courantes. Malheureusement, avant de rendre le tablier, il a commencé à donner l’impression de vouloir s’accrocher à son poste et de reproduire les erreurs de 2005 dans la mise à jour du fichier électoral. On relève, à ce propos, que le travail précipité d’enrôlement et d’identification d’électeurs effectué l’année dernière à Kinshasa est à reprendre à zéro. Quel gâchis financier, politique et administratif ! S’agissant des opérations de révision du fichier électoral qui viennent d’être organisées au Bas-Congo, les réclamations fusent d’un peu partout concernant des milliers de villageois « oubliés » à cause de l’insuffisance des centres d’enrôlement et des caprices techniques des kits électoraux. En dépit des prolongations décidées ça et là, nombre de candidats électeurs vont manquer à l’appel de 2011 à 2013.

            On ose croire que l’abbé Malumalu et la CEI vont attendre sagement et tranquillement l’entrée en fonction, d’ici peu, des gestionnaires de la CENI, le nouveau pouvoir organisateur des élections de 2011 pour la passation du témoin. Au regard du caractère prioritaire que l’Assemblée Nationale accorde à ce dossier, l’ex-institution d’appui à la démocratie n’a plus de raison d’interférer dans des matières qui ne relèvent plus de sa compétence.

                                      Kimp.

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