L’Opposition fait bloc

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 Pour une fois, l’opposition parlementaire s’est montrée unie autour de la motion de censure contre le premier ministre Adolphe Muzito et son gouvernement.
Une sorte d’ « union sacrée » s’est fait remarquer autour du dossier, alors qu’il y a quelques mois, la même opposition s’était montrée très divisée.

 Ce fut le cas notamment lors du renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale à la suite de la démission en cascade des membres du bureau Kamerhe où on avait remarqué les membres d’un même groupe postuler pour le même poste sans que personne ne désiste en faveur de son collègue.
 Le manque de cohésion de l’opposition parlementaire s’est aussi manifesté lors de la motion de défiance de Clément Kanku adressée au Premier ministre, et qui a été cassée par une autre motion de procédure de Pius Muabilu avec l’appui très visible d’une bonne franche de l’opposition.
 Qu’est-ce qui a poussé les membres de l’opposition à parler cette fois-ci d’une même  d’une seule voix ?
La question a toute sa pertinence par le fait que les groupes de l’opposition ont jusqu’ici donné l’impression d’être les plus divisés du parlement au sein desquels il n’y avait de cohésion.

 

126 signatures

 La question était non seulement sur toutes les lèvres, mais également constituait la une des débats sur l’actualité politique nationale. Certains, particulièrement quelques membres de l’AMP les plus sceptiques ne juraient que sur l’échec de ce qu’on pouvait qualifier d’aventure Bussa, en misant sur le nombre numériquement inférieur des membres de l’opposition.
C’était des calculs d’erreurs ou encore qui ont montré leurs limites, parce que dit un vieil adage la politique est une dynamique. Et qu’il y a toujours un fossé à observer entre ce qui se déclare et l’acte du cœur des politiciens.
 La motion est donc là. Elle réunit les conditions exigées par la loi, notamment l’adhésion d’un quart des membres qui composent la chambre (Assemblée nationale : 500). Soit au moins 125 signatures.
 Le jour du dépôt, vendredi 14 mai 2010, on a vu quelques gros poissons de l’opposition.
 Parmi lesquels  l’auteur de la motion de censure Jean Lucien Bussa Tongba, François Muamba, Alex Kande, Gilbert Kiakwama, Pierre Pay Pay, Elysée Dimandja, Henriette Wamu, Lisanga Bonganga, Vuemba Luzamba, etc. Tout comme les enfants terribles de l’AMP initiateurs du courant réformateur à l’instar d’Albert Fabrice Puela, Gustave Omba et d’autres députés de la majorité dont l’identité n’a pas été révélée.
 Avant de déposer le document aux services du président de leur chambre, les signataires se sont d’abord retrouvés dans la salle de spectacles pour une concertation de dernier réglage de leur acte. Puis, ils ont pris les escaliers de l’hémicycle conduisant au bureau d’Evariste Boshab situé au 3ème niveau du Palais du peuple, en compagnie des journalistes représetant de plusieurs médias nationaux qu’étrangers.
Après le dépôt, François Muamba qui est président du groupe Mlc a expliqué aux journalistes les raisons ou la motivation de leur démarche.
 C’est probablement demain mercredi que la plénière traitera de cette motion de censure contre le gouvernement. Car, la loi dit qu’une motion de censure doit être traitée dans les 48 heures qui suivent le dépôt.
     Dominique Mukenza

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