Lutte contre l’impunité en RDC : plaidoyer pour un plan national de réparations au profit des victimes des crimes graves

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A l’initiative du Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ), les participants à un atelier national sur la réparation et la mémoire tenus à Kinshasa ont plaidé pour la mise en place d’un plan national de réparation au profit des victimes des crimes graves recensés en République démocratique du Congo. Activistes des droits de l’homme et experts réunis à l’hôtel Venus à Gombe ont échangé, le 9 juin 2014, sur de possibles réparations et formulé un certain nombre de recommandations.

 Le premier panel se rapportant aux initiatives locales pour la promotion du droit à la réparation en RDC a donné lieu à des récits faits à l’auditoire sur les affres de la guerre vécues à Kisangani, à Kalemie et à Bunia pendant les deux guerres de libération ou d’agression, c’est selon. Pierre Kibaka, Ambroise Mabungu et Ignace Bingi, trois points focaux correspondant à chacune des entités ci-dessus ont expliqué le calvaire enduré par leurs concitoyens, allant des crimes graves commis sur les citoyens à la destruction méchante des communautés. De la pause café au débat, le second panel a porté sur les «initiatives sectorielles sur le droit à la réparation en RDC».

La déléguée de la ministre de la justice a expliqué les efforts du gouvernement à décourager les auteurs des crimes internationaux et souligné le rôle joué par la justice militaire à réprimer les crimes graves commis en RDC. Même lecture que le  colonel Ekofo. Le magistrat militaire expliqué que compétente pour des crimes graves, la justice militaire sera appelée à transférer cette compétence aux juridictions civiles avec une possibilité d’une composition mixte au regard de la complexité des crimes, souvent commis avec des moyens militaires. Quant à Me Lambert Lisika, chargé de projets au bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l’homme, il a porté à la connaissance de l’auditoire l’approche de la prise en charge des  victimes des crimes graves.

Godé Mpiana, chargé de programme à ICTJ a présenté les résultats des projets sur la mémoire avant d’expliquer, en gros, que les leaders des communautés locales veulent travailler sur la mémoire et ont manifesté le souci pour l’établissement d’une base de données sur les victimes de Kisangani, de Kalemie et de Bunia. Il en sorti que le renforcement de partenariat entre ICTJ et d’autres partenaires est nécessaire. Ce n’est pas tout. Aux recommandations formulées, s’ajoutent la sensibilisation sur la mémoire, l’appui aux projets de recherche et autres publications. Comme son collègue, Guy Mushata a donnés des « leçons apprises des expériences et recommandations ». L’orateur, sous la modération de Me Pélagie Ebeka, a souligné noter que des expériences, il est ressorti le besoin d’impliquer les victimes dans le processus de réparation et la sensibilisation sur la nature et la finalisation de la réparation.

Il y a lieu de noter qu’à l’ouverture des travaux, le chef de mission d’ICTJ, Corrado Quinto a, en gros, donné l’objectif poursuivi par l’atelier. A savoir, déterminer les éléments pertinents d’une politique et d’une stratégie nationale dans le domaine de la réparation.

Tshieke Bukasa        

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