Majoration des tarifs des transports en commun : l’ISTA, l’UNIKIN et l’IBTP… en colère contre le gouverneur Kimbuta

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raLa ville de Kinshasa a connu, hier jeudi 10 mai 2018, une matinée très « chaude », suite aux manifestations de protestation des étudiants de l’ISTA (Institut Supérieur des Techniques Appliquées), de l’UNIKIN (Université de Kinshasa),  de l’IBTP (Institut des Bâtiments et Travaux Publics) contre la majorité des tarifs des transports en commun décidée par le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta. Le point le plus « chaud » était l’ISTA/Ndolo, dont les étudiants se sont saisis de plusieurs bus de la société Transco, sur les avenues Funa (qui passe devant leur établissement) et Poids Lourds
pour obliger les conducteurs à les amener au Palais du Peuple ou à l’Hôtel de Ville, en vue d’exprimer, de vive voix, leur colère à l’endroit des autorités compétentes l’autorité urbaine.

Mais des éléments de la police, instruits sans doute la veille par leur hiérarchie, les ont bloqués au croisement des avenues Kabinda/Kasa-Vubu pour les uns et Kabambare/Kasa-Vubu pour d’autres.

Aux gaz lacrymogènes et coups de feu tirés en l’air par des éléments de la police, les manifestants ripostaient par des jets de pierres et des chansons hostiles au pouvoir en place. En dépit du forcing des étudiants, les policiers ont réussi à les disperser, non sans créer un terrible mouvement de panique et une interruption momentanée de la
circulation routière sur les avenues Kabinda, Flambeau, Kabambare, Kasa-Vubu et même Poids Lourds.
Plusieurs bus de la société Transco étaient retirés du trafic et garés
du côté de la Force Navale, à Ndolo, sous haute surveillance
policière.
Selon plusieurs sources, des étudiants de l’ISC, qui voulaient sortir
de leur enceinte, ont été stoppés à l’intérieur de leur établissement
par des pelotons de policiers qui ont encerclé leurs installations aux
petites heures de la matinée.
Du côté de l’Université de Kinshasa (Unikin), en dépit du bouclage de
plusieurs issues de sortie par des éléments en uniforme, plusieurs
colonnes d’étudiants ont réussi à se mettre en mouvement à partir de
l’Intendance, à s’engager sur l’avenue de l’Université, jusque dans
les parages du rond point Ngaba. La présence policière était si
nombreuse qu’ils n’ont pu aller au-delà.
Mais, le gros des manifestants a marché à l’intérieur du site universitaire
Plusieurs arrestations ont été opérées dans les rangs des manifestants.

Exigence d’annulation de nouveaux tarifs

Malgré l’échec de leurs « marches », les étudiants menacent de
redescendre dans les rues si les tarifs des transports en commun (bus,
taxis, taxi-bus) ne sont pas ramenés à leur niveau d’avant la
majoration. On rappelle que selon la nouvelle tarification, la course
de 300 Fc revient maintenant à 500 FC, celle de 400 FC à 600 Fc, celle
de 500 Fc à 700 FC, celle de 1000 Fc à 1.200 Fc, etc. Intervenue de
manière intempestive, sans tenir compte du pouvoir d’achat de
l’écrasante majorité de la population, cette révision à la haute des
étiquettes au niveau des transports en commun vient d’installer un
gros malaise social au sein des masses paupérisées, dont les
étudiants.
Dans une déclaration faite après la visite de quelques
établissements, le ministre de l’Enseignement Supérieur et
Universitaire (ESU), Steve Mbikay, a laissé entendre que les
revendications de la communauté estudiantine de Kinshasa sont prises
en compte et seront examinées, incessamment, par qui de droit. Il
semble qu’une solution satisfaisante pourrait être trouvée.
L’opinion reste sceptique compte tenu la non maîtrise, par le
gouvernement congolais, du facteur ayant provoqué la hausse des tarifs
des transports en commun, à savoir les réajustements successifs des
prix de vente des produits pétroliers. Par ailleurs, les étudiants ne
sont pas l’unique catégorie d’usagers des transports en commun frappés
par l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Le dossier serait facile à traiter
si l’Etat congolais disposait d’une société publique dotée d’un
charroi capable de répondre à la demande du trafic urbain.
Kimp avec la collaboration de Guy Betofe et Nseka Gradi (Stagiaires/UPN)