Lutte contre les violences sexuelles (2005-2017) :  la RDC déclarée bonne élève

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Le comité de pilotage de l’évaluation conjointe des programmes Violences sexuelles et basées sur le genre(VSBG) a procédé, le mardi 13 février 2018 à l’hôtel Sultani à Gombe, à l’évaluation décennale des programmes de lutte contre les violences sexuelles en République Démocratique du Congo (2005-2017).

D’entrée de jeu, Jeanine Mabunda, représentante spéciale du Chef de
l’État en matière de lutte contre les violences sexuelles et le
recrutement des enfants soldats, a illustré les avancées observées
dans la bataille contre ce fléau. « Avec les Nations-Unies, nous avons
réussi à mettre en place un programme d’action avec les FARDC pour
lutter contre les violences sexuelles qui a produit des résultats dans
la lutte contre l’impunité. Et le Senat de son côté, une institution
du pays, a mis sur pied une commission spéciale en charge de lutte
contre les violences sexuelles » a-t-elle appuyé.
S’agissant de la lutte contre l’impunité, il y a eu un nombre assez
élevé de décision judiciaires rapides et efficaces. Selon elle, plus
personne n’est au dessus de la loi « soit-il général ou un député,
personne ne peut se mettre à l’abri des infractions liées aux
violences sexuelles » a-t-elle appuyé.
Elle a rappelé, par ailleurs, que lors de sa prise de fonction, le
rapport de l’Organisation des Nations-Unies ( ONU) enregistrait plus
de 17.000 cas de violences sexuelles dans les zones des conflits, mais
« quatre ans après, nous sommes passés à 1736 cas, une baisse de 90%
grâce aux efforts fournis par tous, gouvernement et partenaires ».
Au chapitre des outils mis sur pieds, il y a des lois, notamment
celle sur la mise en œuvre du statut de Rome de la Cour Pénale
Internationale(CPI), appliquée dans le cas du député BATUMIKE dans la
province du Sud Kivu, inculpé de viol sur enfant mineur ; des lois
pour les meilleures applications de droits de la femme(parité) ;
proposition d’amendement des lois sur les violences sexuelles pour
mieux organiser les mécanismes de réparation des victimes. « Il existe
désormais une collaboration très intégrée avec le ministère de la
Justice pour envisager des mécanismes de paiement un peu plus allégés
en faveur des victimes » a-t-elle révélé à l’assistance.
S’agissant des défis, la représentante spéciale du Chef de l’Etat a
souligné que le contexte coutumier, socioculturel ne permet pas d’être
entendu par les populations. Par exemple, dans certaines villages, on
trouve utile et pour des besoins économiques de faire marier une fille
à l’âge mineur. Pour elle, il ya donc nécessité de clarifier ce genre
de questions et de systématiser les réparations  et dommages intérêts
pour les victimes.
Pour sa part, le représentant du Canada a tenu à souligner que
l’initiative d’évaluation conjointe des violences sexuelles basées sur
les genres qui a réuni les acteurs engagés dans cette bataille, est un
exemple de collaboration émanent des principes internationaux.
Profitant de ces assises, il s’est fait le devoir, au nom des
partenaires financiers et techniques, d’exprimer leurs gratitudes
envers le gouvernement de la RDC qui se disponibilise chaque fois
qu’il s’agit des actions contre les violences sexuelles. « Cela
témoigne l’intérêt réel que vous portez dans l’amélioration de la
situation des femmes, enfants et violences basées sur les genres en
RDC » a-t-il lancé aux autorités congolaises présentes dans la salle.
Néanmoins, il a reconnu que si des progrès significatifs ont pu être
atteints ces dernières années dans ce combat, des efforts globaux
n’ont pas été suffisants pour endiguer ce fléau, « car il est triste
de constater qu’il se répand en dehors des zones qui ont été et qui
continuent à être affecté dans les différents zones armés ». Il pense
qu’il y a urgence de maintenir les engagements dans ce domaine pour
aller encore plus loin en termes de résultats. Et les résultats
attendus dans cette évaluation seront cruciaux pour nous (partenaires)
et le gouvernement pour savoir si nous étions sur la bonne voie ou
pas.
Signalons cette évaluation a connu la participation de plusieurs
personnalités, notamment la ministre du Genre, le représentant de
l’Union Européenne en Rdc, les représentants de l’Unfpa/Rdc, les
ambassadeurs de la Grande Bretagne, de la Suède, etc.

Tshieke Bukasa