L’UA, la Monusco et Kodjo rattrapés par l’absence de l’inclusivité

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Edem-KodjoComme annoncé à la clôture des travaux du comité préparatoire le samedi 27 août à Béatrice hôtel, le Dialogue politique a été ouvert hier jeudi 1er septembre à la Cité de l’Union Africaine par le facilitateur Edem Kojo.

Contrairement au ton utilisé à l’ouverture des travaux du comité préparatoire, la fermeté semble avoir cédé la place à la modération comme on pouvait le lire à travers les différents discours prononcés en marge de la cérémonie d’ouverture du Dialogue proprement dit. Du représentant de la présidente de la Commission de l’UA (Union africaine) au facilitateur Edem Kodjo, en passant par le représentant du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la Monusco (Mission des Nations unies pour la stabilité au Congo), il se dégage un dénominateur commun : la recherche ou mieux le souci de l’inclusivité qui fait jusqu’ici défaut, avec le boycott d’une frange importante de l’opposition, en vue d’atteindre les résultats attendus.

            Chacun dans son style, tous plaident pour l’inclusivité sans laquelle le dialogue court le risque d’accoucher d’une souris à l’instar des concertations nationales de septembre-octobre 2013 dont les 700 résolutions adoptées continuent à moisir dans les tiroirs.

L’appel à l’inclusivité du représentant de la Commission de l’UA

            Deuxième à prendre la parole après le Gouverneur de Kinshasa André Kimbuta qui a exprimé sa fierté pour le choix porté sur sa circonscription pour abriter les travaux du Dialogue, le représentant de la présidente de la Commission de l’UA a plaidé pour la participation de tout le monde au Dialogue.

            Le commissaire à la Paix et Justice de la Commission de l’Union africaine s’est dit d’abord content du lieu choisi pour abriter les travaux, lequel porte le nom de son organisation en l’occurrence « Union Africaine ». Avant de déclarer la cérémonie du jour comme l’aboutissement de l’initiative du chef de l’Etat, Joseph Kabila, celle d’avoir songé à convoquer le dialogue en vue de créer un climat de paix pour permettre la tenue des élections apaisées.

            Par ailleurs, l’orateur a remercié le gouvernement congolais pour des mesures de décrispation prises, notamment la libération de quelques prisonniers ainsi que la réouverture de quelques chaînes de télévision qui étaient fermées.

            Pour finir, il a lancé un appel aux forces politiques et sociales qui refusent de participer aux travaux au motif que leurs préalables n’ont pas été satisfaits, à rejoindre le dialogue afin que celui-ci soit inclusif.

Maman Sidikou pour un dialogue inclusif conforme à la Résolution 2277

A son tour, le représentant du Secrétaire général de l’Onu et chef de la Monusco a démarré son intervention par le drame des populations de Beni qui venaient d’être victimes d’un énième massacre. Tout en réitérant les condoléances du Sg de l’Onu aux familles des victimes, il a dit avoir assuré la population de Beni de son engagement à renforcer la coopération entre la Monusco et l’armée congolaise pour apporter des réponses appropriées aux tactiques utilisées par les auteurs des massacres perpétrés à répétition sur la population civile.

            A propos, il a indiqué qu’il était attendu le même hier jeudi à Kampala, en Ouganda, pour participer à la réunion des ministres de la défense de la CIRGL où on devait discuter des mécanismes de suivi de la mise sur pied de stabilisation de la région des Grands Lacs par les Etats membres.

            «En dépit de l’importance que revêt la réunion de Kampala, j’ai estimé nécessaire qu’il était essentiel d’être ici aujourd’hui pour accompagner les Congolais à résoudre leurs problèmes par le Dialogue.

Pour les Nations unies, le Dialogue reste la seule voie pour sortir de l’impasse actuelle.

            L’alternance, c’est la violence, la destruction, la mort d’innocents. Car, ce sont des innocents qui payent… ».

            Raison pour laquelle, a-t-il soutenu, il n’a cessé d’encourager les parties congolaises à toujours privilégier le dialogue depuis sa nomination par le Secrétaire général des Nations unies à la tête de la Monusco.

            « La RDC se trouve à un tournant de son histoire politique, et toute l’Afrique a les yeux braqués sur l’issue de la situation actuelle dans ce pays vaste avec 9 frontières. Raison pour laquelle je me félicite de la tenue du dialogue politique national entre Congolais que nous souhaitons le plus inclusif et crédible possible, conformément aux dispositions pertinentes de la Résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations unies ».

            Pour clore son propos, il a émis le vœu de voir le gouvernement élargir, en marge du démarrage du dialogue, ses mesures de décrispation politique en vue de l’application intégrale de la Résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’Onu.

Kodjo prêt à déployer des efforts pour l’inclusivité

            Ouvrant le Dialogue, le facilitateur désigné par la présidente de la Commission de l’UA a déclaré sa disposition à poursuivre des efforts pour que ceux qui ne participent aux travaux du dialogue, reviennent dans la salle afin de donner l’inclusivité au forum.

« …pour établir une vérité historique, s’il est nécessaire, n’empêche pas et n’empêchera jamais de continuer à déployer tous les efforts, en plein édit ou par personnes interposées pour que la main tendue, la porte ouverte en direction des anti qui ne sont pas encore avec nous dans la salle, soit attrapée pour que toute la famille se réunisse au grand complet. Et que les irritations d’un moment une fois digérées puissent dans cette salle fonder des amitiés durables et historiques ».

            Avant cette déclaration, Edem Kodjo a fait état de la rencontre qu’il avait présidée dans un hôtel à Paris entre la majorité présidentielle conduite par le directeur de cabinet du chef de l’Etat et les représentants de la sensibilité de l’opposition UDPS.

Le facilitateur a aussi relaté les différentes navettes effectuées dans quelques capitales des pays européens et africains en vue de promouvoir une diplomatie de contacts directs, ce qui lui avait permis des contacts avec des personnalités congolaises et étrangères.

      Dom