L’UNPC, le CSAC et la société civile souhaitent des élections apaisées

0
82

En marge des élections qui pointent à l’horizon, l’Union Nationale de la Presse Congolaise, en partenariat avec Internews  RDC et l’USAID, a organisé une journée de réflexion samedi 26 septembre 2015 au Centre pour Handicapés Physiques dans la commune de Gombe. C’était dans le but de non seulement sensibiliser les professionnels des médias sur leur conduite pendant cette période mais aussi de réfléchir sur les stratégies à mettre en place pour la tenue des élections apaisées. Parmi les orateurs de cette activité placée sous le thème «La presse et la société civile pour des élections apaisées», on a noté la présence d’Alain Nkoy, vice-président du CSAC (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication), Jonas Tshiombela, Coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), et le président de L’UNPC, Kasonga Tshilunde.

 

Dans le lot des problèmes soulevés, il y a notamment les dérapages des journalistes dans la diffusion des informations lors des campagnes électorales, l’incapacité du CSAC de réguler totalement les médias, le sort des médias fermés, les conflits de compétence entre  le ministère de la Communication et le CSAC,  les diverses tendances observées entre les différentes organisations de la société civile, etc.

Prenant en premier la parole concernant la régulation des médias pour des élections apaisées, le vice-président du CSAC a estimé qu’il n’y aurait aucun problème si les journalistes respectaient les textes légaux qui régissent leur profession. Il a également rappelé que les journalistes, pendant la période électorale, sont soumis à plusieurs obligations, qu’ils sont censés connaître, de peur d’être sanctionnés.

Il a en outre fait savoir que cette instance est butée à des difficultés financières et logistiques qui font qu’elle ne soit pas en mesure de réguler totalement les médias sur toute l’étendue du pays. Alain Nkoy a renseigné que le CSAC ne  dispose que de deux représentants dans les anciennes provinces qui d’ailleurs, n’exercent pas bien leur travail, faute des moyens. Ainsi, il a invité la presse, en tant que société civile, à faire pression sur le gouvernement pour qu’il dote le CSAC des moyens suffisants.

Concernant les médias fermés tel que Canal Kin, il a fait savoir que le dossier est jusque-là réputé vide puisque ce n’est pas le CSAC qui avait ordonné sa fermeture. Il a assuré que tout est mis en œuvre pour l’ouverture de ce média.

Toutefois, a-t-il  précisé, le CSAC se sert des instruments juridiques en sa possession (Constitution, la loi de 1996 et celle de 2011, le règlement d’ordre intérieur, etc.) pour pouvoir réguler les médias afin de promouvoir des élections apaisées.

Prenant à son tour la parole, le coordonnateur de la NSCC a énuméré quelques points qui biaisent la tenue de ces élections dans un climat apaisé.

Il est premièrement revenu sur le contexte de l’organisation des élections qui intervient dans un climat de méfiance, vu les contraintes (calendrier électoral, l’intolérance politique, la liberté d’expression qui est menacée…).

Deuxièmement, les parties prenantes à ces élections ne jouent pas totalement leurs rôles. Les partis politiques, par exemple, n’éduquent pas, selon lui, suffisamment leurs militants pour des élections apaisées. Il y a des affrontements, etc.

Le gouvernement, quand à lui, ne donne pas suffisamment de lumière sur certains points tels que celui du financement des élections. C’est ce qui donne l’impression qu’il a l’intention de bloquer ce processus.

D’où, la société civile  doit, d’après lui, jouer un rôle important en ce qui concerne l’évaluation du processus électoral afin de le recadrer selon le contexte actuel. En plus, celle-ci a la tâche de mobiliser  les citoyens  à s’approprier ce processus, fixer les idées pour se décider sur les élections prioritaires vu les enjeux de l’heure, etc.

En définitive, Jonas Tshimbela a appelé la population à ne pas être passive mais à suivre de près ce qui se passe au pays comme cela se fait ailleurs.

Pour conclure la journée, le président de l’UNPC est revenu sur la conduite des journalistes en cette période, tout en respectant le code d’éthique et de déontologie mis à leur disposition. Car, dit-il, la sécurité des journalistes est mise à rude épreuve au cours de cette période.  C’est ainsi qu’il a appelé toutes les parties prenantes à ces élections à travailler en synergie pour préserver un climat de paix.

Perside DIAWAKU