Lutte anti-mines en Afrique Centrale : la RDC avance à pas de tortue

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A l’occasion de la commémoration du 20 ème anniversaire de la Campagne mondiale contre les mines anti-personnels, une table ronde régionale  sur les mines anti-personnels et armes à sous munitions était organisée au Centre de Rééducation  pour Handicapés  Physique  «  CRHP » à  Kinshasa le mercredi 19 décembre 2012.

N’ayant pas pu atteindre la capitale kinoise à la date indiquée, le colonel Lucien Nkoua, point focal en matière de lutte anti mines au Congo-Brazza, a envoyé son  texte à ses hôtes.

Du côté kinois, on a noté la présence de Me Sudi Kimputu, point focal de la lutte anti-mines en RDC, de Francky Miantuala, coordonnateur de l’ong Campagne Congolaise pour Interdire les Mines « CCIM », et initiateur de ladite table ronde, Tabaro,  numéro un de l’Association Nationale des Survivants des Mines et de la Défense des Intérêts des Victimes « Anasdiv »….

En sa qualité d’hôte, Miantuala a fait remarquer à l’assistance  que la campagne contre les mines anti-personnels  a commencé en 1992. Des ong sensibilisaient l’opinion sur les dangers des mines anti-personnels. C’est ainsi que les Etats se sont engagés formellement  dans la lutte anti-mines à Ottawa en 1992.

La signature de la Convention d’Ottawa est intervenue cinq ans plus tard. L’entrée en vigueur de ladite convention a eu lieu en 2000.

L’ICBL est l’instance faîtière qui s’intéresse à la campagne anti-mines. Elle milite également pour une plus large intégration des Etats à la campagne anti- mines.

Comme il y avait aussi des mines en RDC, notre pays a embarqué dans ce train au début des années 2000. Le CCIM est une branche congolaise de la campagne contre les mines anti-personnels. De nos jours, au moins 157 pays s’y intéressent.

L’ICBL demande aux Etats signataires de la Convention d’Ottawa de se conformer aux engagements souscrits.  Les Etats, entre autres la RDC, le Congo/Brazza… ont l’obligation de détruire ces engins de la mort et de prendre des mesures d’application de différents traités internationaux en la matière.

Sudi Kimputu s’est appesanti sur la Convention d’Oslo et  les mesures d’application de la Convention d’Ottawa. Il a souligné que la RDC n’a pas encore signé moins encore ratifié la Convention d’Oslo sur les armes à sous munition, mais a signé et ratifié la Convention d’Ottawa. Il y a aussi la Convention sur les armes classiques.  Entre-temps, notre pays a détruit des stocks des mines anti-personnel en 2004, se conformant ainsi à une des obligations de la Convention d’Ottawa. La promulgation par décret présidentiel de la Convention d’Ottawa est intervenue en 2007.

 Comme la période de dix ans accordée par les Nations Unies et censée lui permettre de remplir ses obligations sur le déminage sur l’ensemble du territoire national est épuisée, la RDC est parvenue à obtenir une rallonge de 29 mois, a-t-il déclaré.

Légère avance

Quant à Lucien Nkoua dont le texte a été lu par Tabaro, il a rappelé que la Convention d’Ottawa  a été déjà ratifiée par le Congo/Brazza, qui a aussi détruit son stock des mines anti-personnel. Après le drame de Mpila, les stocks de mines qui devaient servir à l’instruction et l’entraînement des soldats avaient été détruits.  Il avait été dit qu’il y avait certainement des mines anti-personnels dans le district de Kimongo, au Sud-Est du Congo dans la zone frontalière avec l’Angola.  Les communautés de base, les experts de l’armée et les ongs avaient même été associées pour confirmer les informations fournies par l’équipe précédente. Au finish, il s’est avéré qu’il n’y a pas des mines anti-personnels en RDC, a-t-il précisé.

Le processus relatif à la ratification de la Convention d’Oslo va bon train et devrait aboutir dans les mois à venir, a fait remarquer Nkoua.

Répondant aux questions de l’assistance, Sudi a fait remarquer que la valse des ministres  del’Intérieur, les guerres récurrentes à l’Est du pays, la priorité accordée ces dernières années au problème de décentralisation… constituent les principales raisons du retard enregistré en matière de la lutte anti-mines en RDC.  Il a ajouté qu’il est  difficile d’évaluer le coût financier du déminage, car  on doit identifier avec précision les potentielles zones minées. Toutefois, a-t-il indiqué, on a réalisé des progrès notables.

Jean-Pierre Nkutu

 

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