Des lycéens français font des clins d’eux aux prisonniers mineurs

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Christian Mukeni et Bernard Katumba, respectivement coordonateur national  et membre du Conseil d’administration  de la branche congolaise d’une ong internationale en matière d’encadrement  des prisonniers  et  dénommée «La Balle aux prisonniers (La Bap) ont
inauguré officiellement en date du 18 mars 2017  les activités de l’asbl à la Prison Centrale de Makala.

Le directeur adjoint de la Prison de Makala, le major Gédéon Kayombo, qui avait à ses côtés le chef du quartier mineur, Jean Djemba, l’assistante sociale et judiciaire des mineures, Béatrice Niemba…., a en quelque sorte « validé » le partenariat avec Bap-.

Hormis l’annonce officielle du partenariat, l’autre information
majeure apportée par Mukeni et consorts  à leurs hôtes est que des
lycéens français étudiant au Nord de la France, plus précisément au
lycée de Gambeta,  sont de cœur avec les mineurs incarcérés à Makala.
A travers de courtes et émouvantes lettres lues par deux gamines
écrouées à Makala, Cassandre, Marine, Robin, expliquent clairement
qu’il est difficile de s’adresser à des personnes à priori inconnues.
Ayant accompagné ces lettres avec des dessins, ils disent  avoir
appris l’existence de la BAP, il y a de cela quelques mois et
accordent  un grand intérêt au sport.  Comme action programmée dans le
cadre de l’amitié naissante entre eux  et les mineurs prisoniers,
Cassandre et consorts parlent d’un tournoi de football qu’ils comptent
organiser dans un proche avenir.  Les lycéens français ont dit
attendre avec impatience les correspondances des petits Congolais. Il
est clair que Cassandre, Marine….. vont réagir  positivement aux
requêtes qui vont émaner de leurs  amis de la RDC.  Le siège
international de la BAP est à Paris.

Opportunités

Visiblement ému, Gédéon Kayombo a expliqué à un échantillon des
mineurs présents à la cérémonie du démarrage  officiel des activités
de la BAP que leur place n’est pas à priori dans un milieu carcéral
mais chez leurs parents. Il leur a vivement conseillé  de répondre
effectivement  à leurs nouveaux amis. Ces correspondances pourraient
déboucher sur des échanges des photos. A force de persévérer, a-t-il
relevé,  les parents de certains lycéens  pourraient accéder aux
demandes de leurs rejetons.  «Au finish, certains d’entre vous,
pourraient rejoindre l’Hexagone. Et au cas où vous aurez des problèmes
d’écriture, n’hésitez pas de recourir à vos encadreurs», a-t-il
indiqué.
Christian Mukeni a abondé dans le même sens en précisant que
Cassandre, Marine….veulent simplement établir un lien affectif avec
les mineurs de la prison de Makala. Revenant sur les grands axes de
leurs actions en ce qui concerne les enfants en conflit avec la loi,
il a fait état des activités sociales que lui et ses pairs comptent
organiser  à l’intention des mineurs dans un avenir proche, à savoir
des ateliers de dessin, des séances d’alphabétisation, des échanges
entre pensionnaires et des enfants libres.
De son côté, Bernard Katumba a souligné que les prisons ont été crées
pour punir ceux qui enfreignent les lois mais aussi pour les réinsérer
dans la société.
C’est dans ce sens que la BAP  qui milite pour l’amélioration des
conditions carcérales des détenus et leur réinsertion sociale mise
sur les activités culturelles et sportives et autres instruments
juridiques régionaux et  internationaux pour relever ces défis.
A en croire, Jean Djemba, les mineurs (filles et garçons) écroués
sont au nombre d’au moins 320. Les filles, en très petit nombre, sont
encadrées par Béatrice Niemba.
Appelée affectueusement « Ma Béa » par ses « ouailles », Niemba a
expliqué au Phare le travail qui  l’attend chaque jour : entretiens en
groupe ou en aparté avec les mineures et leurs géniteurs…… Julien
Mwandjoko, affecté chez les garçons, a ajouté qu’il lui est également
demandé de faire des rapports de ces mineurs à leur juge naturel, de
suivre leurs dossiers, de s’intéresser à la durée de leur placement en
milieu carcéral….

Jean-Pierre Nkutu