L’Union Européenne attend un Dialogue inclusif

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jean-michel dumondAu cours d’un échange qu’il a eu, hier mercredi 31 août au Kempeki Hôtel à Gombe, avec la presse en marge de ses adieux à la fin de son mandat en tant qu’ambassadeur de l’UE en République Démocratique du Congo, Jean  Michel Dumond s’est exprimé sur quelques questions d’actualité brûlante du pays qui l’a accueilli pendant près de cinq ans.
A propos du Dialogue politique dont les travaux sont convoqués pour ce matin, sujet d’actualité qui a le plus focalisé les préoccupations des journalistes, Jean Michel Dumond a fait savoir que pour l’Union européenne, le dialogue politique devrait être inclusif. C’est-à-dire qu’il est censé rassembler l’ensemble des forces politiques et sociales représentatives du pays.
Il répondait ainsi à la préoccupation relative au boycott qu’observe une frange de l’opposition, et non la moindre, depuis les travaux préparatoires du dialogue, récusant le facilitateur de l’Union africaine Edem Kodjo qu’elle qualifie d’être très proche du pouvoir en place. Il a lâché : « Attendons voir ce qui va se passer demain matin (jeudi 1er septembre). Si ceux qui contestent le facilitateur ne participent pas à l’ouverture des travaux, la crédibilité du dialogue sera entamée. Le manque d’inclusivité sera ainsi à la base de cette situation, a-t-il expliqué.
            Quelle appréhension la communauté internationale en général, et l’UE a-t-elle de Kodjo qui semble faire de l’empressement en convoquant dans la précipitation le dialogue, alors que tous les indicateurs sont au rouge ? Réponse : après 56 ans d’indépendance, les Congolais ont atteint la maturité et disposent des capacités nécessaires pour gérer leurs propres problèmes, plutôt que de vouloir toujours recourir à la communauté internationale. Avant de lâcher :  « Pourquoi les Congolais ont-ils tendance à vouloir rejeter leur responsabilité sur les autres, au lieu de s’assumer ? ».
            Rappelant son statut de diplomatique qui en appelle à la réserve dans les affaires internes d’un Etat, il a néanmoins indiqué que l’UE se déploie pour que le dialogue soit inclusif. C’est dans ce cadre qu’il a dernièrement rencontré le ministre de la Justice pour lui demander de poursuivre la démarche amorcée par le gouvernement visant la décrispation du climat politique.
            Par ailleurs, le diplomate de l’Union européenne a reconnu la précarité du climat politique qui prévaut actuellement en République Démocratique du Congo. Une situation qui en appelle à une solution urgente pour éviter le pire. Pour cela, soutient-il, il y a nécessité d’un dialogue politique inclusif entre les différentes parties.
            Invité à éclairer l’opinion sur les raisons de l’embargo sur les armes imposé à la RDC, l’ambassadeur J.M Dumond a répondu en ces termes : « il n’y a pas d’embargo sur les armes à destination de la RDC, mais plutôt à destination des groupes armés ».
            A propos de la gouvernance du pays en rapport avec l’affectation de différents fonds issus de la coopération, il a dit qu’il y a eu des avancées dans certains domaines même si beaucoup reste encore à faire. Avant de fustiger les maux qui minent la justice congolaise qui reste marquée par la corruption et la partialité dans les décisions.
            Face à la situation, il a insisté sur la nécessité de la réforme du secteur de la justice, gage de la bonne gouvernance.
            Par ailleurs, il a salué la bancarisation des salaires des policiers et militaires du fait que cela a permis de maîtriser les effectifs des hommes en uniforme en aidant à combattre les détournements par des opérateurs commis jadis à la paie qui gonflaient des effectifs.
            Il faut noter que dans son introduction, l’ambassadeur de l’UE a tenu à féliciter le peuple congolais pour la solidarité et les autorités pour l’accueil dont il a bénéficié durant son mandat en RDC. Il a dit avoir sillonné toutes les 11 anciennes provinces du pays. Ce qui lui a permis d’avoir une connaissance assez profonde du pays qui l’a hébergé pendant quelque 5 ans.
Dom & Myriam Iragi