L’ordre : une pilule amère…

0
13

Interrogés hier au sujet de leur énième mouvement d’humeur contre l’administration urbaine, de nombreux exploitants du transport en commun ont unanimement dénoncé les tracasseries dont ils sont quotidiennement victimes sur les routes de la capitale. Contrôles intempestifs de la vignette, de la police d’assurance, de l’autorisation de transport, du permis de conduire, de l’état technique du véhicule, arrestations et amendes arbitraires, pourboires pour les policiers de roulage apparaissent à leurs yeux comme sans fondement.

 Plus d’une fois, ils ont réussi à faire reculer les autorités civiles et policières urbaines en retirant leurs engins des routes. Cette fois, ils attendent le même résultat. Le commun des Kinois est au moins d’accord avec les conducteurs et receveurs des taxi-bus un point : le rançonnement à ciel ouvert des automobilistes par les agents de la Police Spéciale de Roulage. Tout le monde assiste aux scènes quotidiennes d’envahissement de la chaussée et de blocage brutal de la circulation routière pour permettre aux policiers de roulage de recouvrer tranquillement leurs « mabonza » (offrandes) ou « madesu ya bana » (frais de corruption) auprès des conducteurs de taxis et taxi-bus.

 

 Dans les rangs des rançonneurs en uniforme se recrutent désormais des officiers jusqu’au grade de capitaine. Mais personne, en dehors des passagers qui se contentent des grogner un peu, ne réagit. La pratique consistant à corrompre les agents chargés de régler la circulation routière s’est tellement généralisée que les conducteurs estiment ne plus devoir se soumettre à aucune réglementation. Beaucoup ont pris l’habitude d’exploiter le transport en commun sans police d’assurance, ni impôt d’automobile, ni autorisation de transport, et parfois sans permis de conduire. Ils croient même que tout leur est permis : surcharge, manque de rétroviseur, feux de position et système défectueux de freinage, bidons en plastique en lieu et place des réservoirs de carburants ; etc.

 Forts de leurs « arrangements particuliers » avec les policiers de roulage, ils ont du mal à accepter la remise en ordre décrétée par la Sonas (Société Nationale d’Assurance) et la DGRK (Direction Générale des Recettes de Kinshasa).

Etat sans moyens ?

 Dès que s’engage le débat autour de la visibilité des 5 chantiers de la République à Kinshasa, conducteurs et receveurs des bus et taxi-bus sont les plus critiques à l’égard du gouvernorat de la ville. Ils exigent à la fois une chose et son contraire à savoir rouler sur des routes en très bon état et ne pas payer la moindre taxe. Il n’est pas normal d’attendre de bonnes routes du gouvernement provincial et de lui refuser les moyens requis pour la politique de réhabilitation des infrastructures routières.

 Beaucoup d’usagers de la route plaident pour un allègement des taxes liées à l’exploitation du transport en commun. Mais, lorsque survient un accident et que le chauffeur, son receveur et le propriétaire du véhicule s’évanouissent dans la nature, ils sont les premiers à réclamer l’indemnisation auprès de l’assureur national. La police d’assurance, quoique l’on dise, est la garantie la plus sûre contre les dommages qui surviennent sur les routes.
Il est vrai que la Sonas a déçu ses nombreux souscripteurs dans un passé récent, en dilapidant ses fonds dans des actions n’ayant aucun impact sérieux sur son objet social. C’est le lieu d’exhorter l’assureur national à rassurer le monde des exploitants du transport en commun par une gestion responsable et transparente de leurs mises.
       Kimp.

LEAVE A REPLY

*