L’or qui divise les familles des mineurs…

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Enfants-exploitant-l-orLes animateurs de Southern Africa Resource Watch (SARW) ont présenté, lundi 16 septembre 2013, les résultats d’une enquête sur les conséquences de l’exploitation artisanale de l’or en RDC. Intitulé « Le coût de l’or congolais », ce rapport est le second d’une série de trois, produits par des chercheurs à la suite des enquêtes menées dans les provinces du Maniema, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Province Orientale. En clair, ont-ils souligné, dans ce dernier rapport, SARW focalise son attention sur la vie des mineurs et de leurs familles, montrant comment des centaines des milliers des personnes vivent dans une extrême pauvreté dans les régions les plus riches en ressources minières en RDC. « Ce rapport est arrivé à la conclusion selon laquelle le coût de l’or congolais est caractérisé par la pauvreté, les abus et l’écroulement des structures familiales et communautaires », a indiqué Georges Bokundu, chef de Bureau SARW.

 En effet, a-t-il appuyé, ce sont particulièrement les femmes et les enfants qui souffrent de la violence, de l’exploitation, de la négligence et des abus au quotidien.

A l’issue de 10 mois d’investigation sur terrain, les chercheurs de SARW ont relevé quelques constats parmi lesquels la plupart des femmes, y compris les mères mariées, doivent se battre seules pour survivre. Beaucoup d’entre elles sont obligées de se débrouiller dès leur jeune âge et souvent finissent par se marier et par être enceinte bien avant d’atteindre l’âge de maturité.

Quant aux garçons ayant atteint l’âge de 10-12 ans, ils sont souvent censés se débrouiller, surtout que leurs parents sont souvent très pauvres pour continuer à s’occuper d’eux. Autre conséquence : l’écroulement de la gouvernance traditionnelle et tribale, et des mécanismes de médiation.

 Recommandations 

L’exploitation minière ne rapportant pas d’argent ou ne faisant pas développer socio-économiquement les communautés minières, les chercheurs de SARW ont fourni quelques recommandations au gouvernement et à la communauté internationale afin de relever les défis multi générationnels des activités minières.

Dans le lot, ils ont estimé qu’il est absolument important d’offrir un arrangement large de prise en charge afin de permettre aux femmes de transformer leurs activités d’agriculture de subsistance en opérations commerciales viables. Également, il faut développer des systèmes de micro-crédit qui peuvent permettre de libérer les femmes de la dictature des maris et des leaders traditionnels, et leur donner le capital nécessaire pour transformer leurs activités agricoles ou commerciales en opérations qui peuvent générer assez de revenus pour couvrir les besoins élémentaires de leurs familles (nourriture, santé et éducation).

Tout en exhortant à l’identification des opportunités agricoles les plus prometteuses, y compris les initiatives nouvelles et sous exploitées qui peuvent ajouter la valeur aux produits agricoles de base, SARW a conseillé aux décideurs de s’assurer que les politiciens congolais sont au courant de leur responsabilité de protéger les membres les plus vulnérables de la société. «…il faudrait peut-être demander aux acteurs politiques (leaders ou autorités locaux) de publier un rapport détaillé sur la situation de chaque localité.

En guise de conclusion, les activistes de la Société civile ont martelé que les actes décriés dans ce rapport constituent des violations de la Constitution de la RDC, de la Charte de l’Union Africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant ; la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ; la Convention des Nations-Unis sur les droits de l’enfant et de la femme, etc.

Tshieke Bukasa

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