Lutte contre les minerais de sang : le ministre des Mines précise : « Tous les exploitants miniers de l’Est sont visés par la décision présidentielle »

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Le président de la république a pris une série des décisions en rapport avec la recrudescence de l’insécurité dans la partie Est de la république. Joseph Kabila a décidé entre autres, comme nous l’avons souligné dans notre édition d’hier, de suspendre l’exploitation minière, afin de lutter plus efficacement contre les groupes rebelles qui comme on le sait, ont de nouveau, et contre les efforts déployés par le gouvernement, pour assurer leur démobilisation, désarmement et leur réinsertion, rallumé la flamme de l’insécurité, tuant des hommes, violant des femmes et pillant des villages entiers.
 
            Cette décision qui aura un impact sur les activités des groupes rebelles,  pourra certainement couper leur principale source de financement.
            Ces activités soutenues par l’exploitation des minerais de sang  indignent plus d’un sur la planète. C’est pourquoi la communauté internationale et les partenaires extérieurs ont promis leur soutien à l’exécutif, pour tenter d’éradiquer cette criminalité et lutter contre les groupes armés et autres, écumant le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema.
 
Au lendemain de la décision présidentielle, le ministre des Mines, responsable de ce secteur, a, à partir de Goma, et depuis samedi dernier, instruit ses principaux services à l’intérieur du pays pour en assurer une application sans failles.
            Martin Kabwelulu en a profité pour signaler que la décision présidentielle  vise toutes les activités liées à l’exploitation minière. Surtout au regard de l’implication manifeste de certaines autorités locales, provinciales et nationales, aussi bien civiles que militaires dans le trafic illicite des minerais.
            Sont ainsi frappés par cette mesure, toutes les catégories d’acteurs miniers, particulièrement les détenteurs des titres et droits miniers, les comptoirs, les négociants, ainsi que les exploitants artisanaux. 
            Il est vrai que l’exécution de cette décision posera sur le terrain, un réel problème de sécurité pour les agents des Mines qui devront descendre jusque dans les mines, signifier aux exploitants les mesures prises et faire sceller les bureaux et autres installations. Mais l’on croit savoir que toutes les précautions seront prises pour éviter aux fonctionnaires de l’Etat, aux agents des parquets et autres éléments des forces de l’ordre, de subir un sort cruel de la part de ces malfaiteurs patentés.
            Le ministre des Mines devra s’appuyer sur les autres services d’ordre pour accompagner ses services sur le terrain, afin de faire respecter la décision du chef de l’Etat.
Car, nul ne l’ignore que devant l’ampleur que prend chaque jour, l’exploitation minière à l’Est de la république dont on sait qu’elle résulte du fait des activités de groupes mafieux, l’insécurité demeure récurrente et les moyens humains et matériels à mobiliser dans le cadre de cette mesure devront être proportionnels ou supérieurs à ceux des groupes armés.
Si cet effort n’est pas fourni, la mesure ne se limitera qu’à l’effet d’annonce. Ce qui demeurera comme un précédent fâcheux dans un pays engagé dans le rétablissement de l’autorité de l’Etat.
            Comme on peut s’en rendre compte, il était donc temps que le chef de l’Etat, interpellé par les cris de détresse de populations de l’arrière-pays au sujet de la persistance de l’insécurité, puisse frapper du poing sur la table et inviter les principaux services de l’Etat à déployer davantage d’efforts pour enrayer cette criminalité qui n’a que trop endeuillé le peuple congolais.
            Avec l’élan de la reconstruction nationale, on ne pouvait que mettre toutes les batteries en marche pour évacuer une fois pour toutes, le paradoxe entre les richesses minières dont regorgent ces provinces de l’Est et la pauvreté généralisée de leurs populations.
Les observateurs espèrent voir cette campagne de Tolérance-Zéro que Joseph Kabila vient de déclencher dans le secteur minier à l’Est,  s’étendre dans d’autres provinces où on laisse entendre que des autorités provinciales usent de leur position, utilisent certains agents de l’Etat, pour se lancer dans les activités d’exploitation illégale de substances minérales, favorisant la fraude minière et entretenant des réseaux mafieux qui  alimentent le commerce illicite.
            A en croire une source proche du ministère des Mines, des sanctions vont tomber prochainement sur les réseaux des criminels économiques qui privent l’Etat de ses principales ressources dans le secteur minier.
 
 J.R.T.   
 

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