Luzolo Bambi: «Sans la paix, pas de justice»

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Rentré de Kampala où il a pris part à la conférence de révision du Statut de Rome dont les travaux se poursuivent, le ministre de la Justice et Droits humains a restitué les échanges et donné la position du gouvernement de Kinshasa à la rencontre de la capitale ougandaise débutée le 31 mai.

Luzolo Bambi Lesa a dit réaffirmer, à l’attention des participants, la position officielle de Kinshasa face à la problématique paix et justice, développée dans la foulée des points abordés au chapitre du bilan du statut de Rome, sept ans après. « La position du gouvernement est claire : sans la paix, pas de justice », a déclaré le ministre aux journalistes lors d’un échange à Kinshasa. Au sujet de la coopération que la presse a estimée insuffisante en faisant allusion au mandat d’arrêt lancé par la Cour pénale internationale (CPI) contre Bosco Ntaganda et qui tarde à être exécuté, Emmanuel Luzolo a souligné que l’exception confirme la règle. « Aucun pays au monde n’a déféré ses concitoyens à la justice internationale comme le Congo, nous sommes un laboratoire de la justice internationale», insistant sur le fait que « nous sommes le pays qui a livré 3 sur 4 de ses concitoyens accusés de graves crimes à la CPI».

Il a dit avoir appris les expériences d’autres pays aux assises de Kampala qui ont engagé des poursuites contre leurs compatriotes ou livré ces derniers à la justice internationale 30 ans après, « les crimes graves, dit-il, étant imprescriptibles ».

En outre, au chapitre des acquis de Kampala, il s’est félicité que Ongs et gouvernement aient envisagé l’option d’un fonds national au profit des victimes. Il compte retourner à Kampala pour y assurer la présence du Congo officiel.

 23 milliards US réclamés à l’Ouganda ! 

Le deuxième point ayant fait l’objet d’échanges, c’est le contentieux qui oppose, depuis 2002, la RDC à son voisin d’Ouganda, accusé d’avoir fait incursion sur son territoire et détruit l’ensemble des écosystèmes et donné lieu à un désastre humanitaire à Kisangani (Nord-Est) en 2002. En 2005 la Cour internationale de justice (CIJ) a tranché l’affaire portée devant elle par la RDC en faveur de l’ex-Zaïre et condamné l’Ouganda, en guerre contre le Rwanda sur le sol congolais, à verser à la partie congolaise des dommages et intérêts pour « préjudices subis ». La RDC devrait, a précisé le ministre, déterminer le montant que la partie succombante devrait lui verser. Une commission mise en place a rendu son rapport. Tous calculs faits, l’Ouganda devra verser une bagatelle de 23 milliards de dollars à son voisin congolais. C’est ce qui a constitué dernièrement à Kampala, le vif du sujet entre le ministre congolais des Affaires étrangères et son homologue ougandais qui avait à ses côtés le ministre de la défense, audience élargie également aux experts des deux pays. 

D-I.K

 

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