M23/ RCD-K-ML: Mbusa de nouveau au banc des accusés

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Cité il y a plus d’un mois comme un des possibles futurs leaders de la rébellion du M23 (Mouvement du 23 mars 2009), Antipas Mbusa Nyamwisi se trouve de nouveau au cœur de la controverse. A en croire des tracts jetés en quantité industrielle hier jeudi 02 août 2012 à travers les rues de la ville de Butembo, dans le Nord-Kivu, le président national du RCD-K-ML (Rassemblement Congolais pour la Démocratie-Kisangani-Mouvement de Libération) serait en collusion avec les agresseurs de la République Démocratique du Congo.

 Il était signalé dans les documents en question que le M23 et le RCD-K-ML auraient dressé des listes de notables et élites Nande, Nyanga et Tembo à éliminer physiquement dans un avenir proche. Il y est fait aussi état d’un plan de pillage des ressources naturelles et des biens privés, notamment des vaches. 
 Très en colère, les auteurs anonymes de ces tracts ont lancé des mises en garde à tous les autochtones, menaçants de sévir contre quiconque prendrait le risque d’adhérer à la rébellion. Au vu de la tension qui était montée d’un cran dans sa ville, le Maire de Butembo, Sikuli Uvasaka Makala, a dû lancer des appels à l’apaisement, tout en assurant ses administrés que la situation sécuritaire était sous contrôle des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo).
Paul Kagame, Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda étaient également présentés comme les architectes du M 23.
 Pourquoi le nom de Mbusa Nyamwisi revient-il constamment à l’avant-plan, dans son fief naturel du Nord-Kivu, alors que cet acteur politique, par le biais d’un de ses portes-parole à Kinshasa, avait déjà démenti, de la manière la plus formelle, tout lien avec les mutins du Mouvement du 23 mars 2009 ou leur branche politique coordonnée par le Bishop Lugerero ? Serait-ce à cause de son passé de rebelle au sein du RCD/Goma et du RCD-K-ML, d’ancien poulain de Yoweri Museveni, de dissident de la Majorité Présidentielle ou de candidat malheureux à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 ?

Chevaux de Troie de Kagame et Museveni en RDC

 En l’absence des preuves formelles de son implication dans les malheurs qui s’abattent présentement sur nos frères et sœurs de l’Est, il serait injuste de jeter la pierre sur Mbusa Nyamwisi. Toutefois, ces interrogations sans réponses traduisent le sentiment que ressentent de nombreux Congolais face aux complicités internes qui enveloppent le dossier sécuritaire du Nord-Kivu. Elles sont renforcées par des situations bizarres que l’on enregistre sur les différents fronts militaires, où des civils et militaires congolais font le jeu des agresseurs et leurs parrains. La guerre de l’Est de la République Démocratique du Congo est en train de révéler aux vrais patriotes que le pays est trahi par certains de ses propres fils et filles.
 Et, comme pour confirmer la présence des traitres parmi nous, Kagame a déclaré récemment,  dans une interview accordée à un média périphérique, que de nombreux décideurs congolais lui étaient redevables de leur ascension politique et sociale. Le président rwandais a-t-il voulu dire par là qu’il pourrait obtenir des services de la part de ses anciens « alliés » ?
 Cette situation très gênante de cohabitation entre vrais et faux patriotes au sein de la société congolaise appelle une vigilance de tous les instants, des mesures spéciales de surveillance des activités de tous ceux et celles qui gèrent ou sont mêlés à la gestion des dossiers politiques et sécuritaires du pays. Il ne s’agit pas de déclencher une chasse aux sorcières ni de se lancer dans des règlements des comptes mais tout simplement de s’assurer que ceux qui défendent le drapeau national au front et les intérêts de la République sur la scène africaine et internationale ne sont pas des pantins articulés par Kigali ou Kampala. Le Congo démocratique en a assez d’être le dindon de la farce dans des accords de paix avec des forces négatives.

Kimp

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