L’optimisme gouvernemental contredit par les partenaires

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Les travaux de l’atelier sur la première revue du DSCRP (Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté), portant généralement sur l’évaluation du Dscrp 1 et la préparation du Dscrp 2, ont pris fin le mardi 9 mars 2010.

Pendant deux jours, soit du lundi 8 au mardi 9 mars 2010, les participants ont fait le point sur les réalisations ou progrès accomplis pour chacun des piliers prioritaires du Dscrp ou secteurs de base (éducation, santé, eau et assainissement).

Ils ont fait l’état des lieux dans le cadre de la stratégie de croissance et réduction de la pauvreté en ce qui concerne l’exécution du Dscrp 1 (2006-2009).

Il a été également question pour les participants de recenser les principaux obstacles et difficultés rencontrés au cours de ladite mise en œuvre ; identifier les défis majeurs à relever en vue de ramener la Rdc sur la trajectoire des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement).

Les résolutions et recommandations de cette première revue serviront de socle pour la rédaction du rapport qui sera disponible vers la fin du mois de mars courant.

Les travaux ont aussi permis de dégager les principaux outils et étapes futures du processus de planification du Plan quinquennal (2011-2015) à lancer d’ici l’année prochaine, y compris au niveau des provinces. Tout comme le recensement général de la population, les études prospectives à long terme, etc.

Tous les principaux acteurs impliqués à ce processus Dscrp ont été représentés. Notamment les représentants du parlement (Assemblée nationale et Sénat), les membres du gouvernement central et les ministres provinciaux en charge du Plan, les ambassadeurs et chefs de mission diplomatique, les représentants de la Banque mondiale et du Fmi, les agences du système des Nations unies (Pnud, Unicef, Oms, Fnuap, Bit, Fao, Onusida…), les différentes coopérations au développement (CTB, GTZ, DFID, USAID), etc.

A cette longue liste, il faut ajouter les directeurs de différents services de l’administration publique concernés par le Dscrp ainsi que les responsables des organisations de la société civile.

De nombreux thèmes débattus

Plusieurs thèmes ont alimenté les échanges et discussions entre participants pendant le déroulement des travaux.

Au total huit thèmes que voici : décentralisation et processus de planification en province, réformes macroéconomiques et des finances publiques (y compris l’amélioration du climat des affaires), secteurs sociaux de base (éducation, santé, eau et assainissement), lutte contre le Vih/Sida, environnement changements climatiques, secteurs porteurs de croissance (agriculture et développement rural, infrastructures de routes, énergie et mines), suivi-évaluation du Dscrp et renforcement des capacités, note méthodologique du Dscrp de deuxième génération.

Par ailleurs, de nombreux constats ont été relevés des échanges entre les participants.

Dans la foulée, on note : le problème de concertation et de coordination sectorielle et intersectorielle ; le problème d’articulation, déclinaison et mise en cohérence des politiques et programmes entre le niveau central, provincial et local. Il s’agit ici pour le gouvernement au plan interne de disponibiliser des moyens conséquents pour combattre la modicité, insuffisance et précarité de la vie de la population ; et au plan extérieur, on a évoqué l’incertitude et l’imprévisibilité des aides des partenaires.

Autre constat fait : c’est le contexte et environnement international et national en constante mutation.

Cependant, des convergences de vues ont été notées entre la Rdc et ses différents partenaires. Des parties ont convenu sur des opportunités évidentes de changement d’approches méthodes et d’outils. Le pays s’est résolument engagé sur la voie de la normalisation et de la paix. La nécessité d’avoir une vision globale du développement partagée par les différents acteurs nationaux et internationaux afin de sous-entendre les politiques et stratégies sectorielles à finaliser dans les meilleurs délais, etc. a été affirmée.

Les parties ont aussi conclu au besoin d’articuler et de mettre en harmonie les différentes politiques sectorielles afin de mieux élaborer les programmes de mise en œuvre ; besoin de clarifier et de hiérarchiser les priorités sectorielles notamment dans le secteur de transports et infrastructures ; poursuivre les réformes structurelles et institutionnelles ; encourager les PPP et l’entreprenariat national ; renforcer les capacités institutionnelles ; etc.

Enfin, tous les participants se sont mis d’accord sur la nécessité de maintenir et consolider le dialogue critique entre toutes les parties prenantes aux assises – notamment entre le gouvernement et les acteurs de la société civile en vue d’instaurer un espace d’échange permettant une bonne circulation de l’information utile sur la mise en œuvre et le suivi-évaluation du Dscrp.

Toutes ces recommandations et résolutions seront coulées dans le rapport des travaux qui sera produit et diffusé d’ici la fin du mois, probablement le 24 mars 2010.

Partenaires et gouvernement : divergences de vues

Après la lecture du communiqué final des travaux de la revue du Dscrp par le ministre du Plan, la Directrice de la Banque mondiale chargée des opérations a pris la parole au nom de tous les partenaires de la Rdc au développement.

D’une manière générale, Marie Françoise a donné l’impression que les partenaires et le gouvernement ne partagent pas la même vision.

Elle a regretté le fait que les aides préconisées lors du Forum de Kinshasa tardent à venir. Avant de faire un constat amer selon lequel 13 ans après, le renforcement des capacités institutionnelles promis par le gouvernement ne s’est jamais concrétisé. Sur ce, elle a émis le vœu de voir les choses évoluer autrement dans les dix années à venir, même si les acteurs de leurs institutions respectives ne seront plus les mêmes.

Elle a aussi fustigé la faible gouvernance du gouvernement congolais caractérisé par le manque d’efficacité et de transparence dans la réalisation des projets.

Concernant le Dscrp de la deuxième génération en préparation, elle a relevé le manque des défis majeurs attendus dans sa ligne droite présentée aux partenaires au développement.

Dominique Mukenza 

 

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