Majorité Présidentielle : PALU : le naufrage !

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La nouvelle de la disqualification du Palu dans l’élaboration de la mouture faisant office de futur bureau définitif de l’Assemblée Nationale à proposer à la sanction des députés nationaux fait grand bruit dans les salons politiques de Kinshasa. Selon les derniers réglages opérés à la ferme présidentielle de Kingakati, sous la haute direction de l’ « Autorité Morale » de la Majorité Présidentielle, le poste de 1er Vice-Président devait revenir au Palu, mais à condition d’y positionner un ressortissant du Katanga. En effet, le Bandundu étant déjà présent au sein de cet organe, en la personne d’Aubin Minaku, proposé Président sur le ticket PPRD, cette province ne pouvait prétendre à un second délégué.

Il semble que du côté du Palu, on avait une autre lecture de la liste des candidats au Bureau de l’Assemblée Nationale. Pour les proches du Patriarche Antoine Gizenga, il appartenait à leur parti de gérer, selon son organisation interne et de manière discrétionnaire, sa représentation au Bureau de la Chambre Basse du Parlement.

Une vraie cacophonie s’est ainsi installée entre le Palu et la très haute hiérarchie de la Majorité Présidentielle. Pour le parti de l’ancien Premier ministre et Patriarche de Gungu, le candidat au poste de 1er Vice-Président du Bureau de l’Assemblée Nationale devait s’appeler Godefroid Mayobo, un nom bien connu du milieu et porte-parole. Dans l’entendement de l’Autorité Morale de la MP, le poste était toujours réservé au Palu mais avec comme représentant le Katangais Justin Kilubu.

Ce dernier ayant été formellement et publiquement désavoué par son propre parti, l’Autorité Morale s’est trouvée dans l’obligation de trancher dans le sens du respect du quota et de la position du Katanga au sein de l’instance dirigeante de l’Assemblée Nationale. Quant à la personnalité appelée à représenter cette province, elle a jeté son dévolu sur Charles Mwando, qui a assumé tout récemment la charge d’Informateur pour la collecte des données nécessaires à l’identification formelle de la « majorité parlementaire », préalables à la désignation du futur Formateur du gouvernement.

Le Palu ne fait plus peur…
Pour nombre d’observateurs, personne au sein de la Majorité Présidentielle n’aurait osé imposer un candidat au Palu dans le partage des postes au sein d’une institution de la République ou le disqualifier tout bonnement s’il avait encore son poids politique de 2006. Il y a cinq ans en effet, le parti du Patriarche Gizenga était présenté comme le principal et stratégique réservoir électoral de Joseph Kabila au Bandundu et à Kinshasa.

S’agissant de son groupe parlementaire, il était décisif dans le soutien des votes mécaniques de la famille politique du Chef de l’Etat au Palais du Peuple. Compte tenu de la précarité de la cohabitation AMP-PALU-UDEMO, le Président de la République et son pré-carré étaient appelés à gérer avec tact les ambitions politiques des troupes de Gizenga. Un cliché bien de chez nous s’était installé dans les esprits : une éventuelle rupture entre Kabila et Gizenga allait ouvrir la voie une crise politique de nature à faire imploser l’architecture institutionnelle mise en place en 2006.

Aujourd’hui, le Palu a été trahi par son mauvais score aux élections législatives nationales du 28 novembre 2011, avec moins de 10 députés élus. De méchantes langues affirment que sans le hold up électoral signé « CENI », la déroute serait totale pour le Parti Lumumbiste Unifié. La perte anticipée de la Primature par un de ses fils, Adolphe Muzito, avant l’investiture de son successeur constitutionnel, était perçue par certains observateurs comme un mauvais signal. En un mot comme en cent, la leçon à tirer de ce qui arriver à Gizenga et ses troupes est que le Palu ne fait plus peur à la Majorité Présidentielle.
Celle-ci peut se passer désormais de ses avis et caprices sans craindre pour son avenir politique ou celui de son « Autorité Morale ».

Série noire en chantier ?

Il se raconte, au sein de la classe politique congolaise, que la série noire ne ferait que commencer pour les cadres et militants du Palu. Même si la gestion de la législature de 2006 à 2011 a été collégiale et les responsabilités, en principe, partagées, il se trouve des compatriotes pour estimer que le gros lot aurait été décroché par les représentants d’Antoine Gizenga. Les pensées vont naturellement vers les dossiers de gestion qui seraient pendants au niveau des instances judiciaires.

On laisse entendre que nombre de délégués du Palu ayant participé à la gouvernance des affaires publiques (Gouvernement central, gouvernements provinciaux, entreprises du Portefeuille, institutions d’appui à la démocratie, petite territoriale, diplomatie, etc) auraient des comptes à rendre à la République.
Des limiers de la justice attendraient, soutient-on, sans autre précision, le signal de qui de droit pour ouvrir des informations judiciaires de nature à conduire à des interpellations de présumés prédateurs des biens et fonds publics.

Dans la psychose de rebondissements judiciaires de plusieurs « affaires », anciens ministres, gouverneurs et mandataires publics Palu seraient sur leurs gardes. En termes de rapport de forces, le Palu est visiblement phagocyté. Au risque d’être rattrapés par leur passé de gestionnaires, ses cadres se taisent, se contentant de bouder loin des couloirs du Palais du Peuple et des terres présidentielles de Kingankati.

Kimp

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