La «Lucha» dénonce la présence des Sud-Soudanais en RDC

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La «Lucha» déclare ne pas voir clair dans la présence des ressortissants sud-soudanais qui ont trouvé refuge au parc Garamba depuis près d’un mois. Il s’agit en fait de civils et combattants fidèles à l’ex-vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar,  qui ont fui les combats le mois dernier, et auxquels la Monusco a décidé de porter une assistance humanitaire.

Dans un communiqué publié hier mardi 14 septembre 2016 à Bunia, la «Lucha» se dit inquiète de la manière dont la mission onusienne et le gouvernement gèrent cette situation. D’autant plus que ces groupes composés des militaires qui ont combattu contre les troupes
gouvernementales sud-soudanaises et ont été vaincus, n’ont pas été désarmés dès leur entrée sur le sol congolais  afin d’être cantonnés et traités comme des demandeurs d’asiles.

Par ailleurs, la «Lucha» se demande pourquoi les autorités congolaises n’ont-elles pas informé l’opinion publique de cette présence, et de l’information tardive venue de la Monusco. Elle craint les jours avenirs, ces ressortissants sud-soudanais, dont on ne connait pas le nombre exact, deviennent  une véritable gangrènes sécuritaire et humanitaire en RDC comme c’est le cas pour les FDLR.
Perside DIAWAKU

Accueil des rebelles Sud-Soudanais en RDC : à quoi jouent la Monusco
et le Gouvernement congolais ?
1. Dans un communiqué rendu public le 10 septembre 2016, la Monusco
affirme avoir extrait du Parc National de la Garamba (Province du Haut
Uélé, au Nord-Est de la RDC), « A la demande des autorités congolaises
et pour des raisons humanitaires, plusieurs centaines des personnes ».
Plus loin, le communiqué de la Monusco indique que ces personnes (479
au total, à la date du communiqué) sont au fait des combattants de la
rébellion sud-soudanaise « Sudan People’s Liberation Mouvement/Army »
(SPLM/A), y compris le chef rebelle et l’ex-Vice-président
sud-soudanais, Rick Machar, et plusieurs de ses proches.
2. Ces rebelles seraient arrivés à la Garamba depuis juillet 2016,
pourchassés par l’armée loyaliste à la suite d’affrontements dans la
capitale sud-soudanaise. Leur extraction par la Monusco aurait
commencé depuis le 17 août, et semble se poursuivre encore à ce jour.
Ces centaines des Sud-Soudanais extraits de la Garamba sont, de l’aveu
même de la Monusco, gardés  dans ses bases sur le territoire congolais
(sans autre précision), soignés et nourris aux frais de l’ONU, tandis
que 117 Sud-Soudanais dont Rick Machar et ses proches auraient été
remis aux autorités de la RDC il y a plusieurs jours.
3.  La Lucha, tout en étant sensible au respect de la dignité humaine,
est cependant préoccupée par l’opacité et la grave légèreté avec
lesquelles la Monusco ainsi que les autorités congolaises traitent
cette question. Pourquoi ces rebelles n’ont-ils pas été désarmés dès
leur entrée sur le territoire congolais, afin d’être traités comme des
demandeurs d’asile conformément au droit international ? Depuis quand
la Monusco joue-t-elle le rôle du Haut-commissariat aux Réfugiés et de
la Commission National des Réfugiés ? Combien reste-t-il à ce jour des
combattants sud-soudanais dans le parc de la Garamba et ses environs,
avec quels armements, et sous quel contrôle ? Pourquoi le gouvernement
congolais n’a-t-il jamais informé l’opinion publique de cette
présence, et pourquoi la Monusco le fait tardivement ?
4. Les autorités congolaises et la Monusco n’ignorent pas la lourde
tribu que les populations congolaises continuent à payer aujourd’hui à
la suite d’une situation similaire au Nord et au Sud Kivu entre avril
et juillet 1994, lorsque pour des raisons humanitaires, des milliers
de miliciens Interhamwe et des membres de l’armée rwandaise défaite
déferlèrent sur le territoire congolais, avec armes, munitions. 22 ans
plus tard, les FDLR et les réfugiés hutu-rwandais sont devenus une
véritable gangrène sécuritaire et humanitaire en RDC et dans la
sous-région. Ces deux dernières décennies, elles ont servi de prétexte
à l’agression et à la déstabilisation de RDC par le Rwanda d’une part,
à l’émergence des rebellions et des groupes armés dites
d’auto-défenses d’autres part, avec leur lot des morts, des viols, des
déplacements forcés, des pillages et des destructions.
5. La Lucha redoute la répétion de cette tragique histoire. La RDC ne
peut continuer à être le déversoir de toutes les rébellions de la
région, au nom d’une ingrate et surtout désordonné hospitalité. Le
gouvernement congolais et la Communauté internationale sont en train
de laisser se constituer sous nos yeux de nouveaux Hutus FDLR qui,
indomptés et armés, pourraient très vite s’en prendre aux populations
congolaises et à ses ressources, et peut être un jour justifier une
invasion de la RDC par le Sud-Soudan, au nom du « droit des poursuites
».
6. C’est pourquoi la Lucha :
– Attire l’attention de l’opinion publique nationale et appel les
Congolais à se mobiliser pour exiger le départ pur et simple de ses
rebelles sud-soudanais du sol congolais ;
– Demande que si, pour quelques raisons, ces Sud-Soudanais retournent
pas dans leur pays, les Nations Unies leur trouve le plus rapidement
possible un autre pays d’accueil en dehors de la RDC qui n’a
manifestement pas la capacité de les maîtriser et de les empêcher de
devenir nuisibles à la sécurité des populations locales et de leur
pays d’origine ;
– Exige que le Gouvernement explique à l’opinion nationale comment des
miliciens armés ont pu entrer par centaines ou par milliers sur le
territoire national sans être immédiatement désarmés, identifiés et
cantonnés. Il est évident qu’il y a eu encore, comme trop souvent,
négligence et incompétence grave dans le chef des responsables de la
sécurité nationale à différents échelons.  Les conséquences doivent
être tirées par le Chef de l’Etat et/ou le Parlement dont la dernière
session ordinaire doit s’ouvrir ce mercredi 15 septembre ;
– Exige à la Monusco  de rendre public  le nombre précis des
Sud-Soudanais qu’elle prend en charge, les sites où ils sont gardés,
leur statut (Combattants ? civils ?) ainsi que le nombre de ceux qui
sont encore dans le parc de la Garamba ;
– En attendant leur rapatriement ou relocalisation, la Lucha exige
l’extraction complète de tous les Sud-Soudanais  du Parc de la Garamba
qui est une zone protégée, leur désarmement total, et leur remise à la
disposition de la Commission nationale des réfugiés et du HCR ;
– Demande afin à la Monusco de faire preuve d’autant de
professionnalisme et d’empathie envers les civils congolais qu’elle a
la responsabilité de protéger ; comme par un exemple nos compatriotes
qui  se font  massacrer de façon répétée dans la région de Beni, et
d’autres victimes d’attaque par les groupes armés.

Fait à Bunia, le 14 septembre 2016
Pour la Lucha,
Luc Malembe,
Militant