Luhaka clôture les «Journées mondiales des Télécoms» sur une note d’espoir

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thomas-luhakaOuvertes le 04 juin 2015 à l’Hôtel de la Poste, les journées mondiales des Télécommunications et de la Société de l’Information, célébrées à travers le ministère des  PT/NTIC, se sont clôturées le vendredi 05 juin 2015. Initiées par l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) sous le thème: « les Télécommunications et les Technologies de l’information et de la Communication, moteurs de l’innovation», ces  deux journées ont permis à tous les acteurs du secteur des télécommunications œuvrant en RDC, de réfléchir sur les enjeux liés aux TIC.

La première journée a été marquée par deux activités: la cérémonie d’ouverture intervenue dans l’avant-midi, en présence de plusieurs personnalités, notamment des députés et sénateurs, des membres du gouvernement, des Directeurs Généraux des Sociétés des Télécommunications, etc… et l’ouverture des ateliers dans l’après-midi à l’Hôtel du Fleuve Congo. Les différents orateurs ont expliqué l’importance des Télécommunications pour la bonne marche d’un pays.                  D’entrée de jeu, le Directeur Général de la Société Congolaise des Postes et Télécommunications (SCPT), Didier Musete, a indiqué que la commémoration de cette journée n’a pas eu lieu le 17 mai, comme prévue, parce que cette date coïncidait avec les 150 ans de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) dont la RDC est membre. Il a félicité le Vice-premier ministre et ministre des PT/NTIC, Thomas Luhaka pour avoir suivi l’option du chef de l’Etat sur le repositionnement stratégique de la SCPT. Il a également indiqué que la deuxième phase de l’implantation du Backbone national avec la fibre optique en RDC, à savoir de Kinshasa à Kasumbalesa, dans la province du Katanga, pourra se terminer d’ici la fin de l’année.

Pour sa part, le président de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications au Congo (ARPTC), Oscar Maninkunda, a fait savoir que l’UIT, en cette 150ème année d’existence, invite les Etats membres à établir l’état des lieux sur la prise en compte des TIC dans les innovations multisectorielles, en analysant spécialement leur rythme d’implémentation, leur appropriation par le plus grand nombre de la population, de manière à réduire la fracture numérique.

Concernant la RDC, Oscar Maninkunda a estimé que pour booster réellement les innovations, il faut concevoir une politique de production des TIC localement et redynamiser les structures institutionnelles. Il a aussi déploré certains obstacles qui ne permettent pas l’innovation pour l’économie congolaise, notamment l’absence criante des infrastructures à haut débit, une population rurale très peu impactée par les TIC dans ces activités quotidiennes, l’absence de l’innovation dans le contenu, etc.

Par ailleurs, il a noté l’engouement de la population pour la téléphonie mobile et pour les services de téléphonie, dont le nombre a atteint au premier trimestre 2015, plus de 37 millions d’abonnés, soit un taux d’accroissement annuel de 35%. « Pour le 1er trimestre 2015, le pays connait un taux de pénétration mobile de l’ordre de 49%. Les abonnements à l’internet 3G s’élèvent à près de 6 millions d’abonnés. Le revenu moyen par abonné s’évalue à 2,50$, soit 2.500 FC par abonné et par mois. Les sites Web se créent quotidiennement, etc. », a-t-il fait remarquer.

Ouvrant la manifestation inaugurale, le Vice-Premier ministre et ministre des PT/NTIC, Thomas Luhaka, a fait savoir que le chemin à parcourir est encore long car  il faut construire 50.000km de fibre optique pour le Réseau National de Transmissions et l’implémenter dans les villes et campagnes du pays, afin de réduire la fracture numérique. La RDC en est encore à 3.950 km.

A cet effet, il a réaffirmé la volonté du gouvernement d’aller de l’avant et le soutien des partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RDC.

Réflexion autour des enjeux des TIC en RDC

Plusieurs sujets ont été abordés au cours des ateliers animés par divers orateurs issus du monde des télécommunications. On note par exemple « la technique pouvant permettre à la RDC de faire émerger son économie numérique à l’horizon 2030, les perspectives de la gouvernance électronique pour la  RDC », « l’Etat congolais face aux défis de la transition numérique », etc.

Concernant par exemple le projet « Cap 5 », financé par la Banque Mondiale, le Vice-premier Ministre et ministre de PT/NTIC a dans son exposé indiqué le schéma que doit suivre ce câble et  son bénéfice pour le pays.

Par ailleurs, il a fait savoir que la Banque Mondiale a posé 3 conditions pour son financement, estimé à 92 millions de dollars. Il faut d’abord actualiser le cadre légal, créer une nouvelle société congolaise qui va gérer ou sera propriétaire de ce cadre légal et enfin restructurer la SCPT.

Stratégie nationale de la migration vers la TNT

 

            Dans son exposé, le ministre des Médias et de la Communication, Lambert Mende, a renseigné que la migration vers la Télévision Numérique Terrestre est une opération en 4 temps. Il y a la numérisation des outils de productions audiovisuelles, la numérisation du système de diffusion, la numérisation des réseaux de transmission et enfin la numérisation des terminaux de réception, cad les récepteurs TV.

            A propos de différentes dates de migration de l’analogie vers la numérique qui défraie tant la chronique, il a rappelé que les dates limites sont le 17 juin 2015 pour l’arrêt de l’analogie dans la bande VHF et le 17 juin 2020 dans la bande UHF.

            S’agissant du 17 juin, le gouvernement mettra en œuvre un premier réseau pilote en mode numérique, qui couvrira une partie du territoire national (Kinshasa et Lubumbashi), avec la possibilité de diffusion d’une dizaine des chaînes   en mode gratuit.

            De juin à décembre 2015, aussi bien à Kinshasa qu’ailleurs, le gouvernement poursuivra sa campagne de sensibilisation. C’est au cours de cette période,  qu’interviendra l’interruption définitive du signal analogique. Il a ainsi invité tous les protagonistes du secteur de l’audiovisuel et les ménages à migrer vers le numérique, qui est une convergence vers une meilleure qualité de l’image.

            Par ailleurs, Lambert Mende a rassuré le public quand à l’acquisition de l’accès gratuit de la chaînes publique, la RTNC, et ses deux filiales (RTNC2 et RTNC institutionnelle).

            A la question de savoir s’il faut désormais payer pour regarder la télé après le 17 juin, il a répondu par non ! Mais ces fréquences ne valent que pour ceux qui possèdent des récepteurs TV numériques.

            Toutefois, le passage vers la TNT au Congo va demander à ceux qui possèdent les récepteurs TV analogiques de s’équiper de décodeurs appropriés.

            La cérémonie s’est clôturée le samedi 06 juin par la visite des stands à l’Hôtel de la Poste et un concert à la place de la Gare.

Perside Diawaku