Magouille : la gangrène

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 Il est encourageant d’apprendre que le gouvernement a pris la pleine mesure de la magouille qui gangrène le secteur des marchés publics dans notre pays. Mais pour rencontrer réellement la volonté du législateur, le souci de transparence ne devrait pas s’arrêter à la création des cellules de régulation ou d’autorégulation mais plutôt au niveau de la réception des travaux ou des produits ayant fait l’objet d’un appel d’offres.
Et, c’est ici que le bât a souvent blessé, surtout en ce qui concerne l’aménagement ou la réhabilitation des infrastructures, notamment routières. En République Démocratique du Congo, il est notoirement connu que les chaussées ont souvent eu une durée de vie singulière par rapport à celle définie dans les standards mondiaux. Alors que dans des pays où les décideurs et les citoyens font preuve de sérieux, une route asphaltée tient le coup pendant au moins dix ans avant de commencer à présenter des fissures, sous nos cieux, l’asphalte fout le camp au bout de 3 à 6 mois. Par conséquent, les artères urbaines et parfois nationales ressemblent à des tonneaux de Danaïdes, car engloutissant des millions de dollars américains tous les 6 mois.

 

 Le boom immobilier connaît le pays repose en grande partie sur l’enrichissement sans cause des concitoyens associés à la gestion des marchés publics. La question de l’heure est celle de savoir si les membres de différentes cellules ayant la charge de certifier la régularité de ce type de marchés feront preuve d’une dose suffisante de patriotisme, d’expertise et d’honnêteté pour épargner au Trésor Public, aux entreprises du Portefeuille ainsi qu’aux entités administratives et territoriales décentralisées les désagréments du pillage planifié.
 Auront-ils suffisamment de détachement vis-à-vis du matériel pour résister à la tentation de plantureuses commissions?
 Verrouiller en amont est déjà une très bonne chose. Il reste à savoir si, en aval, c’est-à-dire au niveau des structures habilitées à « réceptionner » les travaux d’infrastructures, le système de surveillance va fonctionner correctement. Ici aussi, la capacité des Congolais à résister aux espèces sonnantes et trébuchantes s’est avérée jusque-là bien faible.
 Bref, si la gangrène de la magouille l’emporte sur la volonté du législateur de jouer la carte de la transparence dans les marchés publics, la RDC va rentrer à la case départ, celle où l’attendent de pied ferme les criminels économiques.
Kimp

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