L’UDPS en consultation chez Martin Köbler

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udps-logoLa scène politique congolaise est secouée, depuis plus d’un mois, par la vague des consultations, menées d’abord par l’émissaire du Président de la République auprès de plusieurs partis et regroupements politiques ainsi que des confessions religieuses, avant que Joseph Kabila ne prenne lui-même l’affaire en mains. L’objectif visé est d’obtenir l’adhésion du grand nombre à un Dialogue national devant regrouper les dignes représentants des forces politiques et sociales de la Nation.

Alors que le Chef de l’Etat a lancé, le lundi 01 juin 2015, des consultations avec les confessions religieuses, en prélude au Dialogue, toujours en sursis, avec l’Opposition politique, l’on a appris hier des sources dignes de foi qu’une délégation de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) a été reçue au siège de la Monusco hier mardi 02 juin par Martin Köbler, Représentant Spécial du Secrétaire général de l’Onu en République Démocratique du Congo. Ce dernier était assisté de ses principaux collaborateurs ainsi du Représentant spécial de l’Union Africaine dans les Grands Lacs, Saïd Djinnit.        

Composée de Bruno Mavungu (Secrétaire Général), Félix Tshisekedi (Secrétaire National chargé des Relations Extérieures) et Bruno Tshibala (porte-parole), la délégation de ce parti a échangé avec le banc onusien autour de sa « Feuille de route » (14 février 2015) en rapport avec le Dialogue, dont une copie avait été déposée en son temps à la Monusco. On rappelle que l’UDPS a ciblé Martin Köbler comme potentiel médiateur du Dialogue national pour la simple et bonne raison que cette recommandation est consignée dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, signé par la RDC ainsi que plusieurs Etats membres de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs) en février 2013.

         Selon les informations en notre possession, Martin Köbler et son équipe ont cherché à obtenir d’amples précisions au sujet des préalables que pose l’UDPS avant toute participation au Dialogue que se propose d’organiser le Président de la République, Joseph Kabila. Il s’agit notamment de l’exigence d’un médiateur neutre, d’un format de 40 participants, de l’examen du contentieux électoral de 2011, d’un calendrier électoral consensuel, de l’audit externe du fichier électoral, de l’enregistrement de nouveaux majeurs, du non glissement du calendrier électoral, de la libération des prisonniers politiques, etc.

         Les délégués de l’UDPS, a-t-on laissé entendre, se sont longuement expliqué sur leur vision du Dialogue entre Congolais, dont la tenue devrait contribuer avant tout à la résolution de la crise au sommet de l’Etat, avant de s’appesantir sur le processus électoral, avec pour ligne de conduite le respect strict de la Constitution en ce qui concerne l’organisation des élections présidentielle et législatives.

On croit savoir que Köbler et ses collaborateurs, tenus par le devoir de réserve, se sont gardés de donner leur point de vue au sujet du contenu de la « Feuille de route » de l’UDPS. Quant à savoir si d’autres partis ou personnalités politiques de l’Opposition ou de la Majorité seraient contactés par le patron de la Monusco au sujet du Dialogue national inclusif, nos sources ont donné leur langue au chat.

         Les observateurs notent toutefois que lors du point de presse hebdomadaire de la Monusco organisé le mercredi 27 mai 2015, en réponse à une question d’un journaliste, Martin Köbler avait indiqué que s’il était sollicité pour une médiation entre acteurs politiques et sociaux congolais, il n’hésiterait pas à offrir ses bons offices. Compte tenu de la rupture de contacts entre Joseph Kabila et l’Opposition, le moment ne serait-il venu pour la communauté internationale d’entrer en scène et d’amener les différents protagonistes à la table des négociations ? Le dossier mérite d’être suivi avec attention.

Kimp