M23, ADF-Nalu, FDLR, Bakata-Katanga… : insécurité en RD Congo, des signaux d’impuissance !

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mai-mai-2-for-articleL’annonce des opérations conjointes FARDC –  Monusco dans les jours à venir, en vue d’éradiquer les Bakata-Katanga ainsi que des groupuscules armés qui sèment l’insécurité au Nord-Katanga, tout en réjouissant de nombreux compatriotes, ne jette pas moins le doute dans les esprits quant à l’état de notre système de défense. L’armée nationale n’est-elle pas en mesure de sécuriser, sans concours militaire extérieur, cette partie de la République ? Qu’est-ce qui manque aux officiers et soldats congolais pour mettre hors d’état de nuire des « forces négatives » encore embryonnaires, dont les combattants et les commanditaires sont connus sur la place publique ?

 Il est bon de rappeler qu’en ce début d’année, une mission de sensibilisation comprenant des notables, des députés, des sénateurs, des ministres et des responsables religieux du Katanga a battu campagne en faveur du désarmement volontaire des milices armées qui écument cette province et du règlement des conflits par le dialogue. Mais, au terme de sa balade à travers les villes et villages de la province cuprifère, l’impression du moment est qu’elle a prêché dans le désert. Car, au lieu de fléchir, l’insécurité entretenue par les « Bakata-Katanga » et d’autres forces négatives s’installe de plus belle.

 Des signaux d’impuissance 

L’entrée en scène imminente de la Monusco sur la scène katangaise, à l’image des troupes de  l’ONUC (Organisation des Nations Unies au Congo) en 1960, est perçue par nombre d’observateur comme un signal d’impuissance, lequel vient s’ajouter à ceux qui proviennent du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de la Province Orientale. Dans les trois provinces à la situation sécuritaire toujours volatile, les forces négatives internes (nébuleuses Mai-Mai, Hema, Lendu) comme externes (FDLR, ADF-Nalu, Mbororo) continuent de narguer au quotidien les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Il a fallu, pour chasser les rebelles du M23 du Nord-Kivu, un solide appui logistique de la Monusco et de la Brigade d’Intervention des Nations Unies aux troupes gouvernementales congolaises. Mais, en dépit de cette victoire militaire, le Nord-Kivu est loin de retrouver la voie de la paix, ainsi que le démontrent les foyers d’insécurité en ébullition dans cette province. Il y a de sérieuses raisons de s’inquiéter car cela fait maintenant 20 ans que l’Est du pays n’est toujours pas pacifié. Et c’est depuis presque 15 ans que les casques bleus de la Monuc d’abord et de la Monusco ensuite y sont déployés, dans l’espoir de mettre fin à l’insécurité.

Si les Congolais ne font pas attention, le Nord-Katanga risque de basculer, à l’image du Nord-Kivu, dans une insécurité chronique, avec des territoires entièrement sous contrôle des Bakata-Katanga et d’autres groupes armés que l’attentisme général a laissé prospérer.

 Tolérance zéro contre BDK et Enyele… complaisance vis-à-vis des Bakata-Katanga

Lorsque les adeptes du mouvement mystico-religieux BDK (Bundu dia Kongo) au Bas-Congo et les Enyele à l’Equateur avaient tenté de se soulever contre l’autorité établie, il leur avait été appliqué la tolérance zéro. Des instructions formelles avaient été données aux forces de l’ordre pour étouffer dans l’œuf les velléités d’insurrection manifestées par les uns et les autres. Bien que des organisations congolaises et internationales de défense des droits de l’homme aient accusé le pouvoir en place à Kinshasa d’avoir fait usage des moyens disproportionnés pour mater des miliciens porteurs d’armes blanches, l’ordre avait été rétabli par la force.

D’où, beaucoup s’étonnent de voir les forces de sécurité nationale, qui ne sont pas absentes au Katanga, ne pas appliquer la tolérance zéro contre les « Bakata-Katanga » et les nébuleuses armées qui ont pris cette province en otage. Pourquoi l’armée nationale affiche-t-elle, dans cette partie de la République, une attitude qui s’apparente à la complaisance et, partant, au refus de l’Etat de détruire les poches d’insécurité ? Voudrait-on conduire le Katanga vers le pourrissement de la situation, afin de laisser la Monusco s’installer dans la durée ? En tout cas, au vu des proportions inquiétantes que prend la situation sécuritaire au Nord-Katanga, on s’attendait à une réponse autre que celle du recours à cette force onusienne.

 Après la Monusco… le déluge ?

Les observateurs ne cessent d’attirer l’attention des autorités politiques et militaires congolaises, depuis la fin du Dialogue intercongolais en 2003, sur le caractère limité des mandats des troupes onusiennes en territoire congolais. En principe, de telles alertes devaient les inciter à prendre à cœur les recommandations pertinentes adoptées à l’occasion de ce forum au sujet de la nécessité de réformer l’armée, la police et les services de sécurité du pays.

Malheureusement, l’urgence que devait revêtir le processus de réforme de notre système national de défense semble avoir cédé le pas à la logique de la dépendance militaire et sécuritaire vis-à-vis de la Monuc hier et de la Monusco aujourd’hui. Les gestionnaires de l’armée nationale, de la police nationale et des services de sécurité donnent la désagréable impression d’agir comme si les forces étrangères actuellement présentes sur notre sol y resteraient pour l’éternité, de telle sorte qu’à la moindre alerte à la rébellion, elles pourraient voler à notre secours sans se faire prier.

Cette acceptation volontaire de notre « colonisation militaire » pourrait avoir comme revers de la médaille l’implosion du pays en deux ou plusieurs Républiquettes, comme c’est le cas aujourd’hui de la Corée du Nord et du Sud, du Soudan et du Sud-Soudan, de l’Ethiopie et de l’Erythrée, etc. La RDC ne peut pas survivre comme Etat autonome uni, si sa sécurité doit tout le temps dépendre des forces armées étrangères.

Kimp

1 COMMENT

  1. L’on ne forme pas une armee nationale republicaine avec des mutins, des rebelles,ou des milices de quelle que nature. L’on ne forme pas une armee nationale republicaine sur la base d’un recrutement ethnique ni tribal. L’on ne forme pas une armee republicaine avec des criminels ni des bandits armes d’hier. Sur ces bases, c’est plutot une milice, coherente en apparence, que l’on fabrique pour perpetuer l’insecurite afin de servir des interest partisants et tres souvent flous. C’est pourquoi au Congo l’armee n’a jamais gagne une guerre depuis que ce pays est independant. L’histoire contemporaine est assez eloquente a ce sujet.
    Cependant, comment peut-on justifier autrement la presence des milliers des soldats de l’ONU au Congo depuis 16 ans si ce n’est pas dans le but de demembrer son territoire?

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