M23-Gouvernement: réunion sous tension à Kinshasa

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Conduite par Désiré Rugiera, la délégation du mouvement rebelle du 23 mars dit « M23 » est arrivée à Kinshasa, le samedi 28 mai 2016, en vue d’une réunion avec le Mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba(MNS), pour évaluer la mise en œuvre de la Déclaration de Nairobi, document qui reste un appendice en 2013 à l’Accord de paix signé à Addis-Abeba entre parties belligérantes congolaises. Malgré la présence des garants de cet accord, notamment les représentants de la Monusco, Saïd Djinnit et Ibrahima Fall, tous deux envoyés spéciaux pour les Grands Lacs respectivement de l’ONU et de l’Union africaine ; ainsi que des délégués des organisations sous-régionales, la réunion a bien failli capoter à son ouverture au siège du MNS sur l’avenue de la Justice à Gombe. Et pour cause ! Les délégués du M23, mouvement vaincu militairement, ont exigé la libération de trois de leurs camarades qui sont en détention à Kinshasa.
Face au refus du gouvernement indiquant qu’aucune promesse n’a été faite dans ce sens, les trois membres du M23 venus de Kampala ont choisi simplement de claquer la porte et illico presto quitter l’enceinte du MNS. Après moult tractations, ces ex-rebelles ont été ramenés à la table de discussion. Attitude jugée de « chantage » par Kinshasa, cette dernière, par l’entremise de Ntumba Luaba, secrétaire général de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs(CIRGL), a souligné avoir écrit au président du M23, Bertrand Bisimwa, lui rappelant qu’il était convenu que le chef de leur délégation ne soit accompagné que de deux assistants.
Dans le lot des points inscrits à l’ordre du jour de cette réunion, on a relevé la libération des prisonniers membres de l’ex mouvement rebelle, le rapatriement des ex-rebelles toujours réfugiés en Ouganda et au Rwanda, la mise en œuvre du programme de démobilisation, désarmement et réinsertion sociale des anciens rebelles, la loi sur l’amnistie, etc.
                              
Des progrès réalisés
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A l’issue du premier jour, toutes les parties ont reconnu que les travaux se sont déroulés dans un esprit constructif. « A ce jour, nous avons fait beaucoup de progrès. Nous nous réjouissons du fait que cette réunion soit tenue dans le cadre du Mécanisme national de suivi, pour poursuivre la mise en œuvre de la Déclaration de Nairobi », s’est félicité Saïd Djinnit.
Quant au coordonnateur du MNS, François Muamba Tshishimbi, il a rapporté que le gouvernement a  évolué dans une logique de sincérité et de responsabilité. « Nous avons considéré, en ce qui nous concerne, que tout était fait. Aujourd’hui, nous saluons l’arrivée à Kinshasa du coordonnateur désigné par le M23. Nous avons programmé des réunions qui pourront nous permettre de décider de la suite des travaux », a déclaré le coordonnateur du MNS, François Muamba Tshishimbi.
Enfin, la délégation du M23 a déclaré espérer que tout se passera dans le sens de faire avancer les choses.
Pour rappel, ce processus est resté aphone durant plusieurs mois, tant à Kinshasa qu’ailleurs, alors que le M23 ne cessait d’accuser le gouvernement de mauvaise foi dans la mise en œuvre des engagements de la Déclaration de Nairobi. Sur les onze points retenus, seuls deux auraient été respectés. De ce fait, l’ancienne rébellion du M23 menaçait même de se désengager du processus de Nairobi.
            Cependant, la Monusco, la CIRGL ainsi que d’autres partenaires dans cette initiative de paix ont continué d’inviter les dirigeants de l’ex-M23 à « poursuivre son engagement et à maintenir l’esprit des déclarations de Nairobi pour apporter la paix et la stabilité en RDC et dans la région ».
Tshieke Bukasa